24 octobre 2021
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BENIN SELECTION

Bénin: Simon-Narcisse Tomety se prononce/«Mes félicitations au Professeur Aivo qui a fait une sortie sans faute»

Frédéric Joël AIVO est au zénith avec la qualité de son intervention sur l’émission MA PART DE VÉRITÉ sur Golfe fm. Le Professeur de droit constitutionnel a déjà la carrure, la posture, la solidité intellectuelle et la sagesse pour diriger le Bénin avec un cœur ouvert et les bras tendus, ni sans grosse tête, ni sans complexe, ni sans affairisme avec un engagement fort pour la fraternité. Un psychiatre sérieux peut faire le même constat. Son discours est limpide, sans détour et sans arrogance mais ferme, et cette fermeté est rassurante pour tourner cette page d’une société des monopoles et des ténèbres.

Il a démystifié les chiffres et les statistiques, dénoncé le militarisme et replacé le BÉNINOIS au cœur de toute politique publique. Non donc au parrainage qui est un échec patent de la réforme du système partisan. Le candidat Talon n’est pas le candidat d’un parti choisi qui a émergé à l’issue des primaires. Il en est de même de sa colistière qui n’est pas le choix de son parti mais du président Talon d’après Jean-Luc Akplogan sur RFI ce 24 janvier 2021.

Comment se fait-il que les deux blocs politiques d’envergure nationale n’ont été capables de désigner chacun un candidat à l’élection présidentielle. Le président Talon est-il l’idéologie fusionnelle des deux partis? Tout laisse à le penser car toute loi à une dimension idéologique mais au parlement, tous les votes s’expriment à l’unanimité. Le Bénin a-t-il  des députés ou  des employés du pouvoir exécutif, payés aux frais du contribuable béninois pour servir la seule volonté du président de la république ? Quelle réforme politique!

La criminalisation de la misère du peuple du fait qu’elle a serré durant tout le quinquennat les ceintures ne montre t-il pas que le développement durable du capital humain reste une lointaine priorité de ce régime ? C’est effectivement un drame social et il faut un autre régime pour sortir la grande majorité de la précarité ambiante. Ce faisant, la loi constitutionnelle n’étant pas rétroactive, toute rallonge de durée du mandat présidentiel est un acte de violation du serment du président Talon. Face à la désacralisation du serment, que feront les apprentis sorciers du droit constitutionnel qui font du jonglage juridique au lieu de faire de la science juridique pour dire le droit constitutionnel en toute honnêteté intellectuelle? Les juristes jouisseurs des rentes politiciennes nous ennuient dans ce pays. Comme quoi enseigner la vertu est difficile et c’est plus aisé d’éduquer au ridicule.

Le président Talon et la mouvance présidentielle ont maintenant le dos au mur, eux qui ont l’habitude des passages en force. Oui, je retiens de cette première sortie de monsieur AIVO que le Bénin révélé est un Benin d’injustice politique, d’injustice sociale et d’injustice économique. Comme sur un théâtre d’opération, il ne faut surtout pas dévoiler sa stratégie aux frères-ennemis pour mettre un terme à ce système intégré d’injustes érigé en valeur de gouvernance.

Qui a déjà vu le programme de Talon pour l’exiger de AIVO ?

Entre l’ultralibéralisme violent et l’humanisme dans la solidarité, les matières et l’argent ne supplantent pas l’HOMME. Il faut que cette bataille idéologique ait lieu car le confusionnisme qui revendiquent des valeurs de droite maquillées en valeurs de gauche remet fondamentalement en cause le vivre ensemble au Bénin. Notre pays a suffisamment enrichi un club de gens qui ont appauvri les paysans, les artisans, les transporteurs et les commerçants. La classe moyenne s’appauvrit de plus en plus et elle comprend de nombreux agents de l’État et du secteur privé.

Le 06 avril 2021 à 00 heure, le poste de président de la république sera vacant. Pour sauver la face, il vaut mieux que le parlement (…) vote rapidement une loi pour remettre en cause le système de parrainage, initie un vrai dialogue politique inclusif devant déboucher sur une élection présidentielle ouverte aux partis politiques et aux indépendants. Le président Talon n’a rien à craindre puisqu’il a l’absolu droit de se représenter même s’il renonce à sa parole de faire un seul mandat. Il faut qu’il qu’il puisse affronter dans ce jeu électoral, de vrais candidats de l’opposition et non des candidats opposants préfabriqués. Avec mes félicitations au Professeur Aivo qui a fait une sortie sans faute. Il est prêt, lui, pour le job car son projet de société ne saurait emprunter le boulevard de la grandiloquence et du surendettement de notre pays.

Simon-Narcisse Tomety

Consultant-chercheur, formateur

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