Exercice illégal des opérations de micro finance/ Chronokash et Cie:Le piège

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L’attente devient de plus en plus longue et ce, depuis six mois, voire même deux ans pour certains de nos concitoyens enrôlés dans une opération qui a tous les ingrédients d’un Icc’Services-gate, cette nébuleuse qui a décimé le tissu socioéconomique de milliers de béninois. Comme une histoire qui se répète voici encore des centaines de femmes et d’hommes qui ont dû débourser par tête, environ 17.500 F CFA de cotisation pour adhérer à cette combine dont Chronokash Sarl est à la manœuvre. Cette structure qui n’est détentrice d’aucun agrément pour exercer des activités de micro finance car, se définissant comme une institution de Service d’Aide par le Travail (SAT), s’est cependant, astucieusement alliée, à une Imf pour opérer. L’appât consiste à miroiter l’octroyer des prêts de Fcfa 1.440.000 (un million quatre cent quarante mille) à chaque bénéficiaire préalablement constitué en groupement de 30 personnes. Ce qui fait un total de 43 millions F CFA par groupement ainsi constitué. Cette structure illégale sévit aujourd’hui dans de nombreux départements du Bénin, appuyée en cela par des leaders religieux. Un gros piège qui se referme sur des populations chaque jour, plus vulnérables.   

Que se soit dans les départements du plateau à Sakété, de l’Ouémé à Porto-Novo, du Littoral à Akpakpa et Aibatin, dans l’Atlantique à savoir, Cococodji-et Pahou, des centaines de souscripteurs attendent avec anxiété, une promesse dont la veille de la réalisation n’est pas pour demain. Malgré la grogne et le mécontentement suscités sur le terrain, au sein des populations désemparées, cette situation loin d’émousser l’ardeur des initiateurs de ce funeste projet, les propulse déjà dans d’autres contrées du pays. Chronokash Sarl vient de jeter son dévolu sur les populations des départements du Mono et du Zou. En ce moment même, des équipes d’enrôleurs déploie ses tentacules sur le Mono (Lokossa) et le Zou (Bohicon).

La similarité entre le modus operandi de Icc-Services – une structure de triste mémoire – et Chronokash Sarl et compagnie réside dans l’implication de leaders religieux, des pasteurs des églises dites révélées, dans le cas d’espèce. Ces hommes de Dieu, qui ont manifestement l’écoute et la confiance des populations sont ainsi mis à contribution pour capter le plus grand nombre d’adhérents. Il en est de même de certaines autres structures impliquées dans cette opération. A l’heure où nous bouclons cette édition, un total de 2790 personnes ayant adhéré à cette opération attendent sans suite, de bénéficier chacun, d’un hypothétique financement pompeusement annoncé de 1.440.000 F CFA par Chronokash Sarl. Par quelle alchimie cette structure va-t-elle trouver à octroyer à ces 2790 adhérents qui se sont déjà acquitté des 17.500 F CFA, la bagatelle somme de 2.577.600.000 F CFA (Deux Milliards Sept Cent Soixante Dix-Sept Millions Six Cent Mille) ?

Ne disposant pas d’agrément pour se livrer a ce genre de transaction, Chronokash Sarl s’est empressé de nouer un partenariat avec  une institution de microfinance dénommée ‘’CAMTES’’ «Caisse Mutuelle l’Espoir» Une structure agréée depuis 2008. Disposant d’un conseil d’administration présidé par Mme ATCHADE Madeleine. Les débuts des faits remontent à mars 2020. Dans son approche, Chronokash aurait déclaré avoir sous sa coupe, des groupements composés de femmes et d’homme au profit de qui elle compte mettre en place des financements à raison de 1.440.000 FCFA par membre de groupe à raison de 30 membres par groupe. L’implication d’une IMF telle que CAMTES devrait selon les argument avancés, permettraient une mise en place aisée et efficiente des crédits. D’où le choix porté sur CAMTES ainsi désignée. Dans la foulée, cinq agences ont été impactées par ce projet à savoir Sakété, Porto Novo, Cococodji, Midombo et Aibatin. Sur le terrain et au contact des populations constituées de ces groupements de femmes et d’hommes, c’est la désolation totale, au terme de deux années pour certains souscripteurs et six mois pour d’autres.

Lors de la signature du partenariat avec CAMTES, Chronokash avait laissé entendre qu’au bout de 90 jours au plus, les groupements allaient être financés grâce au fonds qu’elle mettrait à disposition.

Dans le déroulement du processus, Chronokash et associés ont perçu des fonds en espèce et ou par moyens électroniques (Mobile money) auprès des clients avant et après le partenariat avec CAMTES sans notifications claires d’objet. Mieux aucun état des fonds encaissés n’a été effectué par Chronokash.

Même les carnets d’enregistrement des adhérents ont été imprimés par Chronokash et associés et cédés à CAMTES contre paiement. C’est dire donc que Chronokash qui n’a pas que visé CAMTES – d’autres Imf sont approchées – a rondement monté sa combine. Allons-nous assister à un autre épisode tel que Icc-services ? Seules les autorités en charge de la sécurité des populations sauront arrêter la saignée.

Folashadé Manu

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