27 novembre 2021
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BENIN

Décryptage des propos du Chef de l’État /Le vrai circuit de l’argent qui ne circule pas

La tournée nationale du président Patrice Talon à la rencontre du Bénin profond et les déclarations et propos du chef de l’Etat comme il fallait s’y attendre, suscite et nourrit un débat passionnant et passionné. Que ce soit sur les lieux de travail, dans les maisons ou les hameaux les plus reculés, on en parle, on analyse, on critique… On en débat surtout sur les réseaux sociaux, à défaut de cadres classiques pour des échanges formels. L’information circule donc, mieux que …”l’argent volé”. Ici, la distribution est généreusement assurée par les réseaux sociaux, mieux qu’une hypothétique redistribution de la richesse nationale. En réponse aux propos du Chef de l’Etat tenus lors de sa tournée dans la partie septentrionale du pays, partisans et non partisans de la théorie de l’argent volé, de la circulation ou non du “magot” s’affrontent sur ce qui s’apparente bien à un véritable circuit de cet argent-là, qui ne circule pas.

  • Non circulation de “l’argent volé”: Un frein à la redistribution de la richesse nationale ?

Pour Constant Sinsogan, «En disant que l’argent ne circule plus parce que les maires, les députés, les directeurs de sociétés n’ont plus la possibilité de voler de l’argent et de le distribuer au peuple, il (le Président Talon) traite tout un peuple de receleur, puisque c’est tout un peuple qui crie à la disette». Cet avis, Joseph Bidossessi ne le partage pas et rappelle : «…ce qu’est devenu ce pays en 10 ans de refondation. Quand les policiers , les douaniers, les DRFM, les Cadres de l’administration, les politiciens, etc… à divers niveaux et par diverses manières (rançonnements, surfacturation, concours frauduleux, fausses missions etc..) ont fini de siphonner les caisses de l’Etat, ils déversent le trop plein chez les marabouts, boconons, les prêtes, les pasteurs, les fidèles des églises lors des ventes de charités, qui trouvent leurs comptes quasi hebdomadairement…». Battant en brèche les arguments de  Joseph Bidossessi, Charles Migan estime pour sa part que «Nous étions donc sous le joug d’une économie de recels. Mais maintenant que ces poches de détournements et de concourussions  ont été vidées, à combien s’élève le butin?  C’est peut-être pour éviter que d’autres voleurs ne s’accaparent de ces deniers publics arraisonnés qu’ils sont fermés dans une opacité de plomb. Il aurait été donc plus convaincant de montrer combien gagnent désormais les nouveaux Ministres, Directeurs et autres Cadres réputés corrompus…». Quant au professeur Dénis Amoussou-yeye, il tentera de cerner l’idéologie qui sous-tend la Rupture et en conclu que «…D’aucuns parleraient du “talonnisme” où le peuple est perçu incompétent, pagailleur et voleur».

L’ancien Ministre DJENONTIN-AGOSSOU Valentin n’est pas resté en marge de ce débat. Pour lui, «certes les fonctionnaires, ministres, députés, dg continuent de percevoir leurs salaires mais ils ne sont pas les seuls agents économiques. Ce qui fait que l’argent ne circule plus est loin la thèse de la corruption et de l’argent volé. S’il y a un régime où il y a plus de vol et de corruption, c’est sous ce régime». Mieux dira l’ancien ministre, «C’est sous ce régime qu’on ne connaît ni le salaire des ministres, ni celui du président. C’est sous ce régime que le régisseur des impôts a pris des dizaines de milliards de francs CFA pour disparaître sans que le DG, son adjoint et le Ministre des Finances ne soient inquiétés.

C’est sous ce régime que le régisseur de cos Lépi a disparu avec des milliards».

Pour DJENONTIN-AGOSSOU Valentin, Ce qui fait que l’argent ne circule plus, «c’est beaucoup plus le conflit d’intérêts au sommet de l’État où seul un clan possède tous les secteurs vitaux de l’économie où ils vendent tout au prix voulu et rapatrient les fonds vers des paradis fiscaux et dans d’autres pays africains». Lire les avis.

Constant Sinzogan : Laissons de côté les limites scientifiques et techniques de la déclaration présidentielle sur la circulation de l’argent et objectons seulement sous l’empire du bon sens en usant de la plus petite des intelligences, celle de la comparaison. En disant que l’argent ne circule plus parce que les maires, les députés, les directeurs de sociétés n’ont plus la possibilité de voler de l’argent et de le distribuer au peuple, il traite tout un peuple de receleur, puisque c’est tout un peuple qui crie à la disette.

Tout un peuple n’est pas nourri au quotidien par des politiciens, des directeurs de société. Combien de personnes attendaient des libéralités d’un politicien avant de manger au quotidien pour qu’on présente la situation de façon aussi simple ? Les femmes au marché qui ne voient plus d’acheteurs venir à leurs étalages, les PME et PMI qui ferment, l’artisan qui ne reçoit plus de commandes, n’avaient pas une connexion de recel avec des politiciens véreux pour qu’on puisse en déduire une relation de cause à effets entre ces agents économiques et les politiciens. Plus loin, il a dit que l’argent qui n’est pas volé et distribué est utilisé pour faire des routes, pour creuser des puits, et autres. Là aussi c’est limite faux puisqu’ à égalité de temps, il a fait la même quantité sinon même moins de quantité de routes que pendant la période où l’argent serait volé pour être distribué, et pire, il a 3 fois plus endetté le pays pour faire la même quantité de réalisations.

Que dira-t-il alors des grands pays développés où les travaux pharaoniques sont entrepris tous les jours pendant que l’argent continue de circuler ?

Donc si sa thèse était juste, à égalité de temps, il aurait eu plus de réalisations et moins de dette à son actif que les périodes incriminées et cela se vérifierait dans les pays où de grands travaux se réalisent alors que l’argent y circule plus que jamais.

Par Constant Sinzogan

Jean Paul Sinzogan : Bien dit

  Joseph Bidossessi : Vraiment, toi tu ne connais pas ce qu’est devenu ce pays en 10 ans de refondation. Quand les policiers , les douaniers, les DRFM, les Cadres de l’administration, les politiciens, etc… à divers niveaux et par diverses manières (rançonnements, surfacturation, concours frauduleux, fausses missions etc..) ont fini de siphonner les caisses de l’Etat, ils déversent le trop plein chez les marabouts, boconons, les prêtes, les pasteurs, les fidèles des églises lors des ventes de charités, qui trouvent leurs comptes quasi hebdomadairement. Ça ne finit même pas avant que le week-end suivant ne vienne. Or les tous les week-ends et même en semaine sous forme de missions farfelues, les politiciens et cadres sillonnent nos le pays et distribuent l’argent en permanence. Et quand ce n’est pas leur argent, ils utilisent les micro crédits faisant croire aux populations que c’est un don de l’Etat .

Donc imagine la suite, les fêtes de mariage, de baptêmes, de communion, de dot de la nouvelle épouse, les cérémonies funéraires en grande pompe sont organisées chaque week-end. Cela faisait tourner à plein régime l’économie de toute la chaîne de valeurs qui gravitent autour de telles organisations (les marchés de vivres sont alors très fréquentés, le secteur de la location de bâches, chaises, sono, voiture, groupes électrogènes etc…, les vendeurs et couturiers tailleurs de pagne de cérémonie.. Tout ça tourne à plein régime,). N’oublions pas aussi l’entretien de dizaines de maîtresses ( location de maison, commande de mobiliers auprès des artisans locaux, etc..)

Ah j’allais oublier le secteur de l’immobilier avec les démarcheurs de vente de parcelle, aux architectes, aux maçons, aux carreleurs, peintre, électriciens etc… qui trouvent leur compte au gré de l’appétit vorace de ces fossoyeurs qui veulent acheter tout CALAVI. Et ça c’était la redistribution de l’argent sale à l’échelle de tout le pays, mais détriment des infrastructures de base vitales pour les populations et leur santé. En tant qu’économiste C’est juste méchant, d’exploiter la cupidité humaine à des fins populistes.

Dénis Amoussou-yeye : D’aucuns parleraient de son idéologie: le talonnisme où le peuple est perçu incompétent, pagailleur et voleur. Il ressemble beaucoup à un autre PR: Émile Derlin Zinsou qui était aussi impopulaire avec son Zinsou takouè! La démocratie est impulsée par tout le peuple comme le fait le peuple américain contre Donald Trump qui autrement s’accrocherait au pouvoir comme l’avait tente le deuxième président des États,-Unis, John Adams. Je m’étonne que peu de gens aient réagi a ce sophisme dont mon ami et vieux collègue Roger Gbegnonvi fut le héraut  au début du quinquennal. C’est une idéologie ultralibérale comme avec Ronald Reagan, Donald Trump. J’attends ce que vont en dire les sociaux e-démocratie de l’UP plutôt keynésiens. Il faut plus de demande sociale et non seulement les grands travaux comme l’avait fait Nicephore  Soglo.

Charles Migan : Nous étions donc sous le joug d’une économie de recels. Mais maintenant que ces poches de détournements et de concourussions  ont été vidées, à combien s’élève le butin?  C’est peut-être pour éviter que d’autres voleurs ne s’accaparent de ces deniers publics arraisonnés qu’ils sont fermés dans une opacité de plomb. Il aurait été donc plus convaincant de montrer combien gagnent désormais les nouveaux Ministres, Directeurs et autres Cadres réputés corrompus. Et pourtant, de toute cette économie faite sur le vol, et qui affame un peuple traité de receleur, on accroît l’endettement à la semaine dans un secret presque mafieux.  Au fait! Si les béninois receleurs privés dorénavant des fruits du vol à l’échelle national n’ont pas d’autres revenus, comment vont-ils faire face au coût par tête de la dette au nom du pays? On saluera l’extraordinaire chance que ceux qui gèrent parcimonieusement aujourd’hui la cagnotte du Bénin n’étaient point dans le circuit de cet argent sale.

Selon DJENONTIN-AGOSSOU Valentin , Certes les fonctionnaires, ministres, députés, dg continuent de percevoir leurs salaires mais ils ne sont pas les seuls agents économiques.

Ce qui fait que l’argent ne circule plus est loin la thèse de la corruption et de l’argent volé. S’il y a un régime où il y a plus de vol et de corruption, c’est sous ce régime.

C’est sous ce régime qu’on ne connaît ni le salaire des ministres, ni celui du président.

C’est sous ce régime que le régisseur des impôts a pris des dizaines de milliards de francs CFA pour disparaître sans que le DG, son adjoint et le Ministre des Finances ne soient inquiétés. C’est sous ce régime que le régisseur de cos Lépi a disparu avec des milliards.

Ce qui fait que l’argent ne circule plus c’est beaucoup plus le conflit d’intérêts au sommet de l’État où seul un clan possède tous les secteurs vitaux de l’économie où ils vendent tout au prix voulu et rapatrient les fonds vers des paradis fiscaux et dans d’autres pays africains.

Ce qui fait que l’argent ne circule plus, ce sont toutes ces nombreuses sociétés et entreprises ainsi que les particuliers qui ne gagnent plus de marchés pour faire travailler leur personnel qui est au chômage. Si ceux-là travaillaient et gagnaient leur vie, ils vont consommer et investir. Ainsi l’argent circulerait chez les vendeuses dans les marchés, chez les artisans, ouvriers, paysans.

S’ils ont de l’argent, ils vont soigner leurs parents et scolariser leurs enfants et aider les proches. L’argent ne circule plus parce que des milliers d’agents des sociétés et offices d’État ainsi que les fonctionnaires licenciés sont au chômage et ne gagnent plus rien pour consommer et financer leurs parents.

L’argent ne circule plus parce que des milliers de salariés de sociétés privées sont soit au chômage, soit licenciés. Exemple : Cas des employés de cajaf common, sociétés de télécommunications, des sociétés et offices du MAEP (Carder, sonapra, CAIA, etc.), Sonacop, les banques, etc….

L’argent ne circule plus parce que des milliers d’agents divers de la plate-forme portuaire sont au chômage du fait de l’accaparement du port à travers Bénin control. L’argent ne circule plus parce que le petit commerce des femmes le long des rues a été détruit par le déguerpissement sauvage de ses braves agents économiques des abords des rues. Dieu seul sait le poids de l’économie informelle dans le développement socio économique du Bénin. L’argent ne circule plus parce que tous les projets (sida, paludisme et autres) du ministère de la santé sont aux mains d’une personne et son ONG. Etc… DJENONTIN-AGOSSOU Valentin

Hadj Aémann Adjadi Ambekema : Franchement tu viens de faire ma journée. Dans ce pays, il y a encore des personnes comme toi, qui peuvent partager de façon courtoise et intelligente le fruit d’une analyse concrète et objective.

Constant Sinzogan à Hadj Aémann Adjadi Ambekema: merci.

Zulkifl Adjao Alimi Sounkere à Hadj Aémann Adjadi Ambekema : si je peux le dire, il est parfait ce Mr.

Fatiou Ousman à Constant Sinzogan : … Le pourrisseur

Joseph Bidossessi : y est allé de son long, trop long, commentaire pour nous ramener dans le passé… C’est leur obsession

Rodrigue Vossanoude : La partie de son récit qui le compromet encore mieux, m’est avis, est « l’argent circulait…donc c’est de l’argent volé » il doit alors me dire que l’argent (400millions), que Ahouvoebla a reconnu avoir pris chez lui, est donc l’argent du contribuable qu’il a volé lui-même ! Ah ! L’inconsistance dans la mythomanie, se paie toujours par des glissades involontaires et incohérentes.

Sébastien Koudjo

Fatiou ousman,  vous perdez votre temps à ne pas reconnaître le positif qu’il y a dans les actions de la gouvernance talon. Du changement à la refondation rien n’avait bougé sur le plan du développement durable du bénin avec tous ces éléphants blancs honteux signe de gaspillage et de temps perdus. Même si le prix qui est payé maintenant est exorbitant à vos yeux, la façon de voir le bien public s’est améliorée et les poses de premières pierres pompeuses sont remplacées par la concrétisation des maquettes. Allez vous préparer pour prendre le pouvoir par les urnes, afin de mettre en œuvre votre projet de société sur lequel vous vous basez pour critiquer le pouvoir exécutif actuel. Vous avez acquis un mauvais héritage. C’est comme ça qu’ils étaient arrivés à la conférence nationale en maîtres connaisseurs de tout, dans l’intention de tout balayer par tous les moyens, ne sachant même pas la catastrophe qui allait se produire si le général démissionnait. C’est pour cette raison qu’il avait traité nos cadres d’intellectuels tarés. La bouche et surtout la bouche.

Bertrand Megbletho

Merci mon cher  Constant

Sébastien Koudjo /

Constant Sinzogan

Il faut faire comprendre à mon cher Fatiou Ousmane que l’âge et la santé obligent à agir autrement. Je suis immunisé contre tous ces langages de” dénigrement” . Je suis enseignant à la retraite et nous tous nous avions passé par les bancs. j’ai passé ma carrière à faire l’effort de lire et chercher à comprendre ce que l’apprenant écrivait avec cette écriture le plus souvent indésirable pour le redresser et l’aider à s’améliorer. Cet effort et cette pression quotidiens n’ont pas été sans impact sur la santé de mes yeux. Je remercie L’ÉTERNEL DIEU TOUT PUISSANT CRÉATEUR DE L’UNIVERS pour m’avoir permis d’accomplir mes devoirs prescrits dans mon cahier de charge. Je remercie aussi sincèrement mon cher Fatiou Ousmane qui, par son caractère, m’a permis de revivre cette expérience qui ne fait que ma fierté aujourd’hui. Il a bel et bien lu mon commentaire, c’est le contenu qui les a étouffés, lui et ses semblables

Constant Sinzogan à Sébastien Koudjo : j’ai compris et il n’est pas méchant en le disant, il l’a dit en rigolant mon cher ami que j’aime bien

Sébastien Koudjo à Constant Sinzogan : La rigolade a ses mesures et ses limites. Elle peut arriver vers la la fin des commentaires, mais elle ne doit pas constituer le débat. J’attends donc la réaction de mon cher fatiou ousmane.

  Fatiou Ousman à Sébastien Koudjo: Je vous ai relu avec plaisir en minuscules…Comme le dit

Constant Sinzogan : il n’y a ni dénigrement ni mépris dans mes mots… Je me réjouis que vous l’ayez compris. Je suis un brin taquin et pagailleur ce matin. Mettez-le sur le compte de ma jeunesse fougueuse.

Sébastien Koudjo à Fatiou Ousman : Mon humilité et ma sagesse ont déjà tout avalé. Il faut aller maintenant à l’essentiel de mes commentaires. Merci beaucoup pour la compréhension.

Seydou Worou à Sébastien Koudjo : Hier c’était la pose de premières pierres, aujourd’hui des dizaines de maquettes non concrétisées. Où se trouve la différence ? Nous sommes à moins de 6 mois de la fin du mandat de Talon. Où es le contournement nord de Cotonou ? Où est…

Fatiou Ousman à Seydou Worou : Voilà de vraies questions

Joseph Bidossessi à Seydou Worou : un éléphant blanc, c’est quand vous engloutissez la totalité ou plus des ressources prévues et qu’ au finish, nous n’obtenons pas l’ouvrage pour lequel l’argent public a été dépensé. Pour

Rodrigue Vossanoude : La partie de son récit qui le compromet encore mieux, m’est avis, est « l’argent circulait…donc c’est de l’argent volé » il doit alors me dire que l’argent (400millions), que Ahouavoebla a reconnu avoir pris chez lui, est donc l’argent du contribuable qu’il a volé lui-même ! Ah ! L’inconsistance dans la mythomanie, se paie toujours par des glissades involontaires et incohérentes.

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