Bénin/Faits rocambolesques à la Direction Générale des Impôts: Les prouesses de la DGI’talisation

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Il a nom Carlos  Adohouannon, régisseur de la Direction générale des impôts, DGI. Signalé pour être en mission à Ouidah depuis le vendredi 20 septembre2019, le cadre du ministère de l’économie et des finances est porté disparu. Plus de signe de vie. Qu’est-il advenu du régisseur de la DGI ? Alors que cette interrogation reste encore sans réponse, des rumeurs annoncent que le disparu se serait « volatilisé » avec des millions de nos francs. Dans un système de digitalisation annoncée à cor à cri, cette thèse peine à convaincre et ne fait que relancer la polémique sur la mystérieuse disparition de Carlos Adohouannon. Sont-ce là, quelques prouesses de la digitalisation version DGI ? 

Tel un des nombreux scenarii décrits dans les œuvres de la célèbre romancière Agatha Christie, Carlos Adohouannon a mystérieusement disparu depuis le vendredi 20 septembre 2019. Censé être en mission à Ouidah, le régisseur de la Direction Générale des Impôts (Dgi) est devenu introuvable depuis ce fameux vendredi 20 septembre. Nulle trace ni de sa personne, ni du véhicule qui le transportait, véhicule immatriculé AX 5631. Des sources indiquent que la disparition du cadre du ministère de l’économie et des finances serait intervenue après 14heures de ce fatidique vendredi. Les mêmes sources renseignent que   Carlos Adohouannon, régisseur de la Dgi avant sa mystérieuse disparition, devrait en principe se rendre en mission à Ouidah. Mais depuis cette fameuse date, il est porté disparu. Aucun signe de vie, aucun contact avec sa famille, ses collègues et ses proches pour signaler sa position. Toutes les tentatives pour repérer le fonctionnaire du ministère de l’économie et des finances sont demeurées vaines. L’inquiétude commence par gagner les cœurs. Si pour l’heure, il parait   un peu tôt pour conclure à un enlèvement, un kidnapping ou encore un rapt, la disparition de l’ex régisseur de la direction générale des impôts suscite déjà les commentaires les plus fous et les supputations les plus fofolles. Et c’est ici que l’inquiétude sur la disparition du cadre de la DGI devient encore plus grande.

En effet, depuis quelques jours, des rumeurs circulent sur les réseaux sociaux, rumeurs selon lesquelles Carlos Adohouannon serait parti de son poste en emportant des centaines de millions de nos francs.

Argument peu probant

Parmi les nombreuses, multiples et variées réformes initiées et mises en œuvre par le pouvoir de la rupture, il est loisible de mentionner la numérisation à outrance de l’administration publique, particulièrement de l’administration financière. Et cette réforme relative à la digitalisation au niveau de l’administration financière est unanimement saluée par les Béninois, en ce qu’elle réduit considérablement la manipulation des fonds publics par des responsables parfois peu recommandés ou peu recommandables. En somme, avec la numérisation de l’appareil administratif financier, la corruption grandiloquente dans ce secteur d’ailleurs névralgique de l’économie nationale a connu une baisse drastique. Tant et si bien que la numérisation prive certains agents du ministère de l’économie et des finances de se retrouver en contact physique avec des millions, beaucoup de millions, non pas leur appartenant, mais relevant du patrimoine de l’Etat. L’homme étant ce qu’il est, constamment animé par l’amélioration de ses conditions de vie, certains agents chargés de ces fonds de l’Etat n’hésitent pas à confondre ces fonds publics avec leur tirelire. Conséquence inéluctable de cette situation,  des cas de malversations massives et fréquentes observées ici et là au sein de l’administration publique financière.

Cette ère est désormais révolue avec la numérisation. Alors, comment pourrait-il être possible à Carlos Adohouannon, fut-il régisseur de la direction générale des impôts, de disposer d’autant de milliards et partant, fondre dans la nature avec les supposés milliards mis à disposition certainement pour les causes du bon fonctionnement de son service ? Faut-il le rappeler, la numérisation s’entend comme « la conversion des informations d’un support ou d’un signal électrique en données numériques que des dispositifs informatiques ou d’électronique numérique pourront traiter. Les données numériques se définissent comme une suite de caractères et de nombres qui représentent des informations ». Du coup, et surtout en matière de gestion de fonds, il devient inutile à un agent, quelles que soient ses responsabilités, de garder des millions sur lui. D’où proviennent alors ces rumeurs selon lesquelles le régisseur de la DGI disparu serait parti avec des millions de francs ? Certes, les instances habilitées ont ouvert une enquête sur cette affaire qui sent déjà un drame. Des responsables de son service sont déjà entendus. D’autres le seront. Mais les rumeurs balancées sur la toile ces dernières heures ne sont guère de nature à apaiser.   

De telles rumeurs ne sont guère de nature à rassurer les collègues et les proches de l’agent disparu, car, de là qu’on le retrouve un de ces quatre matins, dans les mains des forces de sécurité, dans des conditions d’incapacité totale de relater son infortune, il n’y a qu’un pas. Et ceci, c’est encore dans le meilleur des cas. Dans le pire des cas, on ne peut s’empêcher de penser à Dagnivo. Lui aussi, comme par hasard, agent du ministère de l’économie et des finances. Lui aussi, comme hasard, mystérieusement disparu. Même si ce n’est pas sous ce régime.

Follashadé Manu.  

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