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Bénin-Révision de la Constitution/Dr Fidèle Sonon : «Je ne suis pas un idiot»

La polémique suscitée par les déclarations du Président de l’Assemblée nationale du Bénin, relativement au concept d’«Assemblée Constituante» n’en finit pas de faire des vagues. Cette controverse s’intensifie avec la déclaration du porte-parole du Président, ajoutant de l’huile sur le feu. Léon Basile Ahossi, deuxième vice-président de l’Assemblée nationale critique les explications fournies par le porte-parole du Président Vlavonou, estimant qu’elles ne sont pas convaincantes. Et d’ajouter : «Les explications du porte parole de Louis Vlavonou ne tiennent pas la route ». En effet, la réaction du porte-parole du PAN a suscité des réflexions critiques de la part d’analystes avertis, dont Dr Fidèle Sonon, Consultant en Management des Organisations.

Dans une chronique, Dr Fidèle Sonon exprime sa désapprobation, en soulignant que reconnaître une maladresse aurait été plus compréhensible de la part du Président de l’Assemblée Nationale, mais prétendre qu’il s’agit simplement d’une digression semble sous-estimer la capacité de discernement du public. Il met en avant son refus d’être considéré comme un individu dénué de discernement en déclarant : «Je ne suis pas un idiot».

 «Je ne suis pas un idiot»

Si le président de l’Assemblée Nationale souhaite reconnaître une maladresse, cela serait davantage compréhensible. Mais prétendre qu’il s’agit simplement d’une digression revient à nous prendre pour des individus dénués de discernement.

Vous évoquez la constitution en digression, en employant des termes graves tels que « Assemblée Constituante » et «toucher aux fondamentaux». Nous ne sommes pas tous amnésiques. Nous n’avons pas oublié que la constitutionalisation de la discrimination positive envers les femmes, de la Cour des Comptes, etc., constituaient les arguments principaux avancés pour FORCER la première révision constitutionnelle à travers un prétendu « dialogue national » qu’on a dit être « représentatif de l’ensemble de la classe politique ». Il est important de rappeler que, qu’à l’exception des initiateurs, la communauté nationale et internationale avaient unanimement dénoncé le caractère non inclusif de ce «dialogue nationale», suscitant même une réaction symbolique de l’opposition sous la forme d’un contre-dialogue national symbolique.

Il vous souviendra surtout qu’à la fin, le résultat a été la naissance d’un texte de révision constitutionnelle « monstrueux » comportant des points non consensuels, voire des éléments qui n’avaient jamais été discutés lors de ce prétendu « dialogue national. Parmi ces points figurent notamment :

-la création du poste de Vice-Président, exposant ainsi notre pays au risque de se retrouver dirigé par un Président et un Vice-Président jamais élus,

-le renforcement des pouvoirs du Chef de l’Exécutif, lui permettant de signer des conventions de financement sans l’accord préalable du parlement, ainsi que la possibilité pour lui de nommer le Président et tous les Présidents de Chambre de la Cour des Comptes.

Lorsqu’on a pu faire ça et qu’on revient ensuite évoquer la même constitution lors d’une réunion des présidents d’institutions assimilée à une « Assemblée Constituante », tout en parlant de « toucher aux fondamentaux de la constitution », permettez-moi d’exprimer mes doutes quant à la simple nature d’une digression dans ce contexte.

Quand monsieur Maurice Kouandété a évoqué un coup d’État lors de la Conférence Nationale et que tout le monde riait, l’ex-Président Hubert Maga a rapidement réagi, à juste titre, en soulignant la nécessité de le prendre très au sérieux en tant que spécialiste des coups d’État. Certains sujets ne sauraient être traités avec légèreté. Imaginez la réaction du président de la République si le chef d’État-Major Général Adjoint des Armées évoque la possibilité d’un coup d’État lors d’une réunion de concertation de toutes les composantes de l’armée, en assimilant, dans une digression, cette assemblée à une « Force Suprême ».

Lorsqu’on avance en roue libre dans la mauvaise gouvernance, on finit par croire, même de bonne foi, que l’on gouverne des idiots.

Je ne suis pas un idiot.

Fidèle SONON

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