14 avril 2021
Image default
BENIN ENTRETIEN

Affaire Madougou/Un juge béninois claque la porte de la Criet et se réfugie en France

Tel l’épisode du juge Angelo Houssou qui avait tenté de quitter le territoire national en 2013 après avoir rendu deux non-lieux dans «l’affaire Talon» puis interpellé à Sèmè-Kraké, à la frontière entre le Bénin et le Nigeria le 17 mai 2013, l’opinion publique se retrouve une fois encore en face d’un autre cas de juge ayant choisi d’abandonner ses fonctions pour des raisons de sécurité, de conscience professionnelle et d’intégrité morale. (Suivez les propos de ce juge).

Il s’agit cette fois du juge béninois Essowe Batamoussi qui a démissionné de la CRIET (Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme). Le juge Batamoussi remet en cause l’indépendance de la CRIET et révèle que la Cour a reçu des ordres politiques pour placer l’opposante Reckya Madougou en détention provisoire. Selon ses propos, c’est, ne pouvant plus continuer à mener le simulacre de procédure contre dame Madougou dont le dossier d’accusation selon ses déclarations est vide et voulant s’accorder avec sa conscience professionnelle que ce juge a rendu sa toge pour se mettre à l’abri en France afin de sortir de la pression des autorités de Cotonou. Lesquelles autorités, invitées par RFI à se prononcer sur les graves accusations du magistrat béninois n’ont encore voulu en dire mot.

De graves révélations du juge

Le juge que je suis n’est pas indépendant tel que cela devrait être. Toutes les décisions que nous avons été amenées à prendre l’ont été sous pression. Je citerai la dernière celle qui a vu le placement de Dame Reckya Madougou en détention. ” a révélé M. Batamoussi.

L’intégralité de la déclaration de Essowê Batamoussi sur rfi dans l’émission Afrique Matin”Le juge que je suis n’est pas indépendant comme cela se devait d’être. Toutes les décisions que nous avons été emmenées à prendre l’ont été sur pression. Je citerai la dernière. Celle qui a vu le placement de dame Reckya Madougou en détention. Dans ce dossier, nous avons été donc sollicité par la chancellerie, car le dossier ne comportait aucun élément qui pouvait nous décider à la mettre en détention. Ce n’était pas la première fois. Il y a eu pas mal de dossiers ou nous avons reçu les instructions de la chancellerie.- Journaliste : Votre démission n’est-elle pas plutôt une tentative de manipulation à quelques jours de la présidentielle ?-Juge Essowê Batamoussi:”Je ne suis pas politicien et moi je ne parle que de ma maison justice. Ce que je dénonce, c’est pour aider un temps soit peu les collègues qui y sont actuellement et qui sont sous pression et amener le peuple à savoir qu’ils n’agissent pas de leur propre gré et qu’ils ont la pression du pouvoir et essayer de nous comprendre.”Le juge Essowê Batamoussi, joint par Victor Moria.Le gouvernement béninois que nous avons sollicité, n’a pas souhaité pour le moment s’exprimer.

Articles Similaires

Élection présidentielle de 2021:Où est passé Théophile Yarou, le “maestro” de l’opposition?

Joseph Perzo

Situation sociopolitique tendue/Les centrales syndicales menacent de passer à l’action si…

Joseph Perzo

Bénin/Les populations incrédules face aux décisions du juge constitutionnel:La Cour Djogbénou dit «NON» à Talon et déclenche l’hilarité générale

Joseph Perzo

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d’accord avec cela, mais vous pouvez vous retirer si vous le souhaitez. Accepter Lire la suite