Message du professeur Aïvo à l’occasion des 60 ans: »Préserver l’unité, apaiser les tensions et rétablir la démocratie »

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À l’occasion de la célébration du 60ème anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale, et , à quelques mois de la fin du mandat du président Patrice Talon.le professeur Joël Aïvo a adressé au peuple béninois, un message à la hauteur du contexte particulier qui est celui  Bénin de 2020. L’ancien Doyen de la Faculté des droits et sciences politiques (Fadesp) s’est surtout montré non complaisant,  critique, mais surtout, porteur d’espoir. Il livre son constat d’un Bénin en  « périls», après 60 ans d’indépendance.

« 60 ans après l’indépendance, nous voici de nouveau face à l’histoire. L’état moral du Bénin, le délitement de sa cohésion nationale, la décomposition de son socle social, la mise à mal de sa vie démocratique, l’effondrement de sa réputation internationale: tels sont les nouveaux périls qui nous placent individuellement et collectivement devant nos responsabilités », fait-il remarquer.

Face à cela, Joël Aïvo  appelle le peuple béninois à un sursaut patriotique.

« La force symbolique de cette commémoration doit être, pour reprendre les mots d’Aimé Césaire, un appel à ‘‘ faire revivre l’éclaboussement d’or des instants favorisés’’.  C’est cet appel que je veux humblement vous passer. Pour sauver notre pays, il nous faut un sursaut collectif », lance t-il.

En outre, Joël Aïvo prend un engagement.

« Pour ma part, j’ai la conviction que le 1er août 2021, nous serons tous, de nouveau rassemblés sous le drapeau. « Tous », c’est-à-dire qu’aucun Béninois ne devra manquer à l’appel. J’en prends l’engagement et j’en fais un défi, celui de la nouvelle génération. Le défi de préserver l’unité de notre peuple, d’apaiser les tensions et de rétablir la démocratie. C’est forts de ces exigences qu’unis et conquérants, nous pourrons reprendre le chemin du progrès », s’engage t-il.

Lire l’intégralité du message

À UN PEUPLE UNI, RIEN NE RÉSISTE

« Cher-e-s compatriotes,

Il y a eu l’horreur de l’esclavage. Il y a eu le crime du colonialisme. Et puis, il y a eu les indépendances. Celle du Bénin est advenue le 1er  août 1960. Ce jour, le Bénin a recouvré sa dignité d’État souverain. 

L’indépendance de notre pays, la liberté et la dignité de notre peuple, nous les devons aux sacrifices de tant de nos compatriotes. Nous leur devons aussi notre sens de l’unité, de la fraternité et de l’humanité, resté intact malgré les soubresauts de l’histoire. Au prix de l’avilissement, de l’emprisonnement, de l’exil, de la déportation qu’ils ont subis, ils nous ont permis de rayonner comme nation libre et fière. Je rends hommage à leurs combats et salue leur abnégation. 

Qu’avons-nous fait de cet héritage ? Qu’avons-nous fait du Soleil des indépendances ? La fin du colonialisme n’a pas éliminé la menace de la désintégration de la Nation. 60 ans après l’indépendance, nous voici de nouveau face à l’histoire. L’état moral du Bénin, le délitement de sa cohésion nationale, la décomposition de son socle social, la mise à mal de sa vie démocratique, l’effondrement de sa réputation internationale : tels sont les nouveaux périls qui nous placent individuellement et collectivement devant nos responsabilités. 

Oui, chers compatriotes, nous revoici face à l’histoire. Mais malgré ses tragiques manifestations, l’histoire est aussi toujours porteuse d’espérance. La force symbolique de cette commémoration doit être, pour reprendre les mots d’Aimé Césaire, un appel à « faire revivre l’éclaboussement d’or des instants favorisés. » C’est cet appel que je veux humblement vous passer. Pour sauver notre pays, il nous faut un sursaut collectif. Pour ma part, j’ai la conviction que le 1er août 2021, nous serons tous, de nouveau rassemblés sous le drapeau. «Tous», c’est-à-dire qu’aucun Béninois ne devra manquer à l’appel. J’en prends l’engagement et j’en fais un défi, celui de la nouvelle génération. Le défi de préserver l’unité de notre peuple, d’apaiser les tensions et de rétablir la démocratie. C’est forts de ces exigences qu’unis et conquérants, nous pourrons reprendre le chemin du progrès. 

Heureuse fête et que Dieu veille sur le Bénin. »

Frédéric Joël AÏVO

1er Août 2021:Aïvo donne rendez-vous à tous sous le drapeau

Dans une adresse à ses compatriotes à l’occasion de la célébration des 60 ans d’indépendance du Bénin, le professeur Joël Aïvo a donné rendez-vous à tous sous le drapeau. Le professeur titulaire de droit public, sur un ton solennel, a rappelé aux Béninois les défis du moment.

Dès le 1er Août 2021, le professeur Joël Aïvo donne rendez-vous à tous sous le drapeau.

Par Frantz Axel Messana

« A un peuple uni, rien ne résiste ». Ainsi est titré le message solennel adressé à ses compatriotes par le professeur Joël Aïvo à l’occasion de la célébration des 60 ans d’indépendance du Bénin le 1er août dernier, tout en les projetant dans un an : « … le 1er août 2021, nous serons tous de nouveau rassemblées sous le drapeau … », peut-on lire dans le message rendu public par l’agrégé des facultés de droit. Il appelle les Béninois à un sursaut patriotique pour sauver le pays face aux périls qui le menacent, et qui sont  le délitement de sa cohésion nationale, de la décomposition de son socle social, de la mise à mal de sa vie démocratique, de l’effondrement de sa réputation internationale. Ces tragiques manifestations de l’histoire ne sont pas une fatalité, assure le professeur qui ne manque pas de prendre sa part d’engagement : « préserver l’unité de notre peuple, apaiser les tensions et rétablir la démocratie ».  

L’appel de Joël Aïvo à ses congénères s’inspire de l’œuvre de libération des pères de l’indépendance du Bénin. Rendant hommage aux combats des anciens et saluant leur abnégation, il a rappelé que c’est au prix de l’avilissement, de l’emprisonnement, de l’exil, et de la déportation qu’ils nous ont permis d’être « une nation libre et fière ». Selon le professeur, tout comme ces compatriotes dont les sacrifices ont rendu à notre pays l’indépendance, la liberté et la dignité, « nous revoici face à l’histoire … pour sauver notre pays … ». Car dira-t-il, « unis et conquérants … les Béninois reprendront le chemin du progrès ».

Dans un « dialogue itinérant » avec les Béninois, entrepris depuis maintenant deux ans, Joël Aïvo entretient ses compatriotes sur l’état de leur pays et les exhorte à ne pas abandonner la république. En prenant le rendez-vous du 1er août 2021 avec ses compatriotes sous le drapeau, l’ancien doyen de la faculté de droit d’Abomey-Calavi se propose sans doute comme l’homme de l’alternative à la gouvernance actuelle du Bénin.

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