Économie/Mobile banking au Bénin et sécurité nationale : Des promoteurs-marchants, broyés par l’engrenage d’un système mal pensé

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Les opérations de retrait et de dépôt d’argent sur des comptes de numéros de téléphone mobiles connaissent actuellement une explosion au regard des personnes qui sollicitent le service. Mais c’est sans compter avec les conséquences multiples qu’engendre cette activité, notamment avec des populations analphabètes, enregistrées dans les bases de données des réseaux GSM sans des pièces d’identité valables. Les cartes Lépi sont même acceptées et exposent les petits détaillants au bord des voies, à d’énormes risques auxquels se soustraient les sociétés responsables de l’activité. Dans cet entretien, un acteur revient sur les risques encourus et l’état des lieux.

Thanguy AGOI : Bonjour Mr. Veuillez vous présentez-vous s’il vous plait.


Promoteur de centre d’opération mobile banking
: Bonjour Monsieur le journaliste. Serge D. Je suis promoteur d’établissement de mobile banking. Je suis un marchand Moov money et mobile money.

Il y a une situation chez vous, marchands des réseaux mobiles GSM, concernant l’activité de mobile banking. De quoi s’agit-il?
Le promoteur : Il s’agit de l’imposition de la carte d’identité nationale , passeport aux clients lors des transactions de retrait ou de dépôt Moov money et mobile money. Tous les clients de ses deux réseaux GSM ne détiennent pas les pièces valides mais disposent d’un compte électronique. Donc au cours d’une enquête pénale, ces deux réseaux déclinent leur responsabilité et seul le marchand en répond.

Quel est le désagrément et les risques que cela vous crée?

Le promoteur : Cela crée beaucoup de soucis dans le rang des marchands. Le marchand paye doublement s’il s’agit d’une opération de retrait. C’est-à-dire si le marchand ne fournit pas les informations nécessaires pour retrouver l ‘arnaqueur, il paye une seconde fois le montant du plaignant. Ceci régresse le capital du marchand. S’il ne rembourse pas , il va jusqu’à perdre sa liberté pour complicité. Il revient encore au chômage non seulement ça il n’est plus libre. Et sa petite famille, que deviendra-t- elle? Or l’État même encourage l’entrepreneuriat.

Des collègues à vous ont-ils été déjà victimes de cela?

Le promoteur : Oui, plusieurs collègues en sont déjà victimes. D’autres cas sont encore en instance et laissés pour compte. Beaucoup de nos collègues sont devant la CRIET.

Quelles solutions proposez- vous?

Le promoteur : Il y a plusieurs actions qu’on peut engager :

Que les réseaux MTN et Moov vendent les sims en exigeant les pièces nécessaires pour une enquête judiciaire. C’est indispensable. Que l’Etat suspende l’activité en exigeant aux réseaux l’insertion d’une rubrique demandant au marchand les informations de la pièce du client. Qu’on exige pour les opérations, un téléphone pouvant faire la photo de la pièce avant la validation de tout retrait. Ça nous permet de remonter aux indications d’identité de la personne en face de nous en cas de problème.

Que l’État exige des réseaux GSM d’assainir le système. Aucune banque ne reste au bord de la voie. Vous parlez chaque fois des cambistes et nous aussi ,on fait pareil. j’adresse un SOS aux membres de l’ARCEP afin qu’ils nous aident à trouver une solution à la situation. Enfin je supplie la justice, d’essayer de comprendre la situation de nos collègues. Au lieu d’enfermer nos collègues, de penser à régler le problème du haut, c’est à partir des réseaux Moov et MTN. Beaucoup de jeunes survivent par là. Ce phénomène va augmenter le taux de chômage dans le pays.

Un mot pour finir

Le promoteur : je vous remercie sincèrement pour cette opportunité et surtout cet intérêt que vous avez pour notre activité. C’est difficile et les acteurs au haut niveau doivent nous aider, qu’il s’agisse aussi bien de l’État, des réseaux GSM que de la justice. C’est une activité capitale, importante dans un contexte de taux de bancarisation assez faible. Nous implorons la grâce de chacun d’eux. Merci.

Merci et courage à vous.

Entretien réalisé par Thanguy AGOI

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