S’estimant victimes d’injustice après 21 ans de séjour au Bénin/La famille Eyoum s’en remet au chef de l’Etat

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Jean Victor Eyoum est de nationalité camerounaise, précédemment en service à la SOPEF, au Burkina Faso, une structure de fabrique de peinture appartenant au group FADOUL où il a exercé durant plus de 5 années. Monsieur Eyoum sera donc débauché dès le 1er juillet 1998 par le Pdg de SOBEPEC Bénin, non sans avoir essuyé auparavant, les représailles de son ancien employeur, en la personne de Monsieur FADOUL qui n‘a pas aimé, loin s’en faut, la décision de son désormais ex collaborateur, de lui fausser compagnie. Jean Victor Eyoum a dû organiser son exfiltration du pays des hommes intègres, grâce à l’ingéniosité de son épouse, afin qu’il puisse rejoindre son nouveau poste à Cotonou en qualité de directeur technique de la  SOBEPEC où il exercera pendant plus de 17 ans avant que tout ne périclite. A quatre mois de sa retraite, il sera congédié par le biais d’une surprenante lettre de licenciement le 1er mai 2015, au motif qu’il aurait créé une société similaire à la SOBEPEC où il exercerait une activité concurrente. C’est le début d’une série d’actions et de procédures qui durent depuis déjà 5 années à travers lesquelles la famille Eyoum qui se dit victime d’injustice ici au Bénin, son pays d’accueil et d’adoption, s’en remet à l’arbitrage du premier des magistrats, le président Patrice Talon. Lire la lettre ouverte

Lettre ouverte a son excellence monsieur patrice talon, président de la république du bénin.

Monsieur le Président de la République,

Nous vous prions à l’entame de cette lettre ouverte de bien vouloir excuser la forme de cette adresse à votre endroit. Nous avions déjà essayé une première fois de vous mettre au fait de notre situation par un courrier confidentiel déposé à votre secrétariat le 17juillet 2017 et l’initiative est restée sans suite. Il nous semble que ledit courrier ne vous est jamais parvenu. Nous choisissons ce canal pour avoir la certitude que nos préoccupations vous parviendront et que tous les citoyens qui nous liront, sauront apprécier la situation d’injustice dont nous sommes victimes de la part de deux juges béninois depuis 2016.

Je suis Jean Victor EYOUM BAMBA d’origine camerounaise et mon épouse est Marie Claire MEMGUE EYOUM BAMBA de nationalité gabonaise. En arrivant ici à Cotonou, nous étions rassurés, car nous avions la conviction que le Bénin est un pays de paix, un pays respectueux des droits de l’homme. Même si nous gardons confiance par ce que la constitution béninoise garantit en son article 26 l’égalité de tous devant la loi, nous cédons à la désillusion au fil des années.

1 – La genèse succincte des faits

Moi, Jean Victor, j’ai travaillé pendant 5 ans et demi à l’époque dans la jeune société de peinture de Monsieur FADOUL au Burkina Faso (SOPEF). À la recherche d’un directeur technique en 1998, le Président Directeur Général de la SOBEPEC Bénin, Monsieur TCHIFTEYAN Marcel m’a débauché de mon poste à la SOPEF par une promesse d’embauche sans équivoque. Cela peut être prouvé par la lettre de débauchage que Monsieur TCHIFTEYAN m’a adressée le Ier octobre 1998, signée le 24 septembre 1998. Frustré par mon débauchage et cherchant à me maintenir à mon poste dans sa société, Monsieur FADOUL m’a fait mettre aux arrêts alors que je rejoignais Cotonou pour occuper mon nouvel emploi. Sans de véritables motifs de poursuites, j’ ai fait l’objet d’une garde à vue ; mon passeport a été saisi et j’ai, à l’occasion, subi de nombreuses maltraitances. C’est grâce à l’habileté de mon épouse que j’ai pu, déguisé en musulman, fuir cette situation d’injustice et rejoindre Cotonou par des chemins détournés aux frontières.

Engagé à la SOBEPEC, en qualité de directeur technique, par Monsieur TCHIFTEYAN Marcel, j’ai servi avec fidélité mon employeur pendant 17 ans et demi. Contre toute attente, alors que je me trouvais à quatre (4) mois de ma retraite, mon employeur m’a adressé une lettre de licenciement inespérée le Ier avril 2015. C’est un congédiement qui est intervenu sans aucun respect de la procédure de licenciement tel que le prévoit la loi sur l’embauche, sans qu’il m’ait été permis d’exercer mon droit à la défense garanti par la Constitution et pour un motif qui n’est ni réel ni sérieux comme le voudrait le Code du travail en vigueur. En effet, se fondant sur une lettre datée du 11août 2014 que mon épouse a adressée à titre privé en Espagne dont je n’avais moi-même pas connaissance et que la SOBEPEC a donc obtenu par des moyens illégaux et qui m’a été présentée en septembre 1014, mon employeur m’accuse de mener des activités qui le concurrencent. Pour motiver cette allégation, mon employeur évoque la mention de mon numéro de fonction sur la lettre de mon épouse datée du 11 août 2014. Or, la société elle-même n’a jamais restreint l’usage par mon épouse d’un quelconque numéro. Je tiens à préciser par ailleurs que je n’ai jamais eu un tel projet. D’ailleurs, hormis la lettre susmentionnée qui ne m’engage pas, mon employeur n’a jamais pu rapporter des preuves d’actes matériels prouvant que j’ai créé une société similaire à la SOBEPEC ou que j’ ai exercé une quelconque activité concurrente.

J’ai donc saisi la justice béninoise d’une plainte en suivant les prescriptions légales en matière de contentieux de travail avec constitution de conseils. Mon épouse et moi pensions trouver épilogue à cette affaire en quelques mois. Nous l’avons cependant trainé avec la lenteur administrative jusqu ‘en cette année 2020 et il est intervenu récemment une décision en première instance alors que le dossier connaissait son se juge. Contre toute attente, alors que tous les documents nécessaires et toutes les preuves indubitables étaient produits au dernier juge, j’ai été débouté le 09 juin 2020 de toutes mes demandes. Pis, il a été retenu contre moi une faute lourde qui me fait perdre tous mes droits. Monsieur le Président, cette imprévisibilité, cette injustice semble à mon épouse et moi trop criarde. Nous avons la ferme conviction que le juge ayant connu de mon dossier social, au lieu d’appliquer la loi, a purement détournée la justice au profit d’intérêts inavoués d’autrui.

Abusivement licencié à quatre (4) mois de ma retraite, le juge social en cause me déboute de tous dédommagements, après de bons et loyaux services, alors qu’aucun élément tangible ne prouve la réalité du motif du licenciement controversé. Cette situation est de nature à me porter préjudice, carje n ‘ai pas bénéficié, comme le souhaitent la Constitution et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, d’un jugement équitable, d’un juge impartial et d’une justice dans un délai raisonnable. Ce sont mes droits qui ont ainsi été piétinés alors que j’ai une famille et des charges à supporter. Pire encore, mon employeur tente par tous les moyens de nous expulser de mon logement de fonction alors que le dossier de logement fait l’objet d’une affaire encore pendante devant les tribunaux. La SOBEPEC n’a pourtant pas respecté les dispositions de l’article 4 et de son extension de mon contrat expatrié de travail qui prévoient que même en cas de »faute lourde », l’employeur doit assurer les frais de transport vers mon pays d’origine. Alors que le Code du travail prévoit par ailleurs en son article 180 que le travailleur qui a cessé son activité et qui est dans l’attente du moyen de transport désigné par son employeur pour regagner sa résidence habituelle doit recevoir une indemnité égale au salaire habituellement perçu, je n’ai à ce jour reçu aucune indemnité. Par mauvaise foi, Monsieur TCHIFTEYAN tente d’alléguer que mon épouse serait locataire dans mon logement de fonction alors que ce logement est un avantage salarial en nature prévu au contrat et figurant sur ma fiche de paie. Alors que le dossier social devrait avoir un effet suspensif sur le dossier de logement, le juge en charge de cette affaire a, à la grande surprise, décidé de notre expulsion le 03 août 2017. Nous avons heureusement obtenu une ordonnance de non-exécution contre cette décision d’expulsion qui nous permet de ne pas être sans un toit.

Toujours dans le but de me nuire, mon employeur m’accuse un mois après m’avoir abusivement licencié d’être à l’origine d’un incendie à l’usine. Cette accusation est illogique puisque j’étais déjà sans emploi. Dans le cadre de cette fausse manœuvre dans le but de me faire rapatrier, j’ai été convoqué au commissariat de Tokplégbé en violation de toute procédure légale. Dans ses vaines tentatives, Monsieur TCBIFTEYAN s’en est pris à mon épouse, la trainant au parquet et l’accusant de violence et de port d’arme alors qu’il n’en est rien. Cela prouve, Monsieur le Président, l’influence que mon employeur exerce officieusement sur les juges qui connaissent de nos dossiers en justice ; m’ayant déjà juré de tout faire pour ne me payer aucun kopeck.

Monsieur le Président, bien que sachant que c’est le principe de la séparation des pouvoirs qui régit le fonctionnement de l’État béninois, nous voudrions par la présente lettre ouverte, plaider notre cause. Considérant que vous êtes le premier Magistrat du Pays, que vous êtes le garant de la protection de tous les Béninois et de tous les étrangers qui séjournent sur le territoire béninois. À maintes reprises déjà, mon épouse et moi avons fait l’objet d’intimidations, de menaces, de violations de domicile et de guet-apens de la part de personnes mal intentionnées, que nous soupçonnons, cherchent à nous faire taire. Voilà près de cinq (5) ans que nous trainons huit (8) dossiers en justice.

II-           Notre souhait

Nous vous prions, Monsieur le Président, de prendre à cœur notre cause, car nous avons la ferme conviction qu’autant vous volez au secours des Béninois, autant vous le feriez pour des étrangers qui considèrent le Bénin comme une terre d’adoption. Nous plaçons notre espoir en vous et voudrions vous informer à l’occasion que nous avons interjeté appel. Ce que nous souhaitons, c’est un juge impartial qui dira le droit, qui appliquera la loi en interprétant les faits tels qu’ils sont.

Cette lettre est pour nous un cri de détresse et nous espérons vivement que vous réagirez positivement pour que nous soyons rétablis dans nos droits et que l’atteinte à notre dignité soit réparée. Dans l’attente d’une suite bienveillante, vous sachant très attaché à la justice sociale, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.

Ont signé : Marie Claire MEMGUE EYOUM BAMBA et Jean Victor EYOUM BAMBA.

Monsieur et Mme EYOUM BAMBA / 03 B.P. 2144 Cotonou – Tél. : 95 96 89 78/94 58 47 33 / Courriel :  eyoumbamba@yahoo.fr – Quartier Jack Lot 27 B

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