Interpellations sélectives du gouvernement par l’Assemblée nationale/La démarche biaisée de Gbadamassi et de ses collègues députés

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Les questions orales ou encore les interpellations de l’exécutif sous la 8ème législature sont devenues si rares et si inattendues qu’elles ont fini par encrer une certitude au sein des populations : le gouvernement et l’Assemblée nationale ont tellement d’atomes crochus qu’il devient difficile, sinon quasiment impossible à l’ensemble des 83 députés (tous se réclamant de la mouvance présidentielle) d’adopter autre attitude que celle de caresser le gouvernement dans le sens des poils. A défaut d’interpeller l’exécutif sur des questions majeures de la nation ou celles qui fâchent, certains des parlementaires se sont découvert une autre mission : interpeller gentiment l’exécutif sur des questions refuges.

Et voilà que tout d’un coup, une vingtaine de parlementaires décident à la surprise générale d’user du pouvoir que leur confère les texte à travers l’article 108 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale en ce qui concerne le contrôle de l’action gouvernementale et son interpellation. Ce réveil tardif, signe patent d’une longue léthargie qui a vu défiler tant de sujets majeurs et préoccupants sur la vie des communautés et les enjeux de la nation,  a de quoi s’interroger. Aller exhumer de vieilles affaires dont certains députés manquent cruellement d’éléments d’appréciation.

Qu’il nous souvienne qu’en 2016, et plus précisément le 06 octobre, 4 ans jour pour jour,  il eut effondrement d’un bâtiment devant Tunde Mortors au quartier Akpakpa, et qui aura occasionné des pertes en vies humaines. Ce drame a secoué l’opinion, et suscité des débats. Une situation qui a fouetté quelque peu la sensibilité du député Gbadamassi qui a choisi de revenir sur les tenants et les aboutissants  de ce drame, 4 années après, par l’introduction de questions orales adressées au gouvernement.

Seulement, bien de questions méritent d’être posées eu égard à la démarche quelque peu biaisée du député Gbadamassi, mieux encore, les données erronées qui ont servi de socle à la note d’interpellation du parlementaire laissent dubitatif. Et pour cause…

–  Alors que le parlementaire Rachidi Gbadamassi faisait partie de la7ème législature, pourquoi avoir attendu seulement maintenant pour interpeller le gouvernement, sur des faits survenus depuis 2016 ?

–  Pourquoi s’en prendre à une entreprise en l’occurrence la société Huang Yu qui n’a eu son autorisation de commercialisation qu’en l’an 2017 dans un dossier qui date de 2016 et que le député suppose en 2019 ? Cette posture du parlementaire ne frise-t-elle pas un acharnement contre des entreprises créatrices d’emplois et contributrices aux impôts ? On peut citer le cas de cet opérateurs des Gsm qui est passé sous la fourche caudines des députés, il y a de cela quelques semaines.   

–  S’en prendre à des structures de droit béninois, créatrices de richesse, telles que Sonimex à de quoi interpeller sur la justesse de la démarche du député.

Les différents points soulevés aussi bien que les indications avancées dans la note d’interpellation du député Gbadamassi pêchent par l’inexactitude des éléments y afférents. Tout ceci jette du discrédit sur une démarche qui s’avère biaisée, au sein d’un parlement où les interpellations du gouvernement par l’Assemblée nationale sont singulièrement sélectives sous cette 8ème législature.  

                    

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