Économie et géostratégie: Ce grand voisin, un tantinet stupide

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Même dans 30 ans, dans 50 ans, et ad vitam æternam le Nigeria ne peut arriver à contenter sa consommation rien que par sa propre production locale quelque soit le dynamisme de son économie. Une telle prouesse relève d’une chimère d’État.

Une opinion de Constant Sinzogan

Aucun pays au monde, de la première puissance économique mondiale aux plus petits États, ne peut se permettre un tel luxe qui relève singulièrement de l’utopie.

Les USA malgré leur 16000 milliards de dollars de PIB, la Chine surnommée l’atelier du monde dépendent toujours de l’importation de biens vivriers et de consommation. Vouloir faire mieux que ces deux mastodontes, c’est chercher à décrocher la lune avec son petit doigt, un rêve de mulet.

Ces mesures de Shérif aux frontières ne règlent pas le problème si ce n’est qu’elles n’en créent davantage. On est ici plus dans une mesure punitive que dans un protectionnisme frontalier. Car il est évident que ce n’est pas le blocus sur le petit voisin de l’Ouest qui va amener le consommateur nigérian à changer ses habitudes de consommation.

On change les habitudes de consommation d’un groupe par l’amélioration de la qualité de l’offre et non par l’annihilation de l’offre classique et la pression sur la demande.

En effet, tant que le contrebandier et le consommateur trouveront pour chacun en ce qui le concerne des profits dans leurs échanges, ils trouveront toujours les moyens de contourner les goulots d’étranglement imposés à leurs couloirs de transmission.

La seule issue à la production locale de s’imposer est d’être compétitive en qualité et en coût.

Le nigérian mangera du riz nigérian si ce riz est de même ou de qualité supérieure et de prix inférieur au riz thaïlandais. Les efforts déployés aux frontières, les injonctions que les autorités nigérianes donnent aux banquiers centraux pour orienter les taux directeurs et celles données aux banquiers commerciaux pour orienter les prêts, ces efforts seraient dirigés vers l’amélioration de l’offre locale pour un meilleur résultat.

L’homme mange ce qui arrange son palais et son porte-monnaie à la fois. Il se vêtit du tissu qui arrange son goût et son porte-monnaie. Il ne consomme pas parce que ça vient de son pays. C’est à la production de son pays de s’adapter au coût et à la qualité du produit du consommateur.

Vouloir mettre le consommateur en situation d’autarcie et orienter ainsi sa consommation dans le sens local, c’est prendre le risque de la sous-consommation et du développement de l’informel, toutes choses nuisibles à l’économie. Bref, l’économie de la production ne peut être régulée par les effets de la force publique de coercition mais plutôt par les effets des intérêts particuliers des consommateurs. Il faut donc agir sur ces derniers effets.

 Que ce soient Azikiwé, Muritala, Obansanjo, et maintenant Buhari, le Bénin est invariablement la tête de turc pour ces Chef d’État nigérians sur laquelle ils tapent pour fouetter un nationalisme bon aloi. C’est révoltant que le voisin aussi grand qu’il est, aussi stupide qu’il se comporte.

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