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« Je ne suis pas venu au Brésil pour demander de l’aide »/L’appel à l’humilité et à la réalité de Richard B. Ouorou à Talon

Au cours de sa dernière visite au Brésil, le chef de l’Etat béninois a laissé entendre : «J’ai dit au président Lula, je ne suis pas venu au Brésil pour demander de l’aide». Propos relayés dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux le 26 mai 2024 Pour le chef de l’État béninois, il n’est plus question que le Bénin tende la main au pays occidentaux. Cette déclaration fracassante de Talon a bien évidemment, suscité des réactions et des analyses, de part et d’autres. Le politologue et leader du mouvement des terrien,ne,s libéraux, Richard Boni Ouorou en adresse une missive au Président Talon.

NDLR/Richard Boni Ouorou, dans son texte au Président Patrice Talon, aborde de manière critique et nuancée la déclaration du chef de l’État béninois concernant le refus de demander de l’aide internationale. Il fait ressortir plusieurs points essentiels qui méritent une analyse approfondie. L’auteur invite le Chef de l’Etat à la reconnaissance des besoins réels du Bénin, en dehors de toute comparaison avec la situation personnelle de Talon, qu’il exhorte à l’humilité et à la réalité. L’auteur prône une collaboration internationale et avec des politiques efficaces, le tout adossé à une vision à long terme. Lire l’analyse de la rédaction de la dépêche.info suivie du texte de Richard Boni Ouorou  

1. Reconnaissance des besoins réels du Bénin

Ouorou met en avant le fait que le Bénin, comme beaucoup d’autres pays africains, continue de faire face à des défis économiques et sociaux majeurs. Il souligne que des problèmes tels qu’une économie instable, une main-d’œuvre précarisée et mal formée, des institutions faibles, et un taux de chômage élevé nécessitent encore une aide externe. Cette analyse rappelle que, malgré les ambitions d’indépendance économique, les réalités du terrain imposent parfois de solliciter une aide pour progresser vers des conditions de vie meilleures.

2. Critique de la comparaison avec la situation personnelle de Talon

Ouorou critique implicitement Talon pour aligner la situation de tout un pays sur sa propre position de président millionnaire. Il met en avant l’exemple de la « tante mentionnée », qui illustre la réalité difficile de nombreux citoyens béninois. Cette opposition entre la réalité quotidienne des citoyens et la perspective présidentielle souligne un décalage entre les aspirations politiques et les conditions socio-économiques réelles du pays.

3. L’Appel à l’humilité et à la réalité

Il est louable que Ouorou appelle à l’humilité et à la reconnaissance des défis auxquels le Bénin est confronté. La volonté d’afficher un orgueil africain et une indépendance économique est une ambition noble, mais elle doit être tempérée par une évaluation réaliste des besoins actuels. Cette partie de l’analyse souligne l’importance de ne pas négliger l’aide internationale qui peut jouer un rôle crucial dans le développement du pays.

4. Collaboration internationale et politiques efficaces

Ouorou propose que le chemin vers l’autosuffisance et la prospérité passe par une collaboration avec la communauté internationale, combinée à des politiques gouvernementales efficaces. Cette double approche reflète une vision pragmatique où l’aide extérieure et les efforts internes sont complémentaires et nécessaires pour atteindre les objectifs de développement.

5. Vision à long terme

Il rappelle également que le développement du Bénin n’est pas une tâche qui incombe uniquement à Talon, mais aussi à ses prédécesseurs et successeurs. Cette vision à long terme souligne l’importance de la continuité et de la coopération à travers différentes administrations pour réaliser des progrès durables.

Le texte de Richard Boni Ouorou est une interpellation réfléchie qui invite le Président Patrice Talon à considérer les besoins immédiats du Bénin tout en poursuivant des ambitions à long terme pour l’indépendance économique. Il appelle à une approche équilibrée qui reconnaît les réalités socio-économiques du pays et la nécessité d’une aide extérieure pour bâtir un avenir meilleur pour tous les citoyens béninois. Cette perspective offre un cadre constructif pour analyser et comprendre les enjeux du développement en Afrique dans un contexte de mondialisation et d’interdépendance.

L’intégralité du texte de Richard Boni Ouorou

À mon président. 

Cher Président, il est indéniable que le Bénin et de nombreux pays africains ont encore besoin d’aide, et ce, pour des raisons bien fondées. Prêter de l’argent à un pays comme le nôtre peut être considéré comme une forme d’aide, étant donné les défis économiques et sociaux auxquels nous faisons face. Une économie instable, une main d’œuvre précaire et mal formée, des institutions faibles, un taux de chômage peu enviable, un état interventionniste au risque de faire fuir l’investissement privé local …

Richard Boni Ouorou, leader des terrien,ne,s libéraux

Les réalités de nos concitoyens, comme celle de la tante mentionnée, qui se retrouvent à labourer la terre avec des outils rudimentaires pour subvenir à leurs besoins, illustrent clairement que l’aide est nécessaire. Aligner les conditions de tout un pays sur sa propre situation de président millionnaire ne reflète pas la réalité vécue par la majorité de nos citoyens.

Il est louable de vouloir afficher un orgueil africain et une volonté d’indépendance, mais il est également essentiel de reconnaître les défis auxquels notre pays est confronté. Nous devons travailler ensemble, avec l’aide de la communauté internationale et grâce à des politiques gouvernementales efficaces, pour améliorer les conditions de vie de nos concitoyens.

Le chemin vers l’autosuffisance et la prospérité viendra grâce à un effort continu, non seulement de votre part en tant que président, mais aussi de vos prédécesseurs et de vos successeurs. Il est important de rester humble et réaliste quant aux besoins de notre nation et de saisir toutes les opportunités d’aide et de coopération qui peuvent nous permettre de progresser vers un avenir meilleur pour tous les Béninois.

Prenez soin de vous président et vous tous terrien,ne,s libéraux.  Richard Boni Ouorou

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