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Libre opinion : Sosthène Tochéhou ADEOSSI analyse la tragédie des migrants Béninois en Tunisie

Sosthène Tochéhou ADEOSSI revient ici sur la tragédie des migrants Béninois en Tunisie et aborde le problème tragique et complexe de l’immigration clandestine des africains, en particulier des béninois, qui tentent de rejoindre l’Europe en traversant la Méditerranée. Cette analyse couvre divers aspects de la crise, L’auteur y rappelle quelques causes profondes de l’émigration et parle des dangers du voyage. Sosthène Tochéhou ADEOSSI dénonce surtout l’indifférence des gouvernements africains, passe en revue les réponses internationales, tout en énumérant les bons et mauvais points et débouche sur la nécessité de solutions holistiques. (Sosthène Tochehou ADEOSSI, un enseignant, essayiste, bénino-canadien, résidant en Ontario au Canada).

Sosthène Tochéhou ADEOSSI identifie plusieurs raisons pour lesquelles de nombreux Africains, y compris les Béninois, entreprennent ces voyages périlleux. Il mentionne la pauvreté, le manque d’opportunités économiques, les conflits, la mauvaise gouvernance politique, et les changements climatiques. Ces facteurs sont bien documentés et montrent la multidimensionnalité de la crise migratoire. L’auteur souligne à juste titre que la quête d’une vie meilleure en Europe pousse ces migrants à risquer leur vie, illustrant une forme de désespoir et de manque d’options viables dans leurs pays d’origine.

Les dangers auxquels sont confrontés les migrants sont également mis en avant, notamment le trafic humain, les conditions de voyage dangereuses, et les violations des droits humains. ADEOSSI met en lumière la vulnérabilité extrême de ces migrants qui tombent souvent entre les mains de trafiquants sans scrupules et doivent affronter des conditions de voyage précaires et inhumaines. Cette partie de l’analyse est cruciale pour comprendre les risques énormes que les migrants prennent, souvent sans réelle conscience des périls qu’ils vont affronter.

L’attitude des gouvernements des pays d’origine est sévèrement critiquée. ADEOSSI parle de manque de protection et de soutien, de corruption, et de complicité avec les trafiquants. Il accuse les autorités de négliger les problèmes économiques, sociaux et politiques qui poussent les gens à partir. Cette critique est acerbe mais reflète une réalité souvent dénoncée par les ONG et les experts en migration. La mention de l’indifférence des organisations régionales et de l’Union Africaine est particulièrement poignante, car elle souligne un manque de solidarité et d’action coordonnée au sein du continent.

ADEOSSI reconnaît les efforts de la communauté internationale, notamment les opérations de sauvetage en mer menées par des ONG et certaines agences gouvernementales. Cependant, il critique également les politiques de dissuasion mises en place par l’Europe, telles que les accords avec des pays de transit comme la Libye, qui sont souvent accusés d’aggraver les conditions des migrants. L’exemple de l’ONG DIASPORA ASSISTANCE montre que des efforts existent mais sont souvent ignorés par les autorités béninoises, soulignant un manque de volonté politique pour aborder le problème de manière proactive.

Enfin, ADEOSSI propose des solutions holistiques pour aborder cette crise. Il suggère le renforcement des économies locales, la stabilisation politique et sécuritaire, et la création de voies migratoires légales et sûres. Ces recommandations sont pragmatiques et reflètent une compréhension approfondie des dynamiques migratoires. L’auteur appelle à une approche globale impliquant des efforts de développement durable et des politiques migratoires humaines, soulignant que seule une action concertée et intégrée peut espérer atténuer cette crise.

On peut retenir de l’analyse de Sosthène Tochéhou ADEOSSI qu’elle est à la fois perspicace et poignante. Elle met en lumière les multiples dimensions de la crise migratoire et appelle à une action urgente et concertée. La critique du gouvernement béninois et des institutions africaines est sévère mais justifiée par le manque apparent de réponse adéquate à cette crise humanitaire. En fin de compte, l’appel à cesser l’hypocrisie et à tirer les conséquences de ces drames récurrents est un cri du cœur pour une prise de conscience collective et une mobilisation efficace pour sauver des vies et offrir des perspectives d’avenir aux Africains dans leurs propres pays.

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Une analyse de Sosthène Tochéhou ADEOSSI face au deuil des Béninois en Tunisie lors de l’immigration clandestine.

La tragédie des immigrants africains qui périssent en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe est un problème complexe et déchirant. J’ai a appris avec consternation dans la semaine de 15 mai 2024 le drame survenu en Tunisie de nos compatriotes béninois et d’autres Africains au cours d’un voyage clandestin de la méditerranée. Je présente d’abord mes sincères condoléances aux familles et proches des victimes de ce drame de trop ayant occasionné plusieurs décès africains et aussi de Béninois reconnus par les Autorités de notre pays.

Je trouve malheureusement, irresponsable, ridicule et hypocrites la réaction du Gouvernement de Talon dont les priorités n’ont jamais été sérieusement l’intérêt général et le bien-être des Béninois. Cette situation met en lumière des défis humanitaires, économiques et politiques profonds. Voici mon analyse des divers aspects de cette crise.

1. Les causes profondes de l’émigration

Les raisons pour lesquelles de nombreux Africains, surtout nos compatriotes depuis quelques années entreprennent cepérilleux voyage incluent :

Pauvreté et manque d’opportunités économiques : Dans plusieurs pays africains, les perspectives d’emploi et de développement économique sont extrêmement limitées.

Conflits et mal gouvernance politique :la violence, l’injustice et la situation politique, des arrestations arbitraires forcent de nombreuxBéninois à fuir de plus en plus le pays au péril de leur vie.

Changements climatiques: La désertification, les sécheresses et d’autres effets du changement climatique rendent certaines régions inhabitables et impraticables pour l’agriculture.

Rêve d’une vie meilleure en Europe : La perception d’une vie meilleure et plus sûre en Europe pousse de nombreux Africains à tenter leur chance, souvent en dépit des risques.

2. Les dangers du voyage

Les migrants qui traversent la Méditerranée sont confrontés à de nombreux dangers.

Trafic humain : De nombreux migrants tombent entre les mains de trafiquants qui les exploitent.

Conditions de voyage dangereuses : Les bateaux utilisés sont souvent surchargés et non adaptés à la haute mer, augmentant les risques de naufrage.

Violations des droits humains: En route, les migrants peuvent subir des abus, des violences, et des conditions de détention inhumaines.

3. L’indifférence des gouvernements africains

L’attitude des gouvernements des pays d’origine des migrants est souvent perçue comme indifférente, voire complice :

Manque de protection et de soutien : Les migrants ne reçoivent souvent aucun soutien de leur gouvernement, même après leur retour (pour ceux qui survivent). Je note depuis des années cette crise qui engendre des drames humains et qui faitrégulièrement la Une des journaux laisse indifférente nos organisations régionales et l’Union Africaine. Alors que de l’autre côté de la Méditerranée, L’Union Européenne se bat comme un diable pour stopper ces immigrants non désirés.

Corruption et complicité : Il y a des accusations de corruption et de complicité entre certains officiels et les réseaux de trafiquants.

Manque de volonté politique : La résolution des problèmes économiques, sociaux et politiques qui poussent les gens à partir est souvent négligée.

4. Les réponses internationales

Les réponses de la communauté internationale et de l’Europe varient, mais incluent généralement :

Opérations de sauvetage en mer : Diverses ONG et certaines agences gouvernementales mènent des opérations de sauvetage pour prévenir les noyades.

Le cas par exemple du bureau de l’ONG DIASPORA ASSISTACE depuis plus de 8 ans au Bénin de notre compatriote Médard KOUDÉBI qui présente des rapports et faire des recommandations aux Autorités Béninoises qui restent sans suite après chaque mission humanitaire dans les pays de Golf et du Maghreb. Cette ONG alerte l’opinion publique nationale et internationale, selon elle : « du départ massif de 2500 béninois du territoire par mois, qu’ont-ils fait concrètement » dans son communiqué du 21 mai 2024. 

Politiques de dissuasion : L’Europe a mis en place des politiques pour dissuader les migrants, y compris des accords avec des pays de transit comme la Libye pour contrôler les flux migratoires.

5. La nécessité de solutions holistiques

Pour aborder ce problème, des solutions intégrées et holistiques sont nécessaires :

Renforcement des économies locales : Créer des opportunités économiques et des emplois dans les pays d’origine pour réduire le besoin d’émigrer.

Stabilisation politique et sécurité : Travailler à la résolution des conflits et à l’établissement de gouvernements stables et responsables.

Voies migratoires légales et sûres : Offrir des alternatives légales à l’immigration clandestine pour ceux qui cherchent désespérément une vie meilleure.

La crise des migrants africains traversant la Méditerranée est une crise humanitaire qui appelle une action concertée et urgente à la fois des gouvernements africains et de la communauté internationale. Seule une approche globale, impliquant des efforts de développement durable, des politiques migratoires humaines et une stabilisation politique, pourra espérer atténuer ce problème dévastateur.

Il est temps d’arrêter l’hypocrisie et de tirer les conséquences de ce drame qui interpelle chacun de nous en particulier nous Africains et nos gouvernants.

Une analyse de Sosthène Tochehou ADEOSSI, un enseignant, essayiste, bénino-canadien, résidant en Ontario au Canada.

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