Bénin/Interdit d’antenne depuis 7 mois à l’ORTB: Que reproche-t-on au journaliste Déo Gratias Kindoho ?

0
1470

Les auditeurs de l’Office de radiodiffusion et de télévision du Bénin-ORTB-n ‘entendent plus sa voix au timbre particulier depuis quelques mois. Et ils le réclament à cor et à cri. Lui, c’est Déo Gratias Kindoho, journaliste dans « la grande maison », comme nous aimons désigner la chaine du service public. De nos investigations, il ressort que notre confrère, sans être déclaré officiellement « persona non grata » par son employeur-, l’ORTB en l’occurrence, ne serait plus en odeur de sainteté avec les responsables de la chaine nationale. Le cas échéant, que reproche-t-on exactement à ce professionnel des médias bon chic bon genre, profondément attaché à l’éthique et à la déontologie qui régissent la fonction par lui exercée ?

Sa voix, comme par enchantement, a disparu des ondes de l’ORTB. Depuis environ sept mois, on n’entend plus la voix de Déo Gratias Kindoho sur la chaine nationale. La persistance de cette disparition a intrigué notre Rédaction qui a voulu en savoir plus quant au sort de ce confrère pétri de talent. Qu’il s’agisse de la revue de presse par lui animée, qu’il s’agisse d’un commentaire ou  d’une analyse portant sa griffe, Déo Gratias Kindoho exerçait son art avec un rare professionnalisme, pour un journaliste intervenant dans un organe de service public. Respectueux du principe de l’équilibre-un des principes basiques de la profession- notre confrère, tout agent permanent de l’Etat qu’il est, ne se faisait pas prier pour se livrer à des analyses ou commentaires parfois « osés », au regard de son statut d’APE.

Et en la matière, Déo Gratias ne constitue pas un cas isolé. On a déjà vu des journalistes de l’ORTB critiquer sans le moindre ménagement un pouvoir qui s’écarte de l’intérêt général pour des intérêts particuliers ou de son clan. Dans ce registre, on citera Georges Amlon, dont le professionnalisme est unanimement admis et reconnu, aussi bien au pays qu’au-delà des frontières nationales. On citera aussi Osias Sounouvou, qui, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, appelle un chat un chat, sans pour autant enfreindre au code de l’éthique et de déontologie de notre métier. On est tenté d’ajouter à cette liste, certes restreinte, le nom de l’actuel Directeur de la communication de la présidence de la république, Léandre Houngbédji, alors en poste à « La Nation », quotidien national. Les analyses et commentaires du confrère n’étaient guère trop favorables au pouvoir en place, celui de Boni Yayi. Pourtant, il n’a point été objet de représailles ouvertes de la part de ses responsables hiérarchiques.

Certes, à l’heure où nous bouclons, Déo Gratias Kindoho ne fait encore l’objet d’aucune sanction administrative de la part des responsables de l’ORTB. Seulement, au  regard de la liberté de ton dont fait montre le confrère dans ses productions, il ne serait pas surprenant qu’on ne retrouve, sinon plus jamais, du moins pendant longtemps encore, cette voix tant affectionnée des auditeurs de la chaine nationale.

Pour vous donner une idée du professionnalisme de ce confrère, peut-être déjà accusé du péché d’Israël par ses responsables hiérarchiques, nous vous proposons une revue de presse de lui signée. Thème abordé, la révision de la constitution du 11 décembre 1990 .Nous y sommes. Au plaisir.

Manu Eolashadé.

Encadré        

              Revue de presse

Bonjour!

La Constitution béninoise a exactement 24 ans ce jeudi 11 Décembre et LA NATION, a jugé bon de donner la parole au Professeur Maurice Ahanhanzo Glèlè, en tant que président de la Commission qui a piloté la rédaction de la loi fondamentale du Bénin. Du parcours de ce document capital qui régit la vie de l’Etat et de la nation, Maurice Ahanhanzo Glèlè tire un bilan positif dans les colonnes du quotidien du Service Public. « En 24 ans, dit-il, la Constitution nous a aidés à avancer. Elle nous a amenés à connaître la vraie liberté, la liberté d’aller et de venir, la liberté de s’exprimer, le respect de la dignité humaine ». Puis il ajoute un peu plus loin : « La Constitution béninoise est un trésor mais peut être améliorée ». Voilà qui renvoie au débat sur le projet de révision constitutionnelle. Il faut rappeler que Maurice Glèlè Ahanhanzo avait été désigné entre-temps  par le Chef de l’État pour présider la commission de relecture de la Constitution. « J’ai vu que la procédure suivie n’a pas respecté les formes et les règles imposées par la Conférence nationale de février 1990 », confie-t-il au journal LA NATION. Et il poursuit : « J’ai exigé au Président Boni Yayi qu’on suive ce que nous appelons dans le jargon juridique, le parallélisme des formes. Si l’on veut réviser la Constitution béninoise, qu’on dise clairement ce qu’on veut réviser pour telle ou telle raison et que cela soit soumis au peuple tel que nous l’avons fait au départ. C’est cela le sens de mon combat contre une révision opportuniste ». Pour le Professeur Maurice Ahanhanzo Glèlè, la révision de la Constitution du 11 Décembre 1990 n’est pas seulement l’affaire de la classe politique ou des gens qui savent lire et écrire. « Il faut associer le peuple qui a été au commencement de son élaboration », insiste-t-il. Il rappelle, à l’occasion, comment cela s’était passé il y a 24 ans. « Une fois qu’on a élaboré la Constitution sur la base des options faites par la Conférence Nationale, nous avons procédé à sa vulgarisation et à sa popularisation. Nous sommes passés dans chaque département. On a mobilisé toutes les cellules de base et on leur a montré le contenu du texte retenu. Les gens l’ont discuté et ont fait des amendements, des propositions », raconte Maurice Ahanhanzo Glèlè à Thibaud Nagnonhou du quotidien LA NATION. Mon confrère, au passage, lui a demandé, son avis par rapport à ceux qui affirment que la Constitution béninoise est une copie de la Constitution française. Sa réponse est cinglante : « ceux qui le disent n’ont jamais été à l’école. Je mets quiconque aux défis de me produire un article de la Constitution béninoise tiré de celle de la France ou d’autres pays de l’Occident. Nous avons rédigé cette Constitution en tenant compte des réalités de notre pays », proteste Maurice Ahanhanzo Glèlè.

La Constitution béninoise a donc 24 ans. Un anniversaire qui malheureusement, déplore NOUVELLE EXPRESSION, se déroule dans la douleur, sur fond de tension politico-sociale. Le Bénin commémore le 24ème anniversaire de la démocratie sous perfusion, renchérit LE POTENTIEL. Un anniversaire célébré dans la rue. « Après les spectaculaires marches de protestation et de soutien hier à Porto-Novo, mouvanciers et opposants dans les rues de la capitale économique ce jeudi », titre LE RADAR. Du temps perdu ! S’exclamerait le journal NOTRE TEMPS LE LABEL qui parle de « marche de l’oisiveté et de l’inconséquence ce jour » à Cotonou. « La table du dialogue reste plus confortable et élégante que la rue », estime la gazette. D’autant que L’ACTUALITÉ, de sa position d’observation et dans sa parution du jour, constate que tout ne va pas si mal. Le journal en veut pour preuve « les différents rapports sur la gouvernance dans le monde » et affirme que « tous les indicateurs sont désormais au vert au Bénin ». D’après L’ACTUALITÉ, c’est l’illustration de ce que les réformes engagées par le Chef de l’État, le Docteur Boni Yayi, ont porté leurs fruits. Entre autres fruits, le deuxième compact du MCA, le Millenium Challenge Account. Le Bénin a fini par décrocher le fameux programme, selon L’INFORMATEUR qui publie, à l’appui, la lettre de l’ambassadeur du Bénin aux États-Unis notifiant la nouvelle au Président Boni Yayi. 

Excellente journée!

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici