14 avril 2021
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BENIN

Veille citoyenne de la gouvernance Talon/Ces voix de la Diaspora

La crise politique qui secoue le Bénin depuis un bon moment préoccupe tous les amis de la démocratie et de la liberté. Cette crise qui dure et perdure inquiète tous les compatriotes épris de paix et de cohésion nationale. Que ceux-ci résident au pays ou à l’extérieur. Mieux, la contribution de la diaspora à la résolution de la crise parait si pertinente à travers plusieurs actions ou plusieurs réflexions parfois si lumineuses que si cette contribution était prise en compte par le pouvoir de la rupture, il y a certainement longtemps que le Bénin serait sorti de l’auberge, aussi critiques que soient ces voix.

Que faire pour que le Bénin retrouve son statut de pays de paix, de liberté et surtout de berceau de la   démocratie en Afrique ? C’est la grande interrogation à laquelle certains des nôtres cherchent la réponse. Hélas, sans y parvenir encore. Mais loin de se laisser aller au fatalisme que les Béninois espéraient pourtant avoir déjà vaincu au sortir de l’historique conférence nationale des forces vives de février 1990, des actions se multiplient de part et d’autre aux fins de ramener la cohésion dans le pays. En dehors des acteurs politiques restés au pays pour mener le combat pour la liberté et la démocratie, les compatriotes de la diaspora ne cessent de contribuer, à leur manière, à œuvrer en faveur d’un Bénin libéré. Et chacun y va, qui à travers des manifestations de colère sur les places publiques de leur pays d’accueil, qui à travers des réflexions percutantes de désapprobation du système en place, accusé d’être le seul responsable des déboires que connait ce pays depuis avril 2016, et surtout depuis mars 2019.

Des noms, des actes, des opinions…

Ils sont nombreux à tenter d’apporter leur pierre à l’édifice. Ils sont acteurs politiques, obligés de s’exiler pour continuer la lutte en faveur de la libération de leur pays. Ils sont hommes d’affaires, obligés de déposer leur valise ailleurs s’ils tiennent à sauver leur patrimoine économique. Ils sont des intellectuels, exerçant leur art dans un autre pays à effet d’assurer leur survie. Ils sont…Et autant qu’ils sont, ils restent toujours attachés à leur chère patrie commune, le Bénin. Les citer tous reviendrait à résoudre la quadrature du cercle. Seulement, il parait nécessaire de mentionner quelques-uns. Commençons par celui-là qui fut longtemps considéré dans son pays comme le premier contributeur fiscal, Sébastien Germain Ajavon. On tente encore d’identifier son remplaçant depuis qu’il est contraint à l’exil. Vainement.

Président d’honneur de l’USL, tout absent du territoire national, le président du patronat du Bénin ne rate aucune occasion pour rester en symbiose avec ses compatriotes restés au pays. Au demeurant, la Diaspora USL constitue l’une des plus actives de la diaspora. A sa suite, il convient de mentionner l’ex argentier national, Komi Koutché. Avec son statut d’expert financier international, l’enfant « chéri » de Bantè multiplie des causeries avec ses frères de la diaspora à travers des sorties médiatiques publiques au pays de l’oncle Sam. Ces orties médiatiques publiques visent surtout à aborder des questions sensibles de l’heure dans son pays d’origine. Dans cette lutte lointaine au nom de la restauration de la démocratie en danger, à leurs yeux, on se doit de nommer Valentin Djènontin. Premier secrétaire national du parti Force cauris pour un Bénin émergent-FCBE-l ‘ancien Garde des Sceaux de Boni Yayi ne manque de poster sur son site des réflexions pertinentes pour dénoncer la « ruse et la rage » du pouvoir en place dans son cher pays.  

Dans la série de ceux qui se servent de leur plume pour mener la lutte contre «  l’arbitraire » dans leur pays, on reconnait le politologue Richard  Boni Ouoro. Il serait fastidieux de chercher à évoquer les nombreuses opinions émises par l’expert politique sur tel ou tel autre sujet politique qui défraie l’actualité dans son pays. On fera juste allusion à celle relative à l’organisation du dialogue « national », et non « politique » organisé les 10, 11 et 12 octobre derniers. Le politologue énumérait cinq conditions pour la réussite des assises alors projetées. Il s’agit de « Faire voter une loi à l’Assemblée qui reconnaisse le dialogue et son cadre comme mécanisme de dégel de la crise. Ainsi, afin que les dispositions prises lors du dialogue puissent être codifiées et mises en application rapidement ; Identifier les thématiques qui seront soumises à la concertation ; Élaborer un cadre de dialogue et donner une orientation aux débats sur les différentes thématiques ;Signer un avant-projet de consensus sur les orientations, définir le profil du modérateur et sa commission ; mettre sur pied la commission de modération du cadre de dialogue et la  nomination ou désignation du ou des modérateurs ». Il est superflu d’observer que le politologue ne fut évidemment pas écouté. On connait la suite de ce fameux dialogue politique.  

On ne saurait ignorer Léonce Houngbadji, mué en écrivain, toujours pour la bonne cause, œuvrer à ramener la paix et la démocratie au Bénin. De même, ne peut-on se passer d’évoquer cet autre compatriote de la diaspora, lui aussi inquiet de la tournure que prend la gestion politique dans son pays. Il a nom Dine Adéchian. On se souvient encore, comme si c’était hier, de cette opinion intitulée « De la caporalisation des partis politiques ». On était à mille lieues de s’imaginer que seuls les partis politiques jumeaux du chef de l’Etat, l’Union progressiste-UP- et le Bloc Républicain-BR- seraient les seules formations politiques à être admises à prendre part aux dernières élections législatives. Dine Adéchian s’insurgeait contre la forte implication du chef de l’Exécutif dans la gestion des partis politiques. Le compatriote affirmait dans cette réflexion : «Quand on sait que le sésame pour lequel on fabrique des décisions qui n’ont de sens que dans l’entendement de ceux qui les ont prises est une pièce qui est inventée par la Cour Constitutionnelle qui s’est arrogée les prérogatives de l’Assemblée Nationale en légiférant en lieu et place de celle-ci pour changer les règles du jeu au cours du jeu au mépris des textes et protocoles, on est interloqués et meurtris. Meurtris pour ce Bénin qui n’a de cesse de descendre de son piédestal démocratique du fait d’un pouvoir qui a un rapport particulier à la loi et à la morale ».

Dans cette même dynamique, se positionne Constant Sinzogan. Dans une réflexion au titre évocateur de «Le Bénin dans un Tobogan», l’auteur avertit : « Nous avons une communauté de destin, nous avons un héritage commun à préserver pour nos enfants et eux pour les leurs, c’est ainsi qu’on bâtit une nation. Si nous ne défendons pas cet héritage nous engagerons le pays dans un cycle incertain qui va lui changer son destin, qui va lui donner un autre goût qui ne sera pas celui de la liberté et de la démocratie. Il arrive des moments de l’histoire d’un peuple où il se lève pour se défendre contre celui et ceux qui veulent lui voler son destin. Car notre destin c’est la démocratie pluraliste … ».

A cette liste non exhaustive des compatriotes de l’extérieur à se préoccuper du devenir de leur pays, on pourrait ajouter, pêle même, Salifou Hibrahim, Rogatien Frédéric Alapini, Tayéwo Kokodé, Alédjo Maora, Mikaïla Kassoumou, Nicole Agonhessou,  Vital Panou, Leady Soglo, Bertin Coovi Iroko, et ceux du CODER, à savoir, Charles Migan, Paytrick Mahamou, Fatiou Ousmane, Tayéwo Kokodé…Soyez toujours inspirés.

Manu Folashodé.

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