14 avril 2021
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BENIN

Jacques Ayadji:«La Conférence nationale a été un poison pour le Bénin»

Nos confrères de Golfe Tv ont reçu dans l’émission intitulée “MA PART DE VERITE”, en date du du dimanche 14 février 2021, Jacques Ayadji, de MOELE-Bénin. L’invité y avait abordé les questions cruciales de l’élection présidentielle de 2021 et l’épineux problème des parrainages… La rédaction du journal «La Dépêche» publie, après transcription, les points de vue de Jacques Ayadji sur un sujet d’actualité nationale. Il s’agit de la Conférence nationale des forces vives de la nation du 28 février 1990. Selon l’avis du responsable du parti politique MOELE-BENIN (également directeur des infrastructures), «La Conférence nationale a été un poison pour le Bénin»

Question du journaliste de Golfe Fm: Monsieur Jacques Ayadji, on parle de risques à aller à cette élection sans tenir compte de l’une ou des exigences de l’opposition, par exemple le dialogue pour asseoir les bases et pouvoir pacifier justement cette élection. Ou bien, à l’heure actuelle il n’y a pas d’inquiétude ?

Jacques Ayadji: En tout cas, moi je vous ai dit que je n’arrive pas à lire l’opposition. Si vous courez pour aller déposer des dossiers 19 sur 20, ne demandez pas un dialogue. Le dialogue est nécessaire. Vous savez que MOELE-BENIN est un adepte du dialogue. Mais je dis quand on veut consulter un oracle, on ne terrasse pas le “bokonon”. De la Conférence nationale, les acquis de la conférence nationale ceci, cela si on avait défié Kérékou en 1989, la conférence nationale n’aurait pas eu ce qu’elle a accouché, la conférence nationale n’avait pas été vraiment un poison pour ce pays. Ah oui ! oui ! Si vous le voulez, nous aurons un débat à ce sujet. Lorsque vous obtenez un bien mal acquis on ne sait pas utiliser

Jacques Ayadji:  : On a fait la conférence nationale, les gens n’étaient pas là, il y a des gens qui se battaient, le président kerekou était déjà tombé hein, ce n’est pas la conférence nationale qui a fait tomber le pouvoir, le régime du Prpb, c’est dans la capitulation que la conférence nationale a été convoquée.  Mais qui sont ceux qui sont venus ? Ce sont ceux qui ont fui, ceux qui n’ont pas participé réellement à la lutte. Ceux qui étaient, étaient venus pour écarter ceux qui ont souffert et par la suite ils ont été écartés et ils ont pris le pouvoir. Et ce pouvoir a instauré une redistribution inéquitable des richesses du pays. Ce n’est qu’une poignée de personnes au détriment de tout le peuple. Vous pensez que le peuple, le Béninois lambda a vraiment profité des acquis de la conférence nationale ?, Moi je ne comprends pas. Ceux qui pensent que la Conférence nationale fut  une bonne chose pour le pays, moi je ne saurai aimé que vous organisiez quelque chose comme débat pour que nous puissions nous exprimer réellement, parce que les gens parlent de démocratie, de liberté, d’Etat de droit, c’est vrai, c’est très bien mais il faut que ça concourt à l’idéal national. Est ce que nous nous sommes préoccupés de l’idéal national depuis 1990 ?

Jacques Ayadji:  La réponse est non, lorsque vous ne pouvez pas émerger au Bénin sur la base des idées et on parle de démocratie, l’état de droit, j’ai honte quand je suis certaines personnes dire ça. On en a fait quoi ? Qu’est ce que le peuple tient de cela ? Je ne dis pas qu’il ne faut pas faire l’apologie de la démocratie, de l’Etat des droits et des libertés il faut avoir le courage de faire un diagnostic et de savoir que cette démocratie, cette liberté et cet État de droit est malade. Et quand on est malade il faut avoir l’esprit de la prévoyance pour savoir qu’on est malade et qu’il faut aller se soigner. Nous avons besoin de ça. Nous avons besoin de soigner la démocratie, nous avons besoin de  soigner l’état de droit, nous avons besoin de soigner nos libertés. Aujourd’hui vous êtes en train d’animer un débat ici c’est ce qui est normal les dimanches à partir de 10h sur golfe télévision mais c’est parce que vous n’êtes pas malade. Mais le jour où vous serez malade et si votre maladie est d’une extrême gravité, vous risquez d’être hospitalisé. Je pense que notre démocratie notre liberté, notre État de droit est malade. Et sérieusement malade et a besoin d’être hospitalisé. Il faut avoir le courage de le dire. Si vous ne dites pas vous allez faire une rechute et puis les gens vont s’appauvrir. Aujourd’hui les gens veulent une certaine chose, vous avez des 5000 par ici, par là, vous avez soif mais vous n’avez pas d’eau. Pour vous le Marigot d’à côté, vous prenez l’eau vous buvez, vous allez à l’hôpital les  5000 F CFA ne vous suffisent pas pour vous soigner vous mourrez. Vous allez dans une localité, l’hôpital n’est pas à pied d’œuvre, on veut vous évacuer il n’y a pas de route pour vous évacuer.

Les concepts de la liberté, de la démocratie et de l’État de droit

Jacques Ayadji: Vous êtes dans la liberté, vous êtes dans la démocratie, vous êtes dans l’état de droit. On dit que dans ce pays vous n’êtes pas capable que les forces de défense et sécurité publique ne rançonnent pas sur les voies publiques parce que nous sommes en démocratie, dans la liberté, et dans l’État de droit. Aujourd’hui ils ne rançonnent plus.  Dans un milieu où on ne peut pas assainir le cadre de vie, on ne peut pas assainir les berges lagunaires, on ne peut pas on ne peut pas on ne peut pas. Nous sommes en démocratie,  nous sommes en liberté, nous sommes en État de droit, et les gens sont dans un environnement insalubre, vous n’avez pas de l’électricité pour satisfaire votre client, notre démocratie, notre État de droit et notre liberté sont malades. Parce qu’avec ça, les idées n’émergent pas dans notre pays. En 2015 Lors des élections législatives, il y a une dame qui s’est portée candidate pour les élections législatives dans la 15ème  circonscription électorale. Je ne vais pas citer son nom mais je vais citer. Là, j’avais des accointances avec d’autres mais j’ai dit :  celle là, voilà ceux qui ont déjà aidé dans ce pays à terrasser le Prpb.  C’est pas ceux qui sont restés quelque part. Ils sont venus prendre ceux pour quoi ils n’ont pas idée. J’ai dit ah ! celle-là mérite d’aller au parlement. J’ai pris sur moi d’aller à moov, d’aller à Mtn pour ouvrir des comptes dans lequels j’ai mis un peu d’argent, et j’ai appelé les Béninois pour qu’ils contribuent à soutenir cette dame-là pour qu’elle soit portée haut, en reconnaissance de ce qu’elle a eu à faire pour notre pays. Qu’elle ne fut pas ma surprise, non seulement les gens ne se sont pas bousculés pour donner quoi que ce soit, mais on a préféré Atao Hinnouho à Thérèse Waounwa.

Jacques Ayadji: Voilà ce que vous appelez démocratie. Un pays où on ignore la reconnaissance là, c’est un pays qui est voué à l’échec. Il faut la reconnaissance, lorsque Nelson Mandela s’est battu pour mettre fin à l’apartheid avec 26 ans de prison, juste à sa sortie de prison, le peuple sud africain lui a indiqué le fauteuil présidentiel. C’est ça la reconnaissance. Mais ici dans notre pays c’est l’argent. Quelque soit ce que tu as fais, si au moment où tu fais le choix de ne pas prendre de l’argent on te prend pas et c’est ce que les gens appelle Démocratie, état de droit. Le Bénin n’a jamais été un pays démocratique, jamais, la démocratie n’a pas besoin de ces pratiques là, c’est grave c’est très grave. Il faut pouvoir se regarder en face et se dire la vérité. Nous faisons au Bénin une démocratie de façade et qui est tellement allergique que même ceux qui sont responsabilité n’ont même pas intérêt à bien faire.

Jacques Ayadji:  Il suffit de quitter le pouvoir pour être porté en triomphe sinon je vois certaines personnes encore parler dans le pays, mais je me demande si nous sommes quand même Au Bénin ? Des gens qui tout leur mandat durant n’ont rien fait pour renforcer la démocratie et l’état de droit sont devenus subitement des grands démocrates. Si moi je suis président de la République et je fais peut être ce qu’on appelle les choses qui ne plaisent pas au peuple je n’ai aucun intérêt à changer.  Mais je sais que de toute façon il suffit de quitter le pouvoir pour que les gens me portent en triomphe.

Vous avez parlé d’un député qui aurait les mains liés à avoir accès à son formulaire de parrainage, je suis sur que si je vais sur les réseaux sociaux ce député serait en train d’être porté en triomphe.  Tous ces députés là sont traités par l’opposition de député de sang, de ci et de ça, mais je suis sur que si on va sur les réseaux sociaux, ce député serait porté en triomphe. ça veut dire qu’ils enseignent Aux autres. Il suffit que dans 5 ans, dans 10 ans ils changent un peu et qu’on les porte en triomphe. Ça veut dire l’impunité c’est dans le sang des Béninois. Moi j’ai pas l’impression que le Bénin soit depuis 1990 soit démocratique. On distribue les cartes d’électeurs le jour du scrutin, on prend l’hélicoptère on se balade, pour aller servir des bulletins de vote dans telle localité, on a réussi à faire une élection sans liste électorale. La cour constitutionnelle à l’époque a eu le courage d’écrire dans son arrêt le nombre d’électeurs relevés par la cour. Je n’ai jamais oublié ça. Ça veut dire que la cour constitutionnelle s’est transformé en agent recenseur les électeurs pour pouvoir valider quelque chose qui n’est pas juste. Et c’est ça que vous appelez démocratie ? Les choses changent. Le président n’a jamais dit qu’il a tout réussi. Et je l’ai suivi dans sa tournée de réédition de compte il a toujours dit que il y a espoir…

Interview: Golfe Tv / Transcription: Christ Paterne H.

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