31 juillet 2021
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AFRIQUE BENIN OPINION

Visio Colloque International initié par l’AAND/Radioscopie de l’État de droit au Bénin

Ce mercredi 02 juin2021, s’est tenu un colloque international en webinaire sur lnEtat de droit  au Bénin. C’est une initiative de l’Alliance pour l’Aube Nouvelle et la Démocratie (AAND) . Basé sur le thème “Bénin : l’Etat de droit en péril”. Les experts internationaux et les journalistes Béninois ont tenté de répondre aux préoccupations relatives à l’état de droit et la démocratie au Bénin sous le président Patrice Talon. Quelques résolutions ont été prises à l’issue de cette réunion.

Les  Invités à ce colloque, Lodovic Hennebel, Professeur de droit, expert international et avocat spécialiste en droit international ; Hélène Tigrouda, Professeur de droit public, Experte du Comité des droits de l’homme des Nations Unies ; Bruno Fuchs, député française; Mario Stasi, avocat, président de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), Vincent Foly, journaliste, directeur de publication du journal La Nouvelle Tribune ; Paul Crescent Beninga, Docteur en science politique, Enseignant chercheur à l’l’université catholique d’Afrique centrale, porte-parole du groupe de travail de la Société civile (GTSC, République centrafricaine) ont tous répondu aux questions de l’animateur et modérateur, Francis Laloupo, journaliste Professeur de Géopolitique.

Les échanges ont essentiellement tourné autour de ce qu’ils qualifient de ”dérives autocratiques ,  d’exclusions des partis de l’opposition du jeu politique et électoral, de la privatisation des institutions et des secteurs clés de l’économie au profit du clan au pouvoir, des arrestations et détentions arbitraires et massives des opposants, terreur systémique. Les participants ont tous déploré ce qui se passe depuis 2016 au Bénin à l’avènement du régime de la Rupture. Selon Hélène Tigroudja, membre experte du comité des droits de l’homme des Nations-Unies:” Ce qui se passe depuis deux ans environ est tout-à-fait inattendu de la part du Bénin. C’est la première fois que nous assistons à des attaques en règle de la part non seulement du gouvernement, mais surtout (et c’est le plus inquiétant) de la part de la Cour Constitutionnelle”, a-t-elle indiqué.

En ce qui concerne les arrestations arbitraires, ils ont fait savoir que le cas de l’ancienne ministre Reckya Madougou et surtout celui du professeur Joël Aïvo  relève de l’acharnement politique. En tout cas c’est ce que pense Mario Pierre Stasi, l’un des avocats de Reckya Madougou :” L’arrestation de ma cliente était totalement illégale. Elle a été enlevée sans convocation alors qu’on n’était pas en présence d’un flagrant délit. On lui refuse de voir sa famille, ses avocats ont tous les problèmes du monde pour la voir, et elle est détenue dans des conditions abominables” a-t-il fustigé. Sur la même question, Me Ludovic Hennebel estime que l’arrestation de ces deux figures politiques du Bénin relève du parallélisme et déplore surtout leurs conditions d’incarcération :” Le parallélisme du dossier AÏVO avec celui de Mme MADOUGOU est évident. Toute la chaîne de violation des droits de l’homme est en branle : les conditions d’arrestation, le refus de notification des charges, leur caractère flou, les conditions inhumaines et dégradantes de détention, il ne manque que la sorcellerie pour que le tableau soit complet”, a déclaré l’expert avant de dire que” Le droit pénal est incompatible avec le flou comme on peut le voir dans le dossier Joël AÏVO”.

Sur tout un autre chapitre, les invités de Francis Laloupo ont décrié la manière dont le Bénin est géré par Patrice Talon. Le  silence des instances internationales, des organisations syndicales, de la société civile et bien d’autres voix qui naguère, étaient la voix des sans voix. Et pour Bruno Fuchs, député à l’Assemblée nationale française:” Le Bénin ne respecte aucun de ses engagements internationaux. La pression diplomatique de la France n’est pas assez forte parce que la France a changé sa position, sauf au Sahel où il y a le péril djihadiste. La France s’aligne généralement sur les positions de la CEDEAO et de l’UEMOA”, avoue le parlementaire français. Le journaliste béninois, Vincent Folly a également abondé dans le même sens en mettant l’accent sur le pouvoir de l’argent. Il estime que l’argent est toujours au centre de tout ce qui arrive au Bénin. Il en veut pour preuve les candidats qui étaient en face du président de la République lors de la dernière présidentielle. Pour lui, l’argent est intervenu et ces candidats ont été présélectionnés au détriment des vraies forces de l’opposition du pays. Vincent Folly pense également que le pays est réduit au silence du fait que le pouvoir a enclenché des arrestations dans le dessin d’intimider toutes personnes qui pourront critiquer le pouvoir. Que le pouvoir a peur d’être critiqué au sein du parlement, d’où un parlement monocolore. Ilya aussi que, selon le Directeur de Publication du journal La Nouvelle Tribune, l’homme précédemment homme d’affaires, maîtrisait tous les hommes politiques du Bénin, qu’il finançait tous les partis politiques, et les déstabilisait. Du coup, il est venu mettre en œuvre sa feuille de route qui n’était rien d’autre que de diriger comme il veut. Vincent Folly a indiqué que les populations ont massivement boycotté les élections et que le taux de participation annoncé par la Cena et la cour constitutionnelle était loin de la réalité. Pour lui, le taux de participation était en dessous de 20 pour cent.

Les experts ont signifié que la situation ne restera pas telle et qu’ils y travaillent pour que le blason du Bénin soit redoré. Que l’État de droit soit rétablit au Bénin, pour que les prisonniers politiques et les exilés politiques recouvrent leur liberté et reviennent au pays. Puisque selon eux, le pays n’a jamais enregistré autant d’exilés politiques dans son histoire.

Rappelons que ce colloque est l’initiative de l’AAND qui pense qu’une crise s’est installée au Bénin et déduit que son caractère exceptionnel réside dans le fait qu’elle émane d’une situation historique qui interpelle l’ensemble de la communauté africaine et les acteurs de la politique internationale.

Par Rollis Houessou / Source : courrier de la République

Encadre :

CE QU’ILS ONT DIT…

(Au Colloque International sur l’Etat de droit en péril au Bénin)

Hélène Tigroudja membre experte du comité des droits de l’homme des Nations-Unies. : <<Le danger qui guette le Bénin est que la léthargie dans laquelle s’installent les forces politiques et la société civile à cause de l’intimidation, deviennent quelque chose de structurelle. C’est à cette seule condition que le Bénin s’installera plus durablement dans un régime autoritaire>>

Me Ludovic Hennebel  prof de droit international, avocat de Joël AÏVO : <<Le parallélisme du dossier AÏVO avec celui de Mme MADOUGOU est évident. Toute la chaîne de violation des droits de l’homme est en branle : les conditions d’arrestation, le refus de notification des charges, leur caractère flou, les conditions inhumaines et dégradantes de détention, il ne manque que la sorcellerie pour que le tableau soit complet >>

Hélène Tigroudja, membre experte du comité des droits de l’homme des Nations-Unies :  << Ce qui se passe depuis deux ans environ est tout-à-fait inattendu de la part du Bénin. C’est la première fois que nous assistons à des attaques en règle de la part non seulement du gouvernement, mais surtout (et c’est le plus inquiétant) de la part de la Cour Constitutionnelle >>

Hélène Tigroudja membre experte du comité des droits de l’homme des Nations-Unies : <<Le danger qui guette le Bénin est que la léthargie dans laquelle s’installent les forces politiques et la société civile à cause de l’intimidation, deviennent quelque chose de structurelle. C’est à cette seule condition que le Bénin s’installera plus durablement dans un régime autoritaire>>

Me Mario-Pierre Stasi, avocat de Revkya Madougou : <<L’arrestation de ma cliente était totalement illégale. Elle a été enlevée sans convocation alors qu’on n’était pas en présence d’un flagrant délit. On lui refuse de voir sa famille, ses avocats ont tous les problemes du monde pour la voir, et elle est détenue dans des conditions abominables>>

Me Ludovic Hennebel prof de droit international, avocat de Joël AÏVO.: <<Le parallélisme du dossier AÏVO avec celui de Mme MADOUGOU est évident. Toute la chaîne de violation des droits de l’homme est en branle : les conditions d’arrestation, le refus de notification des charges, leur caractère flou, les conditions inhumaines et dégradantes de détention, il ne manque que la sorcellerie pour que le tableau soit complet >>

Bruno Fuchs député à l’Assemblée nationale française : <<Le Bénin ne respecte aucun de ses engagements internationaux. La pression diplomatique de la France n’est pas assez forte parce que la France a changé sa position, sauf au Sahel où il y a le péril djihadiste. La France s’aligne généralement sur les positions de la CEDEAO et de l’UEMOA.>>

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