Bénin/Commémoration de la disparition d’un homme visionnaire: Mama Arouna, célébré avec ferveur, 45 ans après

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Août 1974 – Août 2019, cela fait 45 ans que quittait ce monde, l’un des valeureux fils du Bénin. Plus précisément le 19 Août 1974 où s’éteignait une personnalité qui aura bien marqué son passage. Mama AROUNA (1925-1974) était un homme politique béninois très actif dans la vie sociopolitique du Bénin, Dahomey d’alors. 45 ans donc que l’un des plus influents et plus pragmatiques ministres de l’intérieur et de la défense du Bénin disparaissait. Le ministre Arouna Mama alias « je dis bien badigeonner », ou encore, «Kataki», un autre sobriquet de ce ministre remarquable du premier président du Bénin, le président Hubert Koutoukou Maga. Il aura été le tout premier maire de la ville de Parakou et occupera de nombreuses fonctions parlementaires.


Depuis quelques jours, de nombreuses activités commémoratives des 45 ans de son rappel à Allah, sont organisées aussi bien par les parents, amis et cercles proches de l’illustre disparu qui aurait célébré ses 94 ans s’il était encore de ce monde. Mais, à y voire de près, son passage sur cette terre aura été bien rempli et autant accompli, eu égard aux nombreux témoignages qui renseignent à suffisance sur les grandes qualités humaines et managériales d’un homme visionnaire. Comme les autres années, Mama Arouna est célébré avec autant de ferveur, 45 ans après son décès. Toute cette qui s’achève, de nombreux hommages ont été rendus à cet illustre fils du Bénin, un peu partout et principalement à Parakou où des séances de prières ont été organisées à son intention.

Séances de prières

Outre les proches et familles de l’ancienne notabilité, on y note la présence de nombreuses personnalités du terroir et celle de délégations venues spécialement d’autres régions ou pays limitrophes. L’illustre honoré est le père, entre autres de l’ambassadeur Omar Arouna, de El Hadj Ahamed Touré Arouna, «Le Président ».


Mama Arouna est née en 1925 à Parakou dans une famille influente. En 1931, il entre à l’école primaire et passe son CEP en 1940. Admis en 1941 à l’École d’agriculture de Porto-Novo, il y renonce pour préparer le concours d’entrée au Collège Victor-Ballot ou il est admis la même année. Il passe trois années à l’EPS puis entre à l’École normale d’instituteurs de Dabou (Côte d’Ivoire) en 1945. En 1948, Mama Arouna est instituteur et sert successivement à Porto-Novo, Perere, Bembereke et Parakou. En 1955, il est reçu au CAP.
La carrière politique de Mama Arouna fut rapide et brillante. En 1956, il a trente ans, il est élu au conseil municipal de Parakou et devient maire de cette commune. En 1957, il est à nouveau porté aux responsabilités de Conseiller général. La même année il représente le Dahomey au grand conseil de l’AOF.
Il poursuit à Dakar une activité politique avisée en assurant à la fois les responsabilités qui lui sont confiées comme membre de l’intergroupe entre le Rassemblement démocratique dahoméen (RDD) et la convention africaine, comme membre de la commission d’affaires sociales et en tant qu’administrateur de l’Office central des PTT.
Il a été élu à l’Assemblée Territoriale en 1957 et en est devenu le président deux ans plus tard. En 1959, il est élu sénateur de la Communauté française. Élu député aux élections législatives du 2 avril 1959, il fait partie du Premier gouvernement présidé par Hubert Maga (mai 1959) en qualité de ministre de l’Intérieur. Réélu député aux élections du 11 décembre 1960, il se voit à nouveau confier le Ministère des Affaires intérieures et de la Défense.
En 1962, Maga a nommé Arouna Mama ministre de l’Intérieur et de la Défense. Mama a occupé cette position jusqu’à un coup d’État qui a renversé Maga en 1963.
L’année suivante, Mama a déclenché des émeutes en faveur du retour de Maga à la présidence à Parakou, où son soutien était le plus fort. Cela l’a conduit à être emprisonné par Christophe Soglo, le président par intérim à l’époque.
En mai 1969, Mama a été nommée ministre de l’Intérieur par le président Hubert Maga, qu’il a soutenu en tant que membre du Rassemblement démocratique du Dahomey. Il faisait partie d’un groupe conservateur pendant le mandat initial de Maga en tant que président
Il fut inspecteur de l’éducation jusqu’à la création d’un conseil présidentiel en 1970 sous la direction de Maga, où il fut à nouveau nommé ministre de l’intérieur et de la défense. Avec un autre coup d’état en 1972, il a perdu son poste de ministre. Il est mort le 19 Aout 1974.

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