Quelques jours après l’investiture du nouveau président béninois Romuald Wadagni et la formation de son premier gouvernement, l’Unité d’Actions Patriotiques de la Diaspora Béninoise (UAPDB) sort du silence et livre une lecture particulièrement critique de la nouvelle gouvernance. Dans une déclaration rendue publique depuis Paris ce 28 mai 2026, l’organisation estime que l’arrivée au pouvoir de l’ancien ministre des Finances ne marque « aucune rupture réelle » avec le régime de Patrice Talon. L’UAPDB déplore notamment l’absence de mesures d’apaisement politique, le silence sur les détenus et exilés politiques, ainsi que la poursuite d’une politique jugée « antisociale » et favorable aux intérêts privés.
L’organisation de la diaspora béninoise critique également un discours d’investiture jugé vague et sans engagements concrets face aux difficultés sociales des populations. Elle appelle enfin à une amnistie générale, au retour des exilés politiques et à une refondation démocratique du pays à travers une nouvelle Conférence nationale souveraine.
UNITE D’ACTIONS PATRIOTIQUES DE LA DIASPORA BENINOISE
(UAPDB)
Déclaration à propos de l’investiture, du discours et du premier gouvernement du président
Kossi Mbueke Romuald WADAGNI
Le dimanche 24 mai 2026 se sont tenues, au Palais des Congrès de Cotonou, les cérémonies d’investiture du nouveau président du Bénin, M. Romuald Wadagni, suivies de la publication des décrets portant nomination des membres du nouveau gouvernement.
À l’endroit du nouveau président de notre pays, l’Unité d’Actions Patriotiques de la Diaspora Béninoise (UAPDB) formule des vœux de succès dans l’exercice de sa magistrature suprême.
Cependant, l’UAPDB constate avec gravité que cette alternance au sommet de l’État ne marque aucune rupture réelle perceptible avec la politique menée depuis dix ans par le pouvoir de la Rupture.
Le président sortant, Patrice Talon, fidèle à lui-même, quitte le pouvoir sans le moindre geste d’apaisement envers un peuple meurtri. Aucun acte de décrispation politique, aucune mesure forte pour soulager la faim, la misère grandissante et les souffrances sociales qui accablent les populations n’ont accompagné son départ.
Quant au discours d’investiture du nouveau président, il est apparu particulièrement laconique, se limitant à la reprise de promesses électorales vagues, sans orientations précises ni engagements concrets sur les préoccupations majeures du peuple béninois.

La composition du nouveau gouvernement, présentée sous les habits de « l’alliance entre expérience, compétence, jeunesse et promotion du genre », révèle en réalité la poursuite assumée de la même vision technocratique et antisociale mise en œuvre durant dix années par l’ancien ministre des Finances devenu président de la République. Une politique qui a systématiquement privilégié les intérêts des puissances d’argent et du capital privé au détriment des besoins fondamentaux du peuple.
Ce gouvernement confirme également l’enracinement d’une orientation néolibérale hostile au rôle social et souverain de l’État. La réduction progressive des instruments publics de protection économique et sociale, l’effacement des structures chargées de défendre les intérêts des travailleurs, ainsi que le renforcement des mécanismes favorisant les investissements privés et la privatisation de secteurs stratégiques, traduisent clairement cette volonté de livrer davantage l’économie nationale aux intérêts privés.
L’UAPDB constate en outre que ce gouvernement s’inscrit dans la continuité de l’alignement du régime sur les diktats de l’impérialisme français, symbolisé notamment par la nomination au poste de ministre des Affaires étrangères d’une personnalité française, jusque-là ambassadrice du Bénin en France depuis juillet 2023.
Plus grave encore, le silence assourdissant du président Romuald Wadagni sur les questions essentielles de la décrispation politique, des libertés démocratiques, de la libération des détenus politiques, du retour des exilés politiques et de l’amnistie générale, ne laisse présager aucune amélioration réelle pour un peuple affamé, opprimé et profondément attaché à sa liberté et à sa dignité.
L’UAPDB conclut donc qu’il s’agit d’un gouvernement de continuité, placé sous l’ombre du mentor Patrice Talon, avec pour perspective de poursuivre et d’approfondir la même politique antisociale, autoritaire et antipopulaire.
Face à cette situation, l’UAPDB réaffirme sa détermination à poursuivre le combat aux côtés du peuple souverain, des patriotes et des démocrates conséquents de l’intérieur comme de la diaspora.
L’UAPDB exige et y travaillera avec constance, détermination et force :
- Une amnistie générale, immédiate et sans condition pour tous les détenus politiques, ainsi que leur indemnisation en tant que victimes de l’arbitraire et de la dictature ;
- Le retour sécurisé de tous les exilés politiques et leur indemnisation pour les graves préjudices subis ;
- La restauration de la démocratie, de l’État de droit et des libertés fondamentales au Bénin par la convocation d’une nouvelle Conférence nationale souveraine afin de refonder le vivre-ensemble national gravement détruit par dix années d’arbitraire, de terreur politique et de gouvernance opaque et antipopulaire.
Fait à Paris, le jeudi 28 mai 2026
Pour l’UAPDB,
Le Bureau Central de Coordination (BCC)
