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Sécurité/Le Bénin, face à l’hydre djihadiste

Les premières attaques terroristes ont eu lieu le 1er et le 2 décembre 2021 à Mékrou Yinyin et à Porga, des localités situées à proximité de la frontière avec le Burkina Faso. Ces attaques initiales annonçaient ainsi le début des incursions meurtrières des groupes djihadistes qui se feront de plus en plus fréquentes au Bénin, dans la région septentrionale. Etat des lieux, 3 ans après les premières incursions des terroristes en terres béninoises et la réplique des autorités, face à l’hydre djihadiste.

Le début des horreurs

Suite aux drames de Mékrou Yinyin et de Porga, d’autres attaques ont rapidement suivi, semant la terreur dans la région. Le 22 décembre 2021, le poste d’Arly a été le théâtre d’un combat acharné, résultant en la mort d’un militaire béninois et de deux blessés dans les rangs de l’armée, tandis que deux assaillants ont été tués au cours de l’incident. Cette confrontation souligne l’escalade de la violence dans la région frontalière.

La terreur continue

Le 6 janvier 2022, trois militaires ont été tués par l’explosion d’une mine au passage de leur véhicule dans le département de l’Atacora, à proximité du parc de Pendjari. Cette attaque souligne la menace persistante des engins explosifs improvisés (EEI) utilisés par les groupes terroristes.

Le bilan s’alourdit

Les attaques se sont intensifiées le 8 et le 10 février de la même année, avec trois attentats à la bombe perpétrés dans le parc national du W du Bénin, ciblant les gardes forestiers de l’African Parks Network (APN). Ces attaques ont eu des conséquences tragiques, faisant neuf morts, dont cinq forestiers, deux agents civils de l’APN, un membre des forces armées béninoises et un instructeur français, ancien militaire, ainsi que 12 blessés. Cette série d’attaques a mis en évidence la vulnérabilité des gardes forestiers qui travaillent pour la préservation de la faune et de la flore dans la région.

Une nouvelle attaque dévastatrice

Le 11 avril, une nouvelle attaque a frappé la région de Pendjari, avec l’utilisation d’un engin explosif improvisé (EEI) contre un convoi de ravitaillement, suivi d’une embuscade. Cette attaque a coûté la vie à cinq soldats des forces de défense nationale béninoises, soulignant une fois de plus la persistance de la menace terroriste dans la région.

Un bilan douloureux

Ce bilan douloureux comprend un éventail de victimes, parmi lesquelles des civils, des membres des forces militaires béninoises et des rangers en service dans la région, notamment dans le parc national. Les chiffres détaillés de ces pertes se répartissent comme suit : en 2019, deux décès ont été enregistrés, en 2020, la tragédie a touché vingt individus, en 2021, le nombre de morts a atteint quarante, suivi de trente-huit décès en 2022. Pour l’année en cours, jusqu’au 15 septembre, on déplore déjà vingt vies perdues dans ces attaques meurtrières.

Des statistiques sous-estimées

Il convient de noter que ces statistiques pourraient être largement sous-estimées, car de nombreuses attaques ne sont pas nécessairement signalées ou enregistrées par les autorités locales. Cette lacune dans la collecte de données crée une situation où l’ampleur réelle de la menace terroriste pourrait être bien plus grave que ce que les chiffres officiels laissent paraître.

La région frontalière, épicentre des attaques

Les attaques terroristes se concentrent principalement dans la zone frontalière du Bénin avec le Burkina Faso et le Niger. Cette région transfrontalière est devenue une zone de transit stratégique pour les groupes terroristes opérant dans ces pays voisins. Cette concentration d’activités terroristes a des répercussions considérables sur la sécurité et le développement du Nord du Bénin, en plus d’avoir un impact significatif sur l’économie nationale, notamment sur le secteur touristique. Conséquence, le parc national « W » est fermé depuis déjà quelques mois, ce qui a un impact majeur sur les acteurs impliqués dans la préservation de cette région.

Les autorités béninoises réagissent

Face à cette menace grandissante, les autorités béninoises ont pris des mesures pour lutter contre le terrorisme. Elles ont renforcé la sécurité dans les zones vulnérables et ont mené des opérations militaires ciblées pour démanteler les groupes terroristes actifs dans la région. Malgré ces efforts, la menace demeure élevée, et le Bénin est confronté à un défi de taille pour garantir la sécurité de ses citoyens dans cette partie du pays.

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Une coordination impérative

Face à cette escalade alarmante des attaques terroristes, une coordination plus solide entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger est devenue impérative pour contrer l’expansion des groupes terroristes qui opèrent dans cette région. La menace terroriste s’est répandue au fil des années, mettant en péril la sécurité et la stabilité de ces pays.

Le corridor de transit des terroristes

Les groupes terroristes, tels que ceux affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ont profité des zones frontalières poreuses entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger pour mener leurs opérations. Cette région est devenue un corridor de transit pour les combattants et les armes, alimentant ainsi la menace terroriste dans ces pays.

Un défi complexifié

La multiplication des attaques terroristes au Bénin, en particulier dans le Nord du pays, constitue un défi complexe et en constante évolution. Les autorités nationales et régionales sont confrontées à la nécessité de mettre en place des stratégies efficaces pour lutter contre cette menace qui pèse sur la sécurité des populations et le développement de la région.

Dans cette lutte, la coopération internationale et régionale demeure essentielle, et la pression persistante exercée sur les groupes terroristes est cruciale pour garantir la paix et la stabilité dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest.

De plus, il est à noter que le Niger a récemment dénoncé un accord de coopération militaire avec le Bénin. Cette décision découle du fait que le gouvernement de Cotonou s’est aligné sur les décisions de la CEDEAO, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, qui préconisent, entre autres, le rétablissement dans ses fonctions du président Bazoum, démocratiquement élu. Depuis cette prise de position, les relations entre Cotonou et Niamey se sont considérablement refroidies. Cette situation complexifie davantage la coordination régionale nécessaire pour contrer la menace terroriste grandissante dans la région.

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