Bénin/Réflexions préélectorales: responsabilisation et espoir

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En ces temps de grande indécision et de grande inquiétude quant à l’avenir, le peuple béninois continue de subir relativement calmement des contraintes. Il y a celles héritées du passé, celles découlant de ses «choix» plus récents et celles venues dernièrement d’ailleurs. Pas encore maître chez lui, en proie aux mirages de la mondialisation néolibérale, toujours menacé de la COVID et bientôt en pleine fièvre électorale, le peuple béninois vaque à ses occupations dans une espèce de flottement existentiel. Y aura-t-il une tempête après ce calme trompeur — pour ne pas dire cette torpeur? Verra-t-on plutôt émerger en douceur et en finesse des initiatives progressistes et porteuses? Ou bien ne va-t-il rien se passer de fondamental ?

Le choix du prochain Président de la République aura son impact sur les orientations économiques, politiques et sociales du pays, de même que sur la vie quotidienne des gens. Mais un président n’est pas l’État; il n’est pas roi. En démocratie, il n’est que le représentant ultime de la volonté populaire, laquelle formalise, structure (voire réduit) et exprime plus expressément ses attentes (aux cinq ans par exemple) en fonction du contexte et de l’offre politique. Une fois élu, et moyennant la médiation des élus en Chambre, le président transmet (parfois ardûment : « cohabitation ») aux appareils étatiques et aux institutions gouvernementales des orientations qui vont dans le sens de cette volonté populaire. Dans la mesure où le niveau de fiabilité des urnes, le taux de participation et le score du gagnant sont élevés lors de l’élection, et que le Président fait ensuite ce qu’il a promis de faire, les citoyens et la société civile « obtiennent » un chef de l’État légitime et à l’image de ce qu’ils veulent.

            Or voilà. En ce qui nous concerne, nous, Béninois de toutes conditions, de toutes les régions, de toutes les sensibilités, que souhaitons-nous collectivement en vue de la croissance de notre pays, de notre culture et de notre niveau de vie? Pour demain et après-demain, que voulons-nous vraiment? Le savons-nous? Connaissons-nous toutes nos options, nos atouts, nos pouvoirs et nos possibilités?

            Le chemin du développement se fait en cheminant, dirait Edgar Morin. Il y a des intérêts, des ressorts cachés, des trompe-l’œil, des faussetés et des pièges sur ce chemin, mais il y a aussi des rationalités, des tremplins, des avantages, des vérités et des solutions pérennes. Les distinguons-nous? Avons-nous la possibilité et la capacité d’éviter les chausse-trappes, de saisir les leviers?

            Ces questions ne sont pas anodines ni de l’ordre des débats abscons. Elles doivent prendre toute la place, du moins arriver bien avant les interrogations sur le charisme de tel candidat ou sur l’expérience de tel autre. Ces questions sont au fondement même de ce que nous voulons être comme nation après avoir choisi, en 1990, d’être libres, responsables et conscients de nos droits et devoirs. Dès lors, il va sans dire que c’est d’abord à ceux et celles qui visent à s’ancrer au Palais de la Marina de nous expliquer clairement en quoi nous serions objectivement gagnants, collectivement, à suivre leur programme politique, à opter pour leurs plans et projets. Là aussi, toutefois, la passivité est une erreur. Nous devons aussi comme citoyens nous intéresser à la res publica, poser des questions, nous informer, aidés en cela par les experts, les intellectuels et les journalistes. D’ailleurs ceux-ci ont à faire œuvre de pédagogie, à montrer avec rigueur les enjeux, les défis et les problématiques du Bénin actuel. Cette phase d’ouverture d’esprit et de « surveillance » précédant l’arrivée des spots et des spins des machines partisanes est particulièrement nécessaire et fructueuse en démocratie.

            Toutes et tous n’ont pas eu les mêmes opportunités, les mêmes chances — les inégalités sociales au Bénin sont indignes de notre éthos traditionnel — ou n’ont pas le loisir de s’intéresser à la politique. Mais le bon sens n’est pas l’apanage des riches et des favorisés. Les travailleurs des campagnes, les ouvriers, les petits commerçants, les jeunes, les femmes…, chaque personne a la faculté et la possibilité de discuter, d’échanger et d’apprendre. En cette précampagne — je dis précampagne, car les Béninois ne savent pas encore qui veut ni qui peut réellement se présenter aux élections de 2021 —, et par-delà les grenouillages et les calculs, le verrouillage légal et les procrastinations, les boniments et les rumeurs, l’occasion est belle de s’interroger sur ce que NOUS voulons, et de réclamer de la transparence dans les rhétoriques.

            Bien sûr, les équipes et les candidats se préparent pour que nous voulions ce qu’ils cherchent à nous faire souhaiter. Ils vont travailler à nous vendre leurs idées. Ce qui n’est pas nécessairement mauvais. L’important, c’est d’en être conscient comme citoyen-électeur, d’une part, et d’avoir quelques notions et certaines clefs, d’autre part, pour comprendre ce qui est fondamentalement meilleur, tout comme ce qui est prioritaire et porteur de croissance collective. Un choix éclairé est toujours un bon choix. Car il y aura — il y a déjà — de la démagogie, des attaques personnelles, des tactiques de communication, des amalgames, des distorsions médiatiques… Partout dans le monde, la logique publicitaire fait partie du marketing politique : on dit connaître vos besoins et vos rêves alors que ceux-ci peuvent être construits, fabriqués. Je le répète, dans ce qu’une personne sent lui faire défaut, il peut y avoir beaucoup de ce qu’une organisation politique veut qu’il lui manque.

            Le Bénin a des occasions à saisir, profitables pour l’ensemble de sa population, et il est urgent qu’il le fasse. Les Béninois ont plus que jamais intérêt à déterminer ce qui est essentiel pour eux, ils doivent se responsabiliser. Sans démocrates, la démocratie ne peut fonctionner!

            Mais la démocratie ne se résume pas à un processus électoral, à des délibérations en assemblées et à quelques organes de diffusion. Les dictatocraties cachent leur autoritarisme, leur mépris du pluralisme et leur non-respect du Droit et des libertés derrière ces éléments procéduraux, certes nécessaires, mais insuffisants. Une véritable démocratie n’a pas d’assise solide sans une participation démocratique, laquelle demande que des espaces de renforcement des libertés soient réellement créés dans une communauté de destin et de desseins. Ces espaces sont ce sur quoi une population peut compter pour assurer sa dignité, son confort matériel, sa santé, sa scolarisation, son épanouissement, son enrichissement… On ne peut participer quand on est exclu de la marche de la société, de la Cité; exclu des projets et des décisions par la pauvreté, éloigné des débats et des commandes par le manque de formation, poussé aux extrêmes par le chômage, étranger à soi-même sans culture, sorti de ses rêves par la maladie, refoulé à la marge par l’absence de droits fondamentaux.

            La participation et en corollaire la démocratie qui s’en nourrit (et crée le progrès) périclitent avec l’avancée de l’exclusion. — Ceux qui n’aiment pas le terme peuvent le remplacer par « inégalités socioéconomiques ». — D’où l’importance, contrairement à ce que disent certains spécialistes des « vraies affaires », de mettre la démocratie (créatrice d’espaces de liberté) au centre des préoccupations en vue des élections présidentielles béninoises. Une démocratie véritable et inclusive, toutefois, celle allant de pair avec un système économique qui produit également de la participation, de la solidarité, de la tolérance et de la redistribution. — Le néolibéralisme, soit dit en passant, n’en produit pas —. En prônant la démocratie, une équipe politique devrait donc logiquement camper du côté de la social-démocratie (modèle allemand, modèle québécois, modèle scandinave par ex.). Ces systèmes économiques visent en effet à stimuler l’entrepreneuriat et à créer de la richesse collective et, pour ce faire, ils font cohabiter les secteurs privés et publics, ils libéralisent et règlementent, ils redistribuent équitablement et tendent à effacer les clivages (droits fondamentaux garantis).

            Choisir un président, c’est choisir une option idéologique. En tant que système explicatif des réalités et des possibles qui conduit à légitimer des actions, un mode de vie, une façon de gouverner, etc., l’idéologie n’est pas en soi mauvaise, aveuglante. Si une idéologie suprématiste est à coup sûr condamnable, une idéologie progressiste n’a pas à être exclue des débats. Il faut dès lors réfléchir à ce à quoi on adhère. Il faut également se méfier des discours de ceux qui prétendent être hors idéologie, qui disent être affranchis des cadres théoriques ou philosophiques, ne pas appartenir à une doctrine ou un courant et, surtout, qui diabolisent les « propos idéologiques » (sous-entendus de gauche). La réalité est qu’à peu près tout est lié en ce bas monde à une idéologie, spécialement en politique. Chiffres, bilans, statistiques, indicateurs…, supposément neutres ou fruits du seul pragmatisme — même l’utilitarisme est idéologique —, sont en fait liés à des activités, des réalisations et des états qui découlent d’une conception de ce qui doit être elle-même déterminée, consciemment ou non, par une idéologie. Le laisser-faire économique est idéologique, le centrisme est idéologique, la censure et l’austérité sont idéologiques, la mondialisation est idéologique. Même s’ils paraissent bien éloignés de la vie quotidienne, ces constructions abstraites sont responsables en grande partie des conditions concrètes d’existence des populations.

            Cela étant, c’est à nous, Béninois, de choisir ce que nous voulons : un système explicatif qui conditionne davantage à agir et à penser (et qui nous fait être gouvernés en conséquence) en fonction du chacun-pour-soi, de la dérèglementation, de la « main invisible »… ou, à l’inverse, en fonction du bien-être collectif, de la solidarité, de l’intervention étatique…

            Avant l’arrivée des grands coups de sonde quant à nos opinions politiques, campagne électorale oblige, l’heure est donc à la réflexion, ne serait-ce que pour cesser d’être ballottés intellectuellement au gré des annonces et des déclarations du jour. Des aspirants à la présidence nous proposeront bientôt, de manière plus officielle, médiatisée et insistante, leur conception et leur vision du Bénin, leurs formules et leur programme pour son développement. Liste de réalisations, promesses, critiques, mises en scène des personnalités, chiffres, scandales et joutes oratoires; il faudra prendre le temps de séparer le bon grain de l’ivraie, l’important du trivial. On peut rester campé sur ses positions, préférer l’affrontement, rester dans la mouvance, opter a priori pour la nouveauté ou tourner le dos aux débats politiques. La démocratie permet cela. Reste que toute société moderne et ouverte demande que soit fait périodiquement un certain entretien de son identité et de ses aspirations. Elle doit pouvoir compter sur un travail d’auto-évaluation, de repriorisation et de remise à niveau. Et c’est à ses citoyens qu’appartient cette tâche.

            Justice pour tous, plein emploi, égalité des chances, croissance économique, scolarisation universelle, gouvernance irréprochable, droit à la santé, liberté d’opinion et de presse, richesse partagée, protection de l’environnement… Quand on choisit de vivre solidairement et démocratiquement, les fondamentaux à surveiller et à exiger ne manquent pas! Or, même courbé sous le poids de ses déceptions, de ses désillusions et d’une logique économique sans pitié pour le « 99% », le peuple béninois n’a pas à s’abandonner au désespoir, au je-m’en-foutisme ou au cynisme, car il a pour ainsi dire des cartes dans son jeu. Je pense ici à ce que propose un des candidats possibles aux présidentielles — les élus auront-ils le droit de parrainer selon leurs convictions personnelles? —, une figure connue tant des cercles savants internationaux que des Béninois en général : Frédéric Joël Aïvo.

            Quand j’écoute Aïvo, je ne peux m’empêcher d’avoir l’image des cauris en tête, ces petits coquillages qui ont longtemps servi de monnaie en Afrique, tout en étant chargés de symboles et de sacré. Il y avait quelque chose de culturellement authentique dans les cauris, de total, au sens où les raisons instrumentale, esthétique, historique, commerciale et normative y étaient fondues harmonieusement, du moins jusqu’à l’arrivée des colonisateurs. La conception de l’État et de la nation d’Aïvo, homme d’origine modeste devenu sommité, concentre aussi quelque chose d’essentiel : que l’on peut être moderne, développée et démocratique comme société tout en restant africaine, sans renier sa culture, sans à-plat-ventrisme, sans complexe ni déni.

            Comme l’ancien président Thomas Boni Yayi, à qui l’on doit notamment la voie du changement sans destruction ni fracture (et qui avait eu la bonne idée d’inclure le mot « cauris » dans l’appellation de son parti, le FCBE), le candidat Aïvo mise sur l’inclusion, la participation. Fils du pays, n’ayant tourné le dos ni à ses origines ni à ses convictions profondes, ce professeur de droit se soucie de démocratie au sens où je l’ai exprimé plus haut. À mon avis,  s’il entend rassembler, déghettoïser et ouvrir des espaces de liberté via la scolarisation, les prêts et les soins de santé accessibles partout sur le territoire; s’il vise à remettre nos institutions sur les rails de la représentativité, de l’efficacité et de la transparence; s’il travaille à refonder, diversifier et universaliser l’économie du pays (pour la sortir du ploutocratisme actuel), s’il veille à instaurer des programmes et des mesures de justice distributive, et ce, sans oublier de revaloriser la culture du pluralisme grâce à une pleine acceptation des libertés d’expression et de la presse, et bien, le candidat Aïvo passera à l’histoire, et du bon côté! Évidemment, ses talents de pédagogue devront être pleinement exploités pour repousser les assauts des critiques démagogiques et pour permettre à tout un chacun de comprendre comment se structurent et s’articulent les éléments de sa plate-forme politique.

            Je fais ici une parenthèse, car justement les phrases-chocs et les simplifications douteuses frappent l’imaginaire. Ainsi, j’entendais récemment l’ancien premier ministre et banquier, Lionel Zinsou, dire de l’économie béninoise qu’elle se portait bien — contrairement à ce que montrent tous les indicateurs internationaux sérieux — en raison d’une industrie cotonnière en croissance. Autrement dit, tout est au mieux parce qu’une industrie primaire, polluante, sectorielle, quasi monopolistique et source de petits emplois mal payés a le vent dans les voiles. (Un secteur dont les joueurs privés engrangent la très grande part de la richesse créée : avec 12% du PIB, soit plus de 1,5 milliard $ US, cette industrie ne fait entrer que 21 ou 22 millions $ US par année dans les coffres de l’État béninois). Autre bilan : 45% de la population du Bénin vivait avec moins de 1,9 dollar par jour en 2019 (Source : Banque mondiale). Le moins qu’on puisse dire est que le coton ne s’y transforme pas en « or blanc » pour tous! Dans la réalité, Monsieur Zinsou, ce type d’économie qui semble vous réjouir produit une marée de prolétaires, d’emplois précaires et d’exclus. Sans diversification industrielle, notamment dans les secteurs de pointe et de la transformation, sans emplois bien rémunérés dans les services, sans réalisme monétaire, sans consommation de masse ni répartition équitable de la richesse créée (sous la forme de prêts à l’innovation, de filet social, de subventions au développement durable, d’aides à l’entrepreneuriat, d’allocations santé, de mesures fiscales progressives et de soutien familial, par exemple), aucun pays pauvre ne peut émerger.

            À la timonerie de l’État, comme représentant ultime de l’identité nationale et responsable pour un temps de l’orientation de celle-ci en écho aux besoins et aux volontés populaires, bref, à la tête d’une communauté de destin, un président doit justement être un… homme de tête, de réflexion. Pour « l’action », pour l’intendance et l’exécution, il y a les conseillers spéciaux, les émissaires, les ministres, les hauts fonctionnaires, etc. Quand on aspire à la Présidence, il faut d’abord avoir des idées, du jugement, de l’imagination et de la culture, ce qui est plus difficile à acquérir que de l’expérience politique. En tant qu’intellectuel et juriste, Joël Aïvo a cette envergure. Il connaît et il sait apprendre. Il a appris de ses devanciers, de ses maîtres de conférences, de ses lectures, du Droit et de ses interactions variées avec les jeunes, les dirigeants, le monde. De plus, le candidat Aïvo connaît le Bénin et ses réalités régionales; homme de tribune, il n’en est pas moins un de terrain, donc d’observation et d’écoute.

            « Toléré » par les autorités à tendance répressive sous Talon, pas inquiété par le CRIET, sans passé trouble, Aïvo peut aller de la rue aux champs aux salles des médias sans contorsions ni patinage, et tenir partout des propos cohérents et consistants sans faire entorse à ses principes et à ses convictions. Pour lui, la règle fondamentale est la droiture. Avide de vérité, de transparence et de justice administratives (lutte à la corruption), le peuple béninois devrait en être inspiré et sécurisé. Sa constance, certains diront son intransigeance, pourrait-elle lui fermer des portes? Mettre des bâtons dans les roues de ses ambitions? Faire avorter des projets importants? Peut-être.

            Il est vrai que la politique, contrairement à la science, est moins soucieuse de rigueur, peu allergique aux contradictions; on peut y progresser par girouettisme plutôt que par infirmation méthodique. Les inflexibles s’y sentent souvent à l’étroit. Vrai également que l’art d’accéder au pouvoir et de gouverner impose de tisser des alliances, d’être rassembleur, de ratisser large, ce qui demande de jeter parfois du lest, de diminuer ses attentes, de faire des compromis. C’est alors que se pose le dilemme connu : en trouvant des arrangements, en pliant pour récolter des appuis et arriver à ses fins, on risque d’être catalogué par plusieurs comme un politicien « ordinaire », sans parole, opportuniste, fuyant, etc. À l’inverse, si l’on ne cède rien, si l’on se raidit, on peut avoir la conscience tranquille et récolter des éloges, mais sans atteindre les objectifs qu’on s’est fixés faute de consensus, du moins de ralliement.

            Je pense que Joël Aïvo a à cœur la res publica et le développement du Bénin et qu’il fera passer ses priorités personnelles en second plan. Je crois également qu’il a l’intelligence et la sagesse, d’une part, pour chercher à dépasser les contradictions en vue de satisfaire les intérêts supérieurs du pays, et, d’autre part, pour déterminer où il est juste et acceptable de concéder (dans l’optique du bien commun) et où ce ne l’est pas. Si par l’argumentation, la présentation des faits, l’écoute, les discussions et les débats constructifs il est possible d’ordonner différemment les impératifs, de trouver des solutions et de faire de nouveaux choix, en retour on ne peut, quand on est élu démocratiquement et que l’intégrité a un sens pour soi, dire une chose et faire son contraire, tordre la réalité ou étirer la vérité au point quelle ne signifie plus rien. Je conçois mal, par exemple, qu’Aïvo puisse prendre la voie machiavélique et réductrice de la répression policière, de la censure et du contrôle de la presse pour faire avancer ses projets et réformes. Non, pour convaincre de la nécessité d’avoir un système politico-économique qui crée des espaces de renforcement des libertés, Aïvo expliquera, attendra les questions et répondra.

            Le Bénin est jeune démographiquement. En ce sens, il y a de l’espoir, comme on dit. Cette jeune population, engluée par de vieux patterns alors qu’elle devrait faire librement face aux défis de son époque, doit toutefois se plier aux exigences de la responsabilisation citoyenne, être éclairée dans ses choix et s’assurer de la valeur de ses dirigeants. Elle doit réfléchir à ses rêves et être au rendez-vous en 2021.

            L’épanouissement et le développement du potentiel de chacun d’entre nous dépendent de notre niveau de solidarité, d’inclusion et de motivation à faire croître le Bénin, et non d’un président qui a investi dans l’État plutôt que de s’y investir. J’aurai d’ailleurs, dans un prochain article, à me pencher sur la médusante performance de Patrice Talon aux commandes du pays.

Richard Boni OUOROU

Politologue et consultant

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