Le communiqué de la famille de Candide A.M. Azannaï dépasse le cadre d’un simple contentieux judiciaire. Il s’inscrit dans un climat politique marqué par les alertes du National Democratic Institute sur le rétrécissement de l’espace civique au Bénin. Détention prolongée sans charges notifiées, absence de comparution et suivi médical incertain : si les faits sont avérés, ils interrogent la solidité des garanties constitutionnelles et la crédibilité de l’État de droit.
Le communiqué publié par la famille de Candide A.M. Azannaï ne peut être lu comme un simple différend judiciaire. Il intervient dans un contexte politique où les signaux d’alerte sur l’état des libertés publiques se multiplient.
Selon ses proches, l’ancien responsable politique serait détenu depuis près de trois mois sans notification formelle des charges, sans comparution devant un juge et sans accès régulier à un suivi médical adapté à son âge. Si ces allégations sont confirmées, elles constitueraient des violations graves des garanties constitutionnelles et des engagements internationaux du Bénin, notamment au regard de la présomption d’innocence et du droit à un procès équitable.
Ce cas prend une résonance particulière à la lumière du dernier rapport préélectoral du National Democratic Institute (NDI), publié le 20 février 2026. La mission y évoquait explicitement un « rétrécissement de l’espace civique », des inquiétudes concernant les libertés d’expression et d’association, ainsi qu’une compétition électorale « limitée ». Elle insistait sur la nécessité d’ouvrir le dialogue politique et de restaurer la confiance dans les institutions.
Depuis 2017, plusieurs organisations nationales et internationales ont documenté des arrestations jugées arbitraires, des détentions prolongées et des procédures judiciaires perçues comme opaques, notamment devant des juridictions spécialisées. Le débat ne porte pas uniquement sur la légalité formelle des procédures, mais sur leur perception d’impartialité et d’équité.
Le paradoxe béninois est désormais visible : un État salué pour ses performances macroéconomiques et sa stabilité institutionnelle, mais régulièrement interpellé sur la contraction progressive des libertés publiques.
La justice ne peut être crédible que si elle est non seulement indépendante, mais perçue comme telle. Or le silence institutionnel face à des demandes d’éclaircissement nourrit la suspicion. Au-delà d’un cas individuel, c’est la confiance dans l’État de droit qui est en jeu.
@t@viDjo
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COMMUNIQUÉ – APPEL URGENT POUR LE RESPECT DES DROITS FONDAMENTAUX AU BÉNIN
POUR UN LARGE PARTAGE !
Je m’exprime aujourd’hui au nom de la famille et en tant que fils d’un détenu arbitrairement privé de liberté, afin d’alerter l’opinion nationale et internationale sur une situation grave de violation des droits humains en République du Bénin.
Depuis bientôt trois (03) mois, NOTRE PÈRE , âgé de 67 ans, est détenu dans des conditions inhumaines et dégradantes, contraires aux normes nationales et internationales relatives au traitement des personnes privées de liberté. Il est détenu , sans accès à une cellule réglementaire, contraint à des conditions dégradante , privé de conditions minimales d’hygiène, de repos et de dignité.
Malgré son âge avancé et un état de santé fragile nécessitant un suivi médical régulier, l’accès à son médecin ne lui a pas été accordé , en dépit d’une demande formelle adressée au Procureur Spécial, restée sans réponse à ce jour.
À ce jour :
– Aucune accusation claire ne lui a été notifiée ;
– Aucune preuve ne lui a été présentée ;
– Aucune comparution devant un juge n’a eu lieu ;
– Aucune date de procès n’a été communiquée.
Nous ne demandons ni privilège, ni faveur. Nous demandons simplement que le droit soit respecté.
Car jusqu’à preuve du contraire, NOTRE PÈRE bénéficie de la présomption d’innocence.
Ces faits constituent une violation manifeste de la présomption d’innocence, principe fondamental garanti par la Constitution béninoise, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ( CADHP ) , ainsi que par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP).
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de restriction des libertés publiques et de répression des voix dissidentes au Bénin.
Tout porte à croire que cet enlèvement crapuleux et cette détention assimilable à une prise d’otage ont pour objectif de briser, d’éliminer moralement, voire physiquement, un homme dont le seul tort est d’avoir refusé de se soumettre a la volonté visiblement personnelle du pouvoir dit de la rupture .
Nous craignons aujourd’hui pour la santé et pour la vie même de NOTRE PÈRE bien qu’il soit un GUERRIER.
De nombreux citoyens, journalistes, militants et acteurs politiques et bien d’autres, sont victimes d’arrestations arbitraires, de détentions abusives et de procédures judiciaires opaques.
Ces pratiques contribuent à instaurer un climat de peur et d’intimidation, incompatible avec les principes d’un État de droit démocratique.
Par le présent communiqué, nous en appelons solennellement :
– Aux organisations internationales de défense des droits humains,
– Aux médias nationaux et internationaux,
– Aux organismes onusiens et régionaux compétents,
– Aux représentations diplomatiques,
afin qu’ils se saisissent de cette situation, qu’ils exercent une vigilance accrue, et qu’ils interpellent les autorités béninoises pour :
1. La libération de NOTRE PÈRE ou, à défaut,
2. Sa présentation devant une juridiction compétente,
3. Le respect strict de ses droits fondamentaux, notamment l’accès aux soins médicaux,
4. La garantie d’un procès équitable, public, transparent et conforme aux standards internationaux.
Dans ce même pays nous avons vu pour moins que ça la justice se prononcer, présenter des preuves quoique …
POURQUOI CE SILENCE AU SUJET DE NOTRE PÈRE ?
La justice ne saurait être instrumentalisée à des fins politiques. Le respect des droits humains demeure le socle de toute société démocratique et pacifique.
Nous restons pleinement disponible pour toute information complémentaire, témoignage ou documentation permettant d’éclairer cette situation.
Fait pour servir et valoir ce que de droit.
Pour la famille de Candide A M AZANNAI
Aaron Vinawadon Tolidji M AZANNAI
