Bénin/Départ de Nazaire Hounnonkpè de la tête de la police républicaine : Les vraies raisons du limogeage

0
472

C’est désormais officiel. Le général de police Nazaire Hounnonkpè n’est plus le directeur général de la police républicaine. Il est remplacé par son adjoint, Soumaïla Yaya. Même si par décence, on ne parle pas de limogeage, l’évidence est là que l’ancien N° 1 de la police républicaine n’était plus en odeur de sainteté avec le pouvoir du nouveau départ. C’est donc un limogeage pur et simple du DGPR qui est intervenu, mercredi 17 juillet 2019. Quelles sont alors les vraies raisons du départ un rien précipité de Nazaire Hounnonkpè de la tête de la Police républicaine ?

 De sources dignes de foi, tout serait parti d’une commande de matériels en faveur de la police républicaine. Evidemment, en sa qualité de premier responsable de la structure, l’honneur échut à Nazaire Hounnonkpè de conduire les tractations devant aboutir à l’acquisition des précieux matériels. En la matière, une société française, située à Argenteuil, dans la Val-D’oise représentée à Cotonou, fait office de référence. C‘est donc à elle que devrait revenir le juteux marché, évalué à plus d’un milliard de nos francs.

Seulement, le responsable de la passation du marché, en l’occurrence, Nazaire Hounnonkpè, ne se serait pas contenté uniquement des offres de la société qui fait office de référence dans la livraison des sensibles matériels. Ainsi, toujours des  mêmes sources, l’ancien directeur général de la police républicaine aurait engagé des négociations avec deux autres fournisseurs, locaux. Ainsi, le marché aurait été fracturé en trois lots. Inutile de disserter sur les dessous d’une telle pratique.

Le grain de sable

Le marché lancé, la livraison des matériels devrait suivre dans les meilleurs délais. C’est sur ce terrain que les choses se seraient compliquées, au grand dam de l’ex directeur général de la police républicaine. Si la société française légendairement identifiée dans la fourniture de pareils matériels remplit sa part de contrat dans les délais exigés, par le truchement de sa représentation au Bénin, il en fut autrement des deux autres fournisseurs, retenus par l’ex DGPN pour prendre part au marché.

Le temps pressant, l’ex patron de la police républicaine aurait même tenté de sauver les meubles en effectuant un voyage de prospection à l’extérieur, sans grand succès. C’est à son retour de ce fameux voyage d’affaires qu’il aurait été mis devant le fait accompli. En effet, le besoin pressant se faisant ressentir, le gouvernement aurait décidé de prendre les taureaux par les cornes. Commande fut lancée, gagnée par la société française susmentionnée et reconnue comme un spécialiste dans la fourniture des équipements sollicités.

A la suite d’une confrontation avec ses contradicteurs, et devant les faits, Nazaire Hounnonkpè aurait reconnu les faits à lui reprochés, ajoutent les sources. Il convient de signaler que les événements se sont passés en pleine période électorale. Et au regard des intérêts colossaux et stratégiques en jeu, des proches du pouvoir auraient été particulièrement actifs dans ce dossier, seulement guidés par la volonté de prendre une partie du gâteau généré par le juteux marché.                 

Flic bon chic bon genre, Nazaire Hounnonkpè fut parachuté à la tête de la direction générale de la police nationale au terme des réformes initiées et mises en œuvre au niveau de la police nationale. On était le 3 janvier 2018. Reformes à l’issue desquelles la gendarmerie fut dissoute, confondue à la police. Cette fusion consacra l’avènement de la police républicaine. Pragmatique, homme de terrain, et surtout homme d’actions, Nazaire Hounnonkpè ne rate aucune occasion pour afficher et marteler qu’il reste un fonctionnaire au service de l’Etat d’abord. Apprécié en même que détesté de ses collègues et de ses collaborateurs, le directeur général de la police républicaine limogé a gravi, petit à petit, les échelons dans ce corps avant de se faire gratifier du prestigieux poste d’inspecteur général de la police, au même titre que son collègue Louis Philippe Houndégnon, lui aussi nouvellement démis de son poste de secrétaire permanent de l’Agence nationale de lutte contre la radicalisation, l’extrémisme violent et le terrorisme. Et dire que Nazaire Hounnonkpè  a succédé à Louis Philippe Houndégnon  à la tête de l’institution policière. C’est ce qu’on appelle de vrais « compagnons d’infortune ».

Esmer Kakpo.                  

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici