Bénin/Politique – Injonctions du ministre de l’intérieur aux partis réclamant le document d’existence juridique: L’USL dit NON

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Le ton monte à l’Union sociale libérale. Au cœur de la colère du parti de Sébastien Ajavon, les nouvelles instructions, disons plutôt les injonctions du ministre de l’intérieur, Sacca Lafia, aux responsables de l’USL de produire de nouveaux documents visant à consacrer la mise en conformité dudit parti à la nouvelle charte des partis politiques. Pour l’USL, il s’agit d’une demande illégale à laquelle ce parti politique ne saurait accéder.    

Une fin de non-recevoir sec et ferme. C’est la lecture qu’il convient de faire de la réaction de l’Union sociale libérale, USL, face aux exigences du ministre de l’intérieur, Sacca Lafia, à l’endroit des responsables de cette formation politique, leur demandant de produire de nouveaux documents afin de bénéficier du certificat de conformité revendiqué par le parti. « Après concertation des instances de notre parti, L’Union Social libérale, après concertation des militants et autres sympathisants de notre parti, et après avoir étudié les injonctions illégales du Ministère de l’Intérieur et de la sécurité publique, notre parti oppose un refus ferme et catégorique face aux écrits du ministre de l’intérieur demandant à l’USL de produire de faux documents ». Tels sont les propos du responsable en charge de la communication de l’Usl, Donclam Abalo.

En effet, aux yeux de l’ancien directeur de Soleil FM, sa formation politique avait déjà rempli toutes les conditions pour prétendre à une existence légale : « l’USL, conformément aux Lois de la République, avait déjà produit tous les documents qui devraient lui permettre d’avoir une existence légale », martèle Donclam Abalo. A l’Union sociale libérale, il ne saurait donc être question de produire d’autres documents en dehors de ceux précédemment fournis et qui auraient dû valoir au parti de disposer du fameux certificat de conformité, du reste inventé de toutes pièces par la Cour constitutionnelle alors même que le processus électoral était déjà engagé. Une entorse flagrante aux recommandations de la CEDEAO, dispositions pourtant validées par les autorités béninoises.

Selon le responsable à la communication de l’Usl, donner une suite favorable à la requête du ministre de l’intérieur signifierait substituer de « faux documents » à ceux originaux alors fournis par le parti. Et ça, il vaut mieux ne pas compter avec l’USL, profondément légaliste sur les bords.  

Nouveau bras de fer entre pouvoir et opposition

Il y a une semaine, précisément le 15 juillet dernier, le président de la république, Patrice Talon, avait invité les partis politiques qui avaient formellement manifesté leur volonté de se conformer à la nouvelle charte des partis politiques à un échange au palais de la Marina.  Au cours de cette rencontre, d’ailleurs perçue par certains analystes comme un premier geste à la décrispation souhaitée de tous, le ministre de l’intérieur avait étét instruit à effet de faciliter les formalités aux responsables politiques en quête de reconnaissance juridique de leur formation politique.

Les responsables politiques concernés s’étaient rendus chez Sacca Lafia jeudi 17 juillet en vue d’entrer en possession-enfin- du fameux certificat de conformité. Du moins le pensaient-ils fermement, au regard des supposées instructions données par le chef de l’Etat à son ministre de l’intérieur. L’illusion dura juste le temps d’une rose. En lieu et place du certificat de conformité, les responsables des partis politiques ayant répondu positivement à l’invitation du locataire du palais de la Marina le 15 juillet dernier ont été confrontés à de nouvelles exigences du ministre de l’intérieur. Sacca Lafia brandit une plaquette de nouveaux documents à fournir par les partis politiques avant de pouvoir disposer du précieux document-le certificat de conformité.

Pour nombre d’analystes de la scène politique nationale, la nouvelle exigence du ministre de l’intérieur participe d’une manœuvre visant à tendre inutilement les nerfs aux responsables politiques concernés. Et cette stratégie ne saurait contribuer à la recherche de solution à la crise politique ouverte dans le pays depuis mars dernier. Au demeurant, Donclam Abalo ne mâche pas ses mots. Pour lui, le chef de l’Etat et son gouvernement auraient décidé de gommer de la « carte géopolitique » du Bénin les grands partis politiques. Du coup, le chargé de communication de l’USL rend-il responsable le gouvernement de la rupture des conséquences inéluctables d’une telle décision.

Et nous voilà engagés de nouveau dans un bras de fer entre les deux protagonistes légendaires-pouvoir et opposition. Un bras de fer qui ne peut plus mal tomber au moment où les regards sont tournés vers le dialogue national annoncé par le président de la république, à l’occasion de son message à la nation le 20 mai dernier. Finalement, le pouvoir du nouveau départ aspire-t-il réellement à une décrispation dans le pays ? Le cas échéant, aucun signe ne semble aller dans cette direction. Au contraire…

Vincent Mètonnou

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