23 septembre 2021
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AFRIQUE BENIN OPINION

Bénin/Comparution de Joël Aïvo pour ce jeudi:Ce qu’ils ont dit

Procès très attendu ce jeudi 15 juillet, 90 jours après cette arrestation surprenante du professeur Joël Fréderic Aïvo ce jeudi 15 avril 2021, alors qu’il revenait des cours à l’Université. L’humanité est montée au créneau. Des voix se sont élevées et des témoignages ont fusés de toutes parts. Très tôt, ses avocats ainsi que les défenseurs des droits humains ont véhément dénoncé les nombreux vices qui entourent ce dossier dont ils ont étalé la vacuité. Ce jeudi, le Bénin, la justice béninoise seront exposés au regard du monde entier. Certains observateurs de la vie sociopolitique du Bénin appréhendent à leur manière, cette nouvelle page de l’histoire judiciaire du pays. Pour Constant Sinzogan, il faut que les tenants de la justice trouvent la meilleure formule, sans perdre la face, afin que le prof puisse «rentrer auprès de sa femme et de ses enfants,…qu’il rentre chez lui». Maitre Fatiou Ousman qui évoque l’Habeas Corpus et semble partager cet avis, même s’il exprime une certaine inquiétude liée à des rumeurs faisant état d’un probable renvoi de cette affaire, initialement prévue pour ce jeudi. Une inquiétude que viennent dissiper un tant soit peu, les mots d’encouragement de Boni Richard Ouorou à l’endroit du professeur. Quoi qu’il en soit, il faut revenir aux fondamentaux, averti sentencieusement, Mikaïla Kassoumou . Suivez ce qu’ils ont dit…

Qu’il rentre chez lui… (Un plaidoyer de Constant Sinzogan)

Laissez-le demain rentrer auprès de sa femme et de ses enfants. Trouvez avec lui un gentleman’s agreement, un modus vivendi, un accord des braves ou tout ce que vous voulez  pour qu’il rentre chez lui. C’est un passionné de démocratie, c’est un féru de la politique, il ne faisait que faire vivre sa passion, il ne voulait que servir son pays au plus haut niveau. C’est son ambition et c’est surtout son droit. Cela ne devrait pas lui coûter sa liberté.

…Remettez de l’air frais dans la maison, il y fait chaud et sa liberté comme celle de tous les autres détenus politiques peuvent faire du bien à ce peuple…”

Demain est une unique occasion de désescalade dont a grandement besoin le pays en proie à la faim et au manque d’argent. Remettez de l’air frais dans la maison, il y fait chaud et sa liberté comme celle de tous les autres détenus politiques peuvent faire du bien à ce peuple qui en voit depuis quelques temps de toutes les couleurs.

Vous en êtes capables, capables de baisser la température, capables de baisser la tension, capables d’être gentils, capables d’être justes, capables d’être en phase avec le peuple au nom duquel justice se rend.

Laissez-le, demain, rentrer auprès des siens.

Maitre Fatiou Ousman évoque l’Habeas Corpus

Il se dit que le procès du constitutionnaliste Frédéric Joël AÏVO ne se tiendrait pas le 15 juillet 2021.

J’ai même lu qu’ils ont délibérément fixé ce dossier hautement politique le même jour que d’autres affaires de droit commun afin d’invoquer une audience chargée pour justifier un éventuel renvoi. La justice béninoise est décidément devenue une étrange organisation depuis 2016. Si ce procès ne devait pas se tenir le 15 juillet 2021 pour une raison quelconque, il s’agirait d’une véritable voie de fait et d’une atteinte grave aux droits de la défense de Frédéric Joël AÏVO. Pour mémoire, puisqu’ils ont fait le choix inique d’une procédure de flagrance, l’enquête préliminaire (pour des faits présumés graves) est terminée et clôturée depuis la convocation devant le furoncle judiciaire dit CRIET, soit depuis plusieurs mois.

“L’Habeas Corpus doit être mis en œuvre afin que le justiciable, présumé innocent, demeure libre afin de préparer sa défense. Ce n’est pas un option, mais une règle de droit”.

Ainsi le greffe de la CRIET et son parquet spécial savent depuis avril 2021 que ce dossier est audiencé et devaient en conséquence alléger la dite audience en ne prévoyant aucun autre dossier que celui du Professeur titulaire et expert des nations unies. Un renvoi de ce procès signerait clairement une volonté enragée de persister dans la violation des droits des citoyens béninois car il s’agirait logiquement de prolonger le supplice d’une détention illégale et arbitraire sur fond politique.

Je rappelle que les avocats de Frédéric Joël AÏVO se plaignent depuis plusieurs semaines du défaut d’accès au dossier pénal et de ce que les procès-verbaux d’enquête ne leur sont pas communiqués, alors que cette enquête est terminée depuis longtemps.

Les conditions dégradantes de détention de FJA et sa contagion au coronavirus ont été également fustigées par ses avocats et une partie de la société civile, encore libre.

Pire, si ce renvoi devait se confirmer, il signerait incontestablement la vacuité du dossier pénal et la crainte d’une humiliation publique du parquet spécial près la CRIET qui avouerait ainsi ne disposer d’aucun élément sérieux pour incriminer le professeur AÏVO.

Alors la question de la libération immédiate de l’opposant politique se posera de plus belle et de manière légitime. L’enquête étant prétendument terminée et le professeur AÏVO présentant les meilleures garanties de représentation devant la justice, sa libération immédiate s’imposera à la CRIET, selon les modalités habituelles. L’Habeas Corpus doit être mis en œuvre afin que le justiciable, présumé innocent, demeure libre afin de préparer sa défense. Ce n’est pas un option, mais une règle de droit. C’est la crédibilité de la CRIET qui se joue cette semaine. C’est l’avenir des droits de la défense qui est en jeu ce 15 juillet 2021.

Le président de la cour suprême a récemment déclaré que la justice béninoise n’était pas morte. Les faits lui donnent tort à ce jour.

Des  mots d’encouragement de Boni Richard Ouorou

Il y a une règle toute simple que tous les neuroscientifiques connaissent et peut-être même certain psychologue, c’est que tout ce qui demande des efforts est impopulaire et tout ce qui ne demande pas d’effort est populaire. Par conséquent, il est facile de se rendre populaire, auprès de personnes qui n’ont pas les facultés requises pour réfléchir, quelques paresseux de la réflexion, en leur trouvant une narration toute faite.

Par exemple, il suffit qu’un gouvernement d’incompétents, et de personnes de peu de foi, dise, que tous les problèmes sont dus à la pléthore de parti politique, aux droits et libertés acquises grâce à la démocratie; pour que les paresseux s’en approprient et lui permettent d’enfermer leurs compatriotes au nom de chefs d’accusations fallacieuses et ridicules, capturer les institutions et l’économie et faire des autres compatriotes des esclaves sans aucun droit.

Une certaine presse majoritaire refuse de faire l’effort de la réflexion, une partie de la population pareille et pire des élites écervelées suivent la troupe.

Mais j’ai bon espoir mon cher ami Ayekobinou, qu’au cours de ta toute prochaine comparution, toi, qui est si perspicace et rempli de sagesse, de force et de persuasion, devant ces élèves déchus, feras l’effort encore de la pédagogie. La tâche est lourde quand on a parfois des raisons de perdre espoir; ce n’est qu’en regardant la tristesse de ceux et celles pour qui il faut le faire, qu’on retrouve force et courage.

j’ai bon espoir mon cher ami Ayekobinou, qu’au cours de ta toute prochaine comparution, toi, qui est si perspicace et rempli de sagesse, de force et de persuasion, devant ces élèves déchus, feras l’effort encore de la pédagogie”.

Inspire-toi de notre tristesse afin de ne pas lâcher.

Si le chemin est long, c’est parce qu’il ne peut y avoir de raccourcis possible qui t’empêcherait d’appréhender la misère qui s’étale le long de la route. Que le chemin te permette, d’avoir, par toi-même, toute l’information qu’il faut sur la tâche à l’arrivée.

Prends grand soin, Je te réécouterai très cher !

Fraternellement, Richard ❤️

Mikaïla Kassoumou : revenir aux fondamentaux

L’invite de Mikaïla Kassoumou à revenir aux fondamentaux et se départir de cette fébrilité politique qui conduit à cette manie compulsive à mettre systématiquement en prison tous ceux qui ne portent pas ces funestes projets de saccage de la concorde nationale « On reproche à Joël Aïvo d’avoir lu à haute voix la constitution du Bénin. On lui reproche d’avoir exprimé une opinion contraire à celle du pouvoir, sur le prolongement du mandat. On l’a mis en prison pour avoir lancé le slogan “5 ans c’est 5 ans” » “Joël Aïvo is accused of having read aloud the constitution of Benin. He is accused of having expressed an opinion contrary to that of the government on the extension of the mandate. We put him in jail for throwing the slogan “5 years is 5 years””

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