23 septembre 2021
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AFRIQUE BENIN OPINION

Historiens du présent au passé/Vincent Foly, Norbert Zongo, Pius Njawé : un destin commun

L’un était fondateur et directeur de la publication de l’hebdomadaire “L’Indépendant” au Burkina Faso. Le second, Pius Njawé, était le patron du journal “le Messager” du Cameroun tandis que le troisième, Vincent Foly, a été promoteur de “La Nouvelle tribune”, un tabloïd bien connu au Bénin. Un destin commun lie les trois hommes. Journalistes et militants des droits de l’homme et de la liberté de la presse, ils mourront tous tragiquement, suscitant de vives émotions car, ayant marqué chacun, de façon indélébile, leur passage. Ils ont été de tous temps les poils à gratter des régimes politiques successifs dans leurs pays respectifs.  Curieusement, les trois hommes partagent également le chiffre 4 en commun. Tenez !  Norbert Zongo est né en 1949, soit 4 ans avant Vincent Foly qui est né en 1953. Quant à Pius Njawé, le plus jeune du trio, né en 1957, il avait 4 ans de moins que Vincent Foly. Trois hommes, un destin commun.

Depuis l’annonce du décès  de Vincent Foly , journaliste et promoteur du quotidien ‘‘La Nouvelle Tribune’’, un torrent de réactions déverse ses flots dans l’opinion d’ici et d ‘ailleurs. Preuve irréfutable que le disparu a marqué de façon indélébile son passage. Les qualités professionnelles et intrinsèques de l’homme nourrissent mille et un témoignages. La Dépêche rend hommage à cet intrépide  journaliste attaché à la justice et aux droits humains. Nous publions ici, quelques témoignages parmi les dizaines qui affluent de partout.  Thomas Boni Yayi, Constant Sinzogan, Joël Aïvo, Richard Boni Ouorou, Nicole Agonhessou, Deo Gratias Kindoho, Charles Migan, Simon-Narcisse Tomety, Arnaud Éric Aguénounon, Thierry Jossa Jouable, Florent Kouao-Zotti, Serge Jean-paul Prince Agbodjan, Juriste…

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Message de condoléances à la famille Vincent FOLY, à la République, au Management du journal «La Nouvelle tribune»

C’est avec beaucoup de peine et de consternation que je viens d’apprendre la douloureuse disparition de Monsieur Vincent Foly, Directeur de publication de la « Nouvelle Tribune ». Cette disparition est une grosse perte pour la République et le peuple béninois Monsieur FOLY s’est investi totalement avec courage et abnégation, dans la restauration et l’approfondissement de la Démocratie et de l’Etat de Droit de la personne humaine. Je profite de cette occasion pour présenter au nom de mon Epouse de Souza Chantal, mes condoléances les plus attristées à la famille FOLY, à la République et à tout le Personnel de la « Nouvelle Tribune ». Je souhaite de tout cœur que les chandelles de la liberté de presse et d’expression défendues par l’illustre disparu, icône du journalisme de qualité, soient entretenues pour le bonheur du peuple béninois. Puisse le Père céleste, le Grand Miséricordieux, accueillir Monsieur Vincent Foly dans sa félicité et sa lumière éternelle.

Président Thomas Boni YAYI

Constant Sinzogan

Et cette folie emporta foly…

Ceux qui voulaient qu’il la ferme en fermant son journal doivent désormais une fière chandelle à la Grande Faucheuse qui vient de la faire fermer à leur place indubitablement, hermétiquement de façon macabre et rédhibitoire. Vincent est mort et la pensée unique vit toujours, telle est la victoire de l’injustice sur la justice, du mal sur le bien, du vice sur la vertu, de la méchanceté sur la bonté.

L’hostilité que provoquait la fulgurance de ses écrits et l’affaissement du Bénin démocratique ne lui avaient pas fait courber l’échine, il était resté debout, debout dans ses bottes, debout dans son honneur. Il n’avait pas pris le déshonneur à son avantage pour rejoindre le camp malfaisant, il n’avait pas craché l’eau bénite pour aller embrasser à pleine bouche le diable. Il avait résisté à la monstruosité de la pensée unique.

L’orage qui a ravagé la presse béninoise dans sa déontologie, dans son impartialité et dans son professionnalisme ne l’avait pas emporté lui. Il eut fallu recourir à l’ignominie de l’arbitraire pour assécher l’encre de sa plume. Mais Vincent Foly n’avait pas pour autant baissé les bras, lesquels étaient restés bandés pour soutenir l’État de droit, la liberté et la démocratie malmenés, avilis, conspués et arrachés à leurs racines.

Vincent a beau résister à la furie Rupturienne, il n’a pas pu tenir tête au petit virus de la Covid 19. Il l’a fauché, l’arrachant à notre tendre affection d’admirateurs de sa plume simple et limpide d’une clarté de kaolin. Vincent était un charpentier de l’argumentaire, et quand il finissait de le construire on n’avait qu’à s’abriter là-dessous. Sa plume persuasive ne dérangera plus en haut, Foly est emporté par la folie dévastatrice de ce virus.

Vous qui êtes encore vivants, allez-vous faire vacciner, paix profonde et éternelle à son âme.

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FOLY  ÉTERNEL

Par Deo Gratias Kindoho

La démocratie pleure un brave combattant, la presse béninoise perd un de ses plus solides piliers. Vincent Foly nous a quittés hier, décédé des suites du Covid-19, lis-je ça et là. La triste nouvelle s’est aussitôt répandue comme une traînée de poudre. Il m’a pourtant fallu plusieurs heures pour y croire. Je commence juste à l’accepter.

Feu Foly était d’un immense soutien pour moi. Il était un homme humble et déterminé dont le journal La Nouvelle Tribune, important quotidien de la place, avait été arbitrairement fermé par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication sous le fallacieux prétexte d’offense au Chef de l’État. Il a payé un lourd tribut au virage dictatorial du régime dit de la rupture dont il a refusé d’être le griot et le pantin. La hauteur de sa plume et son credo professionnel l’ont prémuni de la gadoue. Puis il est resté digne, debout et s’est battu vaillamment – devant les tribunaux et en dehors – contre ses bourreaux jusqu’à ce que victoire s’ensuive. Après des années d’absence dans les kiosques, La Nouvelle Tribune devrait incessamment retrouver son rythme de parution sur papier. Présider, de son vivant, ce retour triomphal de sa gazette chez les distributeurs aurait été un majestueux bras d’honneur aux ennemis des libertés. Qu’ils se trompent s’ils pensent y avoir déjà échappé!

Les coups de fil de Vincent Foly et ses mots d’encouragement vont cruellement me manquer. Nous partagions les mêmes préoccupations pour le Bénin et pour la situation de la presse béninoise. Il a été très sensible aux oppressions que j’ai endurées à l’Ortb, surtout entre 2019 et 2020. “Jeune frère”, amait-il m’appeler. J’en souriais de bonheur. Moi, je lui servais du “Doyen”. Cela ne lui plaisait pas beaucoup. Il aurait, au pire, préféré que je lui envoie du “grand frère” si je ne pouvais l’appeler par son prénom. Il allait de soi que jamais, je ne me le permettrais. J’ai tant récidivé avec le “Doyen” qu’il a fini par s’y habituer.

Et dire que nous n’avions pas eu, une seule fois, l’occasion d’échanger face à face, de vive voix. Je le connaissais, pour peu que je pusse prétendre le connaître, C’est un des noms forts du journalisme au Bénin. En outre, je lisais beaucoup La Nouvelle Tribune. J’ai eu le privilège de publier une ou deux réflexions – contre la Cour constitutionnelle si j’ai  bonne mémoire – dans les colonnes du journal en 2015, profitant de ma proximité avec quelques-uns de ses jeunes collaborateurs de l’époque. Mon nom n’a pas dû lui dire grand-chose à ce moment-là. Quand on a de l’âge et du métier comme lui, on est difficilement impressionné. Moi je le suivais de près, encore plus quand La Nouvelle Tribune avait été interdite de parution. Imaginez donc mon agréable surprise lorsqu’un jour de mai 2019, je reçois un message via l’application WhatsApp signé Vincent Foly, qui me félicite pour un texte que je viens de publier sur Facebook et sur mon blog à propos de l’issue des Législatives organisées au Bénin vers la fin du mois précédent, avril. Je m’étais senti gonflé à bloc. C’est à partir de ce jour-là que nous sommes devenus proches. Plus tard, il a fait reprendre pour le compte du site internet de La Nouvelle Tribune, certaines de mes chroniques publiées sur mes pages web. Il se faisait systématiquement le devoir de m’en demander l’autorisation au préalable. Je lui répétais qu’il n’avait aucun besoin de ma permission. Nous nous appelions par moments. En réalité, c’était toujours lui qui sonnait en premier. Moi j’avais peur de le déranger. Il avait beau me mettre à l’aise, il m’inspirait un tel respect que j’en étais paralysé dans certains de mes élans envers lui. Je suis ainsi avec les aînés de la profession pour qui je voue un culte. Et Dieu sait qu’ils se comptent sur les doigts d’une main, à part ceux qui m’ont vu venir dans le journalisme et dont j’ai, de près, bénéficié du précieux encadrement, lors de mes premiers pas au sein de la profession.

Vincent Foly était pourtant un “doyen” si simple et si accessible. Nous prenions des nouvelles l’un de l’autre, commentions ensemble l’actualité au pays puis je lui promettais d’aller le voir lors de mon prochain séjour à Cotonou. Je n’ai jamais pu aller le voir et il ne m’en a jamais tenu rigueur.

Plus que son décès, la brutalité avec laquelle il m’a laissé tomber, me torture.

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Vincent Folly mort d’abord de persécution…

Par Charles Migan

Vincent Folly est mort d’abord de persécution; de cette méchanceté dont il a été la victime depuis quelques années. Mon frère et confrère a fini par être asphyxié par un acharnement cynique de ses bourreaux. Maintenant que vous l’avez tu par votre ignominie, pourriez-vous nous laisser lui rendre l’hommage dû à un homme de conviction? Un homme de principe et de droiture. Son silence vous interpellera; vous n’aurez plus jamais de répit. Il vient très bientôt, le temps où son âme vous pourchassera. Si vous trépassez avant que la faux de son fantôme ne vous  atteigne, il fauchera ceux qui viennent dans vos pas.

Repose en paix Vincent.

Mais ne les laisse pas en paix.

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Boni Richard Ouorou

J’ai pas de mots, malgré que moi-même je ne sois pas très en forme en ce moment.
Vincent on s’est engueulé il y a à peine une semaine

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Et si Vincent Folly n’avait pas existé?

Par Simon-Narcisse Tomety

Tombé au champ d’honneur, les armes aux pieds, la tête haute et la plume en main, et c’était le GRAND  VINCENT FOLLY, le digne fils de Grand-Popo qui est resté brave en respect de la patrie et d’un Bénin qu’il porte dans son coeur. Et je le sais !

Je porterai bientôt un témoignage sur mon frère et ami Vincent. Nos derniers échanges épistolaires remontaient au dimanche 08 août 2021.

Vincent Folly est un homme intellectuellement honnête et équilibré qui déteste la compromission dans un Bénin où l’hypocrisie est la règle d’or. Vincent est un homme de principe qui ne troque jamais le oui contre le non. Il a le sens de la pudeur et de la responsabilité historique.

Oui, je sais qu’il souffrait de vivre une presse béninoise de plus en plus traversée par le torrent de l’immoralité et assez tributaire de la corruption. Oui, je sais aussi qu’il n’admet pas que le journaliste devienne un mendiant des chapelles politiques.

Vincent souffrait de sa forte conscience professionnelle dans un corps de métier qui a perdu tout son prestige et devenu fragile et ridiculisé par les puissances  d’argent et une justice à double vitesse. Heureusement, Vincent Folly a un cœur solide sinon, il aurait craqué comme une vitre brisée depuis. Je le sais aussi!

Vincent Folly pouvait manger à la table de tous les régimes politiques de ce pays. Il est resté un professionnel digne et exigeant. Il a choisi d’être du côté de son peuple et non là où il va salir son NOM pour une posture éphémère et un revenu trompeusement stable de petit prince menteur et de verbiage.

Je suis si fier de VINCENT que je me dois de lui dire un grand merci pour mission accomplie. Mon cher Vincent Folly, tu fais notre grande fierté. Que tes enfants soient fiers d’avoir eu un Papa comme toi.

Simon-Narcisse Tomety

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Vincent Foly : Un homme, une histoire, un combat !

Arnaud Éric Aguénounon, Écrivain-Essayiste

Depuis l’année académique 1996-1997 au collège catholique père Aupiais, nous nous sommes croisés physiquement qu’une seule fois. C’était un soir où j’arrivais à Jéricho chez l’un de mes grands oncles pendant que lui partait de là. Je crois que cela se passait en 2012 ou en 2013, si mes souvenirs sont justes. Ce fut une rencontre à trois, devant le portail. Mon grand oncle me présenta comme jeune prêtre et écrivain, et Vincent Foly répliqua aussitôt : “qu’est-ce que tu attends pour m’envoyer tes textes”. Je lui ai rappelé son temps d’enseignement comme professeur d’Anglais au collège Aupiais, et il en était ému. Il me donna immédiatement son adresse mail et son numéro de téléphone.

Ces deux endroits à savoir le collège Aupiais puis ce domicile de Jéricho demeurent, jusqu’à sa mort subite, nos seuls lieux de rencontre. Je ne suis jamais allé chez lui, à la maison, ni à la rédaction de la Nouvelle Tribune -pauvre de moi, je remettais chaque à demain- mais pourtant il partageait avec moi presque tout du Journal, de sa vie professionnelle et personnelle. Quelle confiance, quelle fraternité, et quelle simplicité ! Au fil du temps, nous nous sommes attachés l’un à l’autre par le travail intellectuel. Nos échanges téléphoniques étaient quasi quotidiens et duraient suffisamment longtemps; les échanges de mails étaient réguliers. Il me considérait comme collègue, un collaborateur extérieur, un ami sincère et un homme de foi. Jamais, il ne m’a traité comme un fils; il me trouvait mûr et précoce. Il me disait souvent qu’il se demandait si je faisais réellement partie de la génération qu’il avait tenue au collège Aupiais.

Vincent Foly est un homme de qualités rares. Au-delà de ses défauts, nous en avons tous, il était un homme de compassion, de grande culture, de dialogue, d’ouverture aux plus petits, et d’espérance. Il n’avait pas peur de la souffrance, et il a beaucoup souffert, il prenait le risque d’aider les autres, de promouvoir les plumes. Ces textes à lui portaient une marque particulièrement engagée. Profondément attaché à la démocratie et à la liberté de presse, il a lutté jusqu’au bout du bout. Il était ouvert à mes critiques, à mes remarques, à mes colères, mais il avait la grande liberté de sa plume d’éditorialiste de renom.

Je ne dirai pas plus, je perds un aîné loyal, un ami sincère et un Directeur de publication remarquable.

Ces derniers jours, j’ai perdu tragiquement deux grandes figures de ma jeune vie, mon grand oncle maternel (le jeune frère direct à ma grande-mère maternelle) l’ambassadeur Antoine Lalèyè, un soutien majeur de ma vocation, et puis, maintenant, Vincent Foly, un aîné précieux de mon engagement d’écrivain. Je suis vraiment dévasté et meurtri par ces différents décès de prêtres, de parents et d’amis proches !

Je pense à sa famille, et à la Nouvelle Tribune !

Je prie pour le repos de son âme !

Arnaud Éric Aguénounon

Écrivain-Essayiste

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Adieu Vincent !…

Par Thierry Jossa Jouable

La presse écrite privée béninoise

T’y avoir croisé à jamais me marquera

Même si la mort en éternelle sournoise

Jamais aucune occasion ne ratera

Nous devons nous revoir me disais-tu

Pour parler de la pluie et du beau temps

Mais le destin définitivement têtu

En a malheureusement décidé autrement

Rentre dans la lumière éternelle

À ce parvis où nul ne sera absent

Notre dernière rencontre fut si belle

Va en paix mon cher, adieu Vincent !…

Thierry Jossa Jouable

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Nous continuerons le chemin

Par Claude Urbain Plagbéto

J’ai encore du mal à y croire. Vincent Foly n’est pas qu’un aîné. On s’admire beaucoup. Je peux l’avouer maintenant. Le plus respecté des patrons de presse du Bénin – en dépit de ses faiblesses – s’en est allé. Dors en paix, vaillant combattant, homme de conviction, épris d’équité et surtout de liberté.

Nous continuerons le chemin.

Merci pour tout.

Que Dieu t’accueille dans son Royaume !

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Vincent, le dernier combat!

Par Florent Kouao-Zotti

Il est des gens dont on ne sait jamais comment s’est opérée, avec eux, la connexion, comment s’est manifestée la proximité intellectuelle et affective avec eux. Mais toujours est-il qu’on a l’impression qu’on les a toujours connus, que la complicité s’est toujours établie avec eux; et cela, de la façon  la plus naturelle qui soit. Vincent Foly était de ceux-là. Je me rappelle seulement qu’un jour ayant créé son Journal, La Nouvelle Tribune, il m’avait demandé une collaboration, juste un texte pour alimenter sa rubrique “chronique”. J’y ai, dès lors, pris du goût, me risquant parfois à des reportages plus fouillés à Ouaga, à l’occasion du FESPACO ou à Abidjan, lors de l’assassinat du Général Guéï ou encore à Lomé, lorsque  la crise politique togolaise a jeté sur les routes de milliers de citoyens togolais. Car, à chaque fois que je m’étais retrouvé dans le feu ou l’entre-sac d’une crise, j’avais toujours eu comme réflexe de recueillir des éléments pour rédiger des articles de fond sur l’actualité et les faire publier dans ce quotidien.

Vincent Foly avait toujours eu une posture fondamentalement rebelle. On dit de lui qu’il fut “communiste”. Pour l’avoir connu, je savais qu’il avait un coeur qui penchait à gauche, à l’extrême gauche, qu’il avait tendance à défendre le petit peuple, à lui offrir son bras – que dis-je? – sa plume protectrice. Il avait en sainte horreur les puissants, riches et politiques, ayant tendance à abuser de leurs pouvoirs pour opprimer le peuple. Un choix courageusement assumé qui faisait de La Nouvelle tribune, un journal taxé de “journal de l’opposition”. Mais, lui, disait avec sa sérénité habituelle, qu’il luttait et lutterait toujours pour la pluralité de l’information. Il en a payé le prix fort.

Maintenant, cher Vincent, que tu as enjambé le pont vers les eaux calmes de l’éternité, dis-moi en quelles mains tu as laissé ce journal qui renaîtra bientôt de ses cendres? Dis-moi si un jour un autre organe de cette tenue pourrait jouer ce rôle de poil à gratter? À qui laisserais-tu ces débats passionnés que tu faisais sur les plateaux de chaînes de télévision? Où entendrons-nous ta voix caverneuse, tes sourires narquois, ton sens de la répartie? Le journalisme à l’ancienne que tu faisais avec une plume établie, la preuve par les faits, l’exigence des sources, le croisement des informations, ce journalisme a progressivement laissé place aux torchons faits de rumeurs, de recherche du sensationnel, de la quête du buzz et d’autres racontars imbéciles. Mais Vincent, tu as semé l’une des idées les plus géniales de la profession. Et tu en as laissé les traces indélébiles. Merci d’avoir été là. Merci d’avoir creusé le sillon. Comme on dit, si le bon grain fait toujours germer la bonne plante, il ne tient à la postérité que de l’arroser pour qu’elle produise le bon fruit.

Florent Kouao-Zotti

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Vincent Foly, compagnon d’aventure

Pa Frédéric Joël AÏVO

Le vendredi 03 septembre 2021, la voix de Vincent Foly s’est tue. Avec la disparition de Vincent, la démocratie béninoise a perdu un allié intrépide, et la liberté de presse, un de ses plus vaillants défenseurs.

L’emblématique patron de La Nouvelle Tribune restera un modèle pour moi. Un modèle de fidélité et de loyauté à ses convictions, un modèle de ténacité. Car malgré la tempête, Vincent n’a pas abandonné ses idées, il n’a pas traversé la voie et n’a, à aucun moment, trahi ses engagements. Au contraire, même privé de son journal et empêché de faire son métier, Vincent durcit le cuir et réussit à reprendre son journal. Il n’aura hélas pas l’occasion de le faire paraître à nouveau, mais le journal est, grâce à sa ténacité, désormais libre.

Vincent aimait passionnément le journalisme et, privilège rare, le journalisme l’aimait aussi.

Le 15 juillet dernier, Vincent Foly a tenu à être à mes côtés lors de ma première comparution devant la CRIET. Il était donc là. Entre deux suspensions d’audience, il était venu me glisser dans les oreilles des mots de réconfort, d’encouragement et d’assurance pour l’avenir. Je m’en souviendrai toujours.

Je salue la mémoire de l’ami et rends hommage au grand professionnel des médias dont le dévouement et l’esprit de sacrifice marqueront notre génération et celles à venir ».

Frédéric Joël AÏVO

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 Mon frère Vincent !

Par  Serge Jean-paul Prince Agbodjan, Juriste

Il y a moins d’un mois, plus précisément le vendredi 6 août 2021 dernier, tu t’exprimais dans un quotidien de la place « Je suis très heureux de ce dénouement, couronnement du combat que nous menons depuis trois ans. Je suis encore sous le coup de l’émotion. Je remercie tous ceux qui nous ont soutenus dans cette bataille ».

Au téléphone dans cette journée de la nouvelle venant de la HAAC, tu m’as dit toute ta joie et nous avons échangé sur comment tu penses relancer ce journal dont la version papier a manqué.

C’est dans cette attente de la sortie de ce journal que je viens d’apprendre que tu viens de partir de ce monde sans pouvoir nous donner ce premier numéro après ce long moment.

Je reprends « Les marchands de gloire de Marcel PAGNO » pour te dire que « La première qualité d’un héros, c’est d’être mort et enterré ».

Tu es pour moi un héros et je te remercie pour cette leçon de vie.

Je retiens avec toi que les difficultés matérielles, les problèmes de ce monde ne peuvent amener un homme à changer de conviction.

Mon frère Vincent ! Tu vas beaucoup nous manquer ».

De Serge Jean-paul Prince Agbodjan, Juriste

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