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Dassa-Zoumé/Si la compagnie des sapeurs-pompiers était dotée de matériel…

L’accident mortel de la circulation survenu à la hauteur du village d’enfants SOS de Dassa-Zoumè le dimanche 29 janvier 2023 n’a évidemment pas fini de révéler ses dessous. Toutes les composantes de la société en sont affectées de différentes manières. Si la non observance des règles régissant le code de la route a été clairement mise en cause s’agissant du conducteur du bus de transport, d’autres éléments de dysfonctionnements flagrants ont cependant été passés sous silence par le gouvernement, en témoigne le contenu du compte rendu du conseil des ministres. Le cas de dénuement total en matériel d’intervention du Centre des sapeurs pompiers de Dassa-Zoumé, situé à quelques encablures du lieu de l’accident en est une illustration. Nos confrères de Crystal News rapportent…

Si, en réponse au drame survenu le dimanche 29 janvier 2023, des mesures structurelles variées et multidimensionnelles ont été annoncées, le gouvernement, dans son Compte rendu N° 03/2023/PR/SGG/CM/OJ/ORD du 1er Février 2023 n’a pas fait mention du cas de dénuement total en matériel d’intervention  du Centre des sapeurs pompiers de Dassa-Zoumé.

Ceci constitue évidemment un énorme dysfonctionnement qui trouve sa part de responsabilité dans la gestion de ce grave accident. Le plus important centre des sapeurs pompiers du département des Collines qu’est celui de Dassa-Zoumé, à quelques encablures du lieu du drame ne dispose pas de matériel d’intervention si ce n’est d’une motocyclette de marque Yamaha. Que pouvaient des soldats du feu, sans armes adéquates, que dis-je, sans armes du tout ? Lire le reportage de nos  confrères de Crystal News.

« Une moto de marque Yamaha. C’est tout le moyen roulant d’intervention dont dispose actuellement le centre des sapeurs pompiers de Dassa-Zoumè. Mis en cause par beaucoup dans le drame survenu le 29 janvier 2023 à Dassa, notamment pour son défaut de promptitude dans le secours aux victimes, Crystal News est allé s’enquérir des conditions de travail de ces soldats du feu et de l’eau.

Juste une moto

Les sapeurs pompiers de Dassa-Zoumè sont très mal lotis. C’est le moindre qu’on puisse dire. Ils ne possèdent pas de matériel de travail. Aucun véhicule d’intervention n’est fonctionnel. Que ce soit celui pour aller porter assistance aux accidentés sur la voie publique, ou la fourgonnette pour aller éteindre les incendies. C’est la citerne de ce dernier qui est percé depuis des mois. Du coup, il est immobilisé à côté du véhicule d’intervention sur les lieux d’accidents , lui aussi cloué au pilori car le moteur ne fonctionnant pas depuis des mois. C’est désormais seulement d’une moto de marque Yamaha dont disposent les sapeurs pompiers de ce centre pour toute intervention. Une dotation il y a un peu plus de 6 mois du ministère de l’intérieur. Et c’est d’ailleurs avec cette moto qu’ils se sont rendus sur les lieux du drame du 29 janvier avant de devoir appeler à la rescousse leurs collègues de Savalou face à l’ampleur du feu. Pourtant Dassa-Zoumè n’abrite pas juste un centre des sapeurs pompiers, en effet c’est la Compagnie Départementale des Sapeurs Pompiers des Collines. Autrement dit, c’est le plus grand centre des sapeurs pompiers du département des Collines dont dépendent les autres centres comme celui de Savalou. Normalement, c’est Dassa-Zoumè qui devrait aller à la rescousse des autres centres.

À qui la faute ?

Les conditions de travail des sapeurs pompiers de Dassa-Zoumè sont bel et bien connues des autorités. Tout au moins de leur hiérachie, du maire et du préfet du département des Collines. Avec ces dernières autorités, leurs responsables tiennent régulièrement des réunions statutaires où ils font part de leurs difficultés de travail. Sans solution. C’est maintenant après le drame qu’elles envoient des émissaires examiner les véhicules et faire des photos. Pourtant la base des sapeurs pompiers de Dassa-Zoumè est située juste en face de la mairie. Une maison sans éclairage qui la nuit végète dans l’obscurité au vu et au su de tous. Les nombreux plaidoyers pour y mettre quelques lampadaires solaires que la mairie déploie ailleurs n’ont rien donné. Ces conditions de travail sont connues de la plupart des habitants de Dassa-Zoumè. Réduits à des assistants de secours, ce sont ces populations qui apportent des seaux d’eau aux pompiers sur les lieux d’incendie. Ce sont elles qui aident à acheminer les accidentés à l’hôpital. Les pompiers prêtent mains fortes en donnant des consignes une fois venus avec leur moto. Ils font ce qu’ils peuvent avec les moyens dont ils disposent. Ou dont ils ne disposent pas pour être juste.

Dassa n’est pas une exception

Ces difficultés de travail dont sont l’objet les sapeurs pompiers de Dassa-Zoumè n’est malheureusement pas une exception. C’est aussi le cas de nombreux autres centres des sapeurs pompiers sur toute l’étendue du territoire national. Une situation qui devrait préoccuper les autorités les années à venir afin de sauver effectivement des vies comme le proclame la devise des sapeurs pompiers au Bénin, « sauver ou périr ».

Virgile AHOUANSÉ

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