Bénin/Conférence de presse du collectif des syndicats de la santé:Le mercure monte au ministère de la santé

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Entre le ministre de la santé et ses partenaires sociaux, rien ne va plus et pour cause. Invités par l’autorité ce lundi pour prendre part aux travaux statutaires de la Commission nationale des mutations, le collectif a fait part au ministre, de sa totale désapprobation quant à la gestion faite des dossiers liés aux revendications, lesquelles sont demeurées toujours non satisfaites depuis des années. Et pour corser la note, vient s’ajouter à ces revendications ce qu’il convient d’appeler la restriction des libertés du porte-parole du Collectif, le camarade Adolphe Houssou, qui depuis quatre semaines n’est plus libre de ses mouvements. Sur le terrain ce lundi, le diagnostic laisse à désirer et il n’est pas superflu d’avancer qu’en ce qui concerne les relations entre l’autorité et les partenaires sociaux, le pronostic vital est engagé…  

Ce sont là, les points qui fâchent et qui ont eu pour corollaire, le rejet de l’invitation à prendre part aux travaux statutaires de la Commission nationale des mutations du ministère de la santé. Il faut le rappeler, le collectif avait déjà, depuis le 15 juillet 2020, livré une déclaration qui comportait entre autres, le rappel à l’autorité, de toutes les dispositions à prendre en vue de satisfaire les revendications en souffrance et qui sont relatives aux  agents sans salaires, aux questions de disparités salariales, en passant par celles concernant l’uniformisation des corps, la régularisation de la situation administrative des agents qui sont partis en stage hors plan…

Ce qui fait monter le mercure au ministère l’autorité et les partenaires sociaux

Et surtout dira le secrétaire général, Soulé Salako porte-parole du collectif, «il y a la question des libertés, qui se pose aujourd’hui et est devenue la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Dans notre déclaration on avait dit que tant que l’autorité ne va pas chercher à régler ces situations, nous ne souhaiterions plus qu’il y ait des débats inutiles sur d’autres sujets avec l’administration».

Déçus, les membres du collectif le sont et l’ont exprimé de vive voix aux professionnels des médias ce lundi, dans l’enceinte du ministère. Selon le collectif, entre les syndicats du secteur de la santé et l’administration, les rapports sont loin d’être au beau fixe. L’ambiance serait délétère et la collégialité dans la collaboration entre l’administration et les partenaires sociaux que sont les syndicats est devenue depuis, un vieux pieu. La preuve a fait savoir le collectif, les priorités signalées par lui à l’autorité à travers une déclaration officielle ne semblent nullement susciter le moindre intérêt aux yeux de l’administration.

Au regard de tout ce qui précède, le collectif a tout bonnement, après concertations entre les membres, décliné l’invitation à siéger à la Commission de mutations nationale. «…Nous nous sommes  concertés et on a dit pas question de venir nous asseoir avec l’administration du ministère de la santé, pendant trois ou quatre jours comme si entre les syndicats du secteur et l’administration, il y avait la bonne ambiance, comme si on travaillait de façon collégiale…» Et au Sg Salako de poursuivre : «…Nous avons dit, dans ces conditions, on ne peut pas venir s’asseoir pour quelque raison que ce soit. On est venu, on est rentré dans la salle, et on a fait part de notre mécontentement en disant au Directeur de cabinet de dire au ministre qu’on n’est pas disposé à participer à n’importe quelle activité avec l’administration tant que toutes les préoccupations contenues dans la déclaration ne seront pas satisfaites, tant que le camarade Adolphe Houssou ne sera pas libre de ses mouvements…».

Les camarades du syndicaliste Adolphe Houssou ont surtout insisté non pas seulement sur la liberté d’aller et de venir de ce dernier mais, ont surtout demandé qu’il lui soit formellement donné, la garantie de prendre part aux activités comme il le faisait les années antérieures.

Au nombre d’une douzaine à faire leur entrée dans la salle de la réunion, les membres du collectif repartiront des lieux après s’être entretenus avec le Directeur de cabinet qui leur a signifié qu’à ses yeux, la question des mutations nationales devrait être détachée des revendications. Le Dc a toute fois reconnu que l’administration a bien reçu la déclaration en date du 15 juillet 2020, émanant du collectif et pris connaissance du contenu. Aussi bien s’agissant des revendications que du dossier spécifique relatif au syndicaliste Adolphe Houssou l’administration du secteur de la santé a estimé que la primauté devrait être accordée à la réunion de la Commission de mutations nationale qui est une activité statutaire, non liée à une revendication. Le collectif ne l’entendant pas de cette oreille. 

Le syndicaliste Adolphe Houssou ici, avec le chef de l’Etat (image d’archives)

Selon Soulé Salako porte-parole du collectif «…Si conformément aux textes ils décident de muter les agents, ils ne pourront même pas dire d’abord que c’est la Commission nationale qui les a mutés. Cette année ils risquent de dire que la Commission nationale de mutations n’a pas eu lieu. Et ce sera un incident puisque depuis quinze ans que moi je suis là, je n’ai jamais entendu une année où le ministère de la santé n’a pas fait tenir sa Commission nationale de mutations. Ça veut dire que si sous le professeur Benjamin Hounkpatin ça se produit pour la première fois, on gardera d’abord que les conflits ont été au point où la Commission nationale n’a pas pu se réunir».

Un précédent grave

Le secrétaire général du Syntrash d’avertir, parlant des responsables de l’administration: «… s’ils décident de se passer de nous pour faire affecter les agents, ils l’ont toujours fait n’est ce n’est pas nouveau. En dehors de l’instance où on se réunit pendant les vacances pour affecter les gens qui ont demandé officiellement ensemble, eux ils le faisaient presque toutes les semaines, tous les mois parce que l’arrêté a prévu que le ministre a le pouvoir discrétionnaire de faire ça dans certaines conditions. Donc s’ils veulent utiliser ces alibis là pour le faire, ils le feront. Mais ils diront au moins, à cause des conflits, pour la première fois, depuis au moins quinze ans pour ce que je sais, la Commission nationale de mutations du ministère de la santé n’a pas pu se réunir».

Résorber le mal…

Soulé Salako, concluera son speech par ces phrases : «S’ils n’ont pas envie de garder cette image d’eux, ils vont nous rappeler dans les jours à venir parce qu’à la fin le DC a demandé qu’est-ce qu’on peut faire pour ramener le calme. Et nous avons dit qu’il suffit de nous rappeler et de parler d’abord spécifiquement de nos revendications. Dès qu’on fera le point sur nos revendications et qu’on verra qu’il y a des débuts de solution pour, on pourra revenir dans les activités».

Vivement que la paix revienne dans la maison santé.

Par Folashadé Manu

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