14 avril 2021
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SOCIETE

Avec la baisse du tourisme, le braconnage des rhinocéros pourrait s’intensifier en Namibie

C’est une nouvelle conséquence indirecte du coronavirus : en Namibie, les défenseurs des droits des animaux alertent sur une possible intensification du braconnage vis-à-vis des rhinocéros, une espace menacée.

Dans ce pays au sud-ouest du continent africain, ce sont des particuliers – dans des fermes qui dépendent du tourisme – qui s’occupent généralement à leurs propres frais des rhinocéros. La mise à l’arrêt du tourisme à cause de la pandémie pourrait suspendre leur combat contre le braconnage et laisser la voie libre aux chasseurs qui abattent les rhinocéros pour vendre leurs cornes sur le marché noir.

Laissés à la merci des braconniers

“A cause de l’impact financier de la crise, on est déjà en train de se retirer de certaines fermes”, explique Salmon Vermaak, à la tête d’une brigade anti-braconnage. “Les rhinocéros sont donc laissés à la merci des braconniers. On craint maintenant une nouvelle série d’abattages illégaux.”

Les cornes de rhinocéros sont faites de kératine, comme les ongles de nos doigts, et n’ont pas de propriétés thérapeutiques particulières. Mais dans certains pays asiatiques – comme la Chine – ces cornes réduites en poudre sont utilisées dans la médecine traditionnelle pour traiter, par exemple, le cancer. Résultat : même si la corne de rhinocéros est censée n’avoir aucune valeur légale, son prix sur le marché noir est encore plus élevé que l’or.

60.000 dollars le kilo

“La valeur illégale d’une corne de rhinocéros de 4 kg est de 240.000 dollars américains, soit 60.000 dollars le kilo”, explique Alexander Oelofse, qui s’occupe de rhinocéros en Namibie. Sa famille possède une ferme au nord du pays et prend soin des rhinocéros depuis 30 ans. “Nous avons déjà perdu tellement de rhinocéros. L’espèce est réellement sur le déclin et nous voulons juste conserver à tout prix chaque spécimen qu’il reste“, ajoute-t-il. Aujourd’hui, la Namibie compte en effet moins de 6000 spécimens et parmi eux, la majorité des rhinocéros noirs vivant dans le monde.

“Ca m’enrage qu’une vie si précieuse soit enlevée juste pour des grains de poussière”, déplore Annette Oelofse, la mère d’Alexander, en désignant la corne d’un rhinocéros. “C’est juste de la poussière, ce n’est rien et ils [les braconniers] tuent pour ça “, ajoute-t-elle.

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