—– Échanges rugueux entre le Ministre de l’intérieur et le Secrétaire permanent de la CNL-CREVT —–

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Demande de boss, réponse de flic

Interpellé par son grand boss, le super flic est sommé de fournir dans un délai de 48 heures à l’autorité, les motivations de ses «comportements contraires aux principes d’éthique et de déontologie de l’administration publique» et ce, au cours d’une séance de travail qui s’était tenue dans l’après-midi du 26 mars de l’année en cours. L’Inspecteur général de Brigade, secrétaire permanent de la Cnl-Crevt, visé par cette note administrative peu ordinaire, s’arme de son stylo le 15 avril 2019, le charge à bloc, remonte le barillet, pose le tout, bien en aplomb sur les six feuilles de papier au format A4 réglementaire, ajuste le viseur sur les potentielles cibles et appuie sur la gâchette. Le super flic tire par rafales précises, une salve d’impacts de calibres divers se propage autour et aux alentours, faisant apparemment mouche, avec cependant, de sérieux risques de victimes collatérales…Retour sur les ruines d’un champ de bataille épistolaire où les arbres cachent encore la forêt des intrigues d’une administration poussive et sclérosée.

 JosPerzo ANAGO

Bien que remontant à quelques semaines en arrière, la suspension par arrêté ministériel en date du 28 juin 2019, va miraculeusement refaire surface, charriant tout ce qui s’était tassé en dessous. Il ressort pour l’essentiel, du moins  si on s’en tient à l’arrêté ministériel de suspension datant du 28 juin, que le haut gradé de la police  est blâmé par son ministre de tutelle, pour «indiscipline grave et mauvaise collaboration » et que deux mois auparavant, Louis Philippe Houndégnon, Secrétaire permanent de la Commission nationale de lutte contre la radicalisation, l’extrémisme violent et le terrorisme (CNL-CREVT) avait été mis à l’index par son Boss, Sacca Lafia. En effet, l’Inspecteur général de Brigade, secrétaire permanent jusqu’au 28 juin dernier de la Cnl-Crevt, était destinataire d’une demande d’explication référencée N° 0199 MISP/SP-C en date du 12 avril 2019.

Houdégnon « tire » à bout portant

Ainsi interpellé par son grand boss de ministre, le super flic, féru des armes létales et « livresques, » est sommé de fournir dans un délai de 48 heures à l’autorité, les motivations de ses «comportements contraires aux principes d’éthique et de déontologie de l’administration publique» et ce, au cours d’une séance de travail qui s’était tenue dans l’après-midi du 26 mars de l’année en cours. Très inspiré peut-t-on le constater à travers sa longue missive en guise de réponse à Sacca Lafia, l’inspecteur général de Brigade, secrétaire permanent de la Cnl-Crevt visé par cette note administrative peu ordinaire, s’arme de son stylo le 15 avril 2019, le charge à bloc, remonte le barillet, pose le tout, bien en aplomb sur les six feuilles de papier au format A4 réglementaire, ajuste le viseur sur les potentielles cibles et appuie sur la gâchette. Le super flic tire par rafales précises, lâche une salve d’impacts de calibres divers qui va se propage autour et aux alentours, faisant apparemment mouche, avec cependant, de sérieux risques de victimes collatérales… De cette réponse aux effets désastreux, on a droit à bien de révélations qui ne sont pas de nature à honorer l’administration publique, loin s’en faut. Mieux, Louis Philippe Houndégnon, preuves accablantes à l’appui, a tout au long de ses explications, a révélé des pans de conditions de travail et de collaboration faites d’humiliations subies par sa personne et surtout de décisions peu ordinaires de l’autorité.

L’expert en questions stratégiques et de sécurité démonte une à une, les charges

Dans sa réponse à la demande d’explication du ministre, le haut cadre de la police est revenu sur les passages accusateurs de la note qui le décrivait comme «indiscipliné», pour faire remarquer : «Échangeant avec vous sur l’architecture du secrétariat permanent, vous avez trouvé le croquis institutionnel que je vous proposais très ambitieux pour le Bénin en disant, qu’avant d’adopter un tel croquis administratif, il faut laisser les terroristes perpétrer deux (2) à trois (3) attaques, nous ne sommes ni le Mali, ni le Burkina». Des révélations assez scandaleuses sur la banalisation d’un sujet d’aussi grande préoccupation que constituent les attaques terroristes. Une à une, Louis Philippe Houndégnon va démonter les graves accusations de son ministre de tutelle, contenues dans la demande d’explication où il est reproché à l’officier supérieur, des «comportements contraires aux principes d’éthique et de déontologie de l’administration publique» et plus encore, d’avoir tenu à l’égard du même ministre, «des propos discourtois, malveillants et injurieux» et d’avoir «adopté une posture agressive, irrespectueuse, avec des propos désobligeants et menaçants».

Louis Philippe Houndégnon clarifie

« Monsieur le ministre,(…), vous vous êtes brutalement levé de votre siège pour balancer vos deux (02) mains en ma direction violemment avant de crier énergiquement « Quittez-là ». Vous avez continué de me gronder en des termes très injurieux et très menaçants. J’ai pris soin de vous rappeler votre obligation de courtoisie envers moi puisque nous sommes dans une relation de service public. Par la suite, je suis sorti de votre bureau parce que éconduit et déçu de votre manière d’agir », a écrit noir sur blanc, l’officier supérieur de police dans sa réponse dont LA DEPECHE a obtenu copie. Louis Philippe Houndégnon se plaint également du ministre Sacca Lafia à qui il reproche d’avoir à plusieurs reprises eu « une attitude de nature à m’infliger toujours des humiliations ».  Il rapporte dans sa réponse une séquence à la Cour constitutionnelle où, dit-il à propos du ministre Sacca Lafia, « vous n’avez pas daigné recevoir mon salut. Vous m’avez abandonné au garde-à-vous et vous vous êtes mis à m’insulter. Je vous ai suivi à la portière  de votre voiture tout en essuyant  vos insultes devant toute votre garde.  La portière de la voiture m’a été claquée au nez. J’ai gardé ma patience pour vous suivre  jusqu’au ministère de la Défense… Là encore, vous m’avez rabroué. Pour ne pas attirer l’attention sur vous et moi, je me suis tu », décrit le flic.

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