14 avril 2021
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OPINION

Une chronique du journaliste Amègnihoué Houndji/Patrice Talon: un politique ou simplement en politique ?

Le journaliste Amègnihoué Houndji a posté sur sa page facebook, une de ces chroniques dont il a le secret. L’homme des médias, observateur très attentif de la vie sociopolitique et analyste bon teint revient ici sur l’ambivalence de l’homme politique. Il ne s’embarrasse guère de fioriture, encore moins de commodité de langage pour tracer ce qui s’apparente à une palette de couleurs, que dis-je, d’un nuancier pour révéler le “seuil chromatique” qui est ou doit être celui de Patrice Talon, un politique ou alors simplement se serait-il retrouvé…en politique. (Ndlr)

J’ose croire que la réponse à ma préoccupation ne saurait plus tarder. Si le chef de l’État sortant se décide (souverainement) à ne pas briguer le deuxième et ultime mandat constitutionnel, il aura tenu un pan de sa parole et j’en conclurai, sans sourciller, qu’il est tout, sauf un politique (africain). Il serait dans ce cas en politique sans être politique.

Je dis un pan de cette parole, parce qu’elle a évolué dans le temps après que les députés eurent rejeté le projet de constitution enrobant le mandat unique. Pour finir, le respect de cette parole est assorti de conditions dont certaines sont franchement subjectives et d’autres objectives, en apparence. Passe encore pour la disponibilité personnelle totalement subjective. Mais à quelle aune apprécie-t-on la satisfaction des populations, la réalisation du Pag ?

Déjà des lauriers pleuvent des institutions internationales. Croissance économique en hausse, intégration du club restreint des pays à revenu intermédiaire, etc. Rien que de bonnes nouvelles de l’extérieur. A l’intérieur, rien à signaler : de la ménagère, il ne reste que le panier. Ou presque. Dites que la croissance ne s’y reflète pas et il se trouvera un économiste pour rétorquer que de toute façon, on ne partage que la richesse. Pertinent, n’est-ce-pas ? Au plan des infrastructures, difficile de faire la politique de l’autruche. Ça crève l’œil. A moins d’étaler sa mauvaise foi. Le délestage, une fatalité pendant deux décennies, semble être vaincu. Des réformes au niveau de l’administration soulagent les usagers, sans faire étalage de ce que l’autre appelle “la quincaillerie”.

Alors, que Patrice Talon soit candidat, cela ne m’étonnerait pas. Au contraire, j’en conclurai qu’il n’est pas différent des politiques qui donnent leur parole pour ne pas la tenir. Un autre a promis qu’il deviendra pasteur, avec Barak Obama, parmi ses ouailles. Qu’en est-il ?

“Les Démocrates”, sonne-t-il comme le nom d’une église ?

Un peu plus loin dans l’espace et dans le temps, un autre avait donné sa parole d’officier général promettant de respecter les mandats constitutionnels. A la fin du deuxième et ultime mandat, il tourne casaque et improvise une transition de trois ans. Qui les Nigériens sont-ils pour qu’on ne puisse pas les diriger pendant 40 ans, se demandait Mamadou Tandja, faisant allusion au long règne du Libyen Khadafi. On connaît la suite. Plus proche encore, Alassane Dramane Ouattara.

Alors, les paroles d’un homme politique sont-elles différentes des promesses de campagne ? Bien malin qui pourra y répondre sans bégayer.

Mais surtout qu’on n’embouche pas ici la même trompette que l’Ivoirien. Ici, il y aura toujours un Béninois pour continuer l’oeuvre entamée, les jalons étant posés, les balises redressées. De toute façon, même après 10 ans, il y aura toujours un goût d’inachevé. Prétendre achever une œuvre perpétuelle le temps d’une vie humaine est une illusion, un leurre.

Amègnihoué Houndji

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