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France-Bénin/Le symbole de la jarre trouée du Roi Ghézo, ravivé par Azannaï

Le Président du parti politique Restaurer l’Espoir, Candide Azannaï était l’invité de madame Anne vignot, maire et présidente du grand Besançon métropole. L’ambassadeur de circonstance a profité de son séjour privé de travail en terre française pour valoriser la culture béninoise et son riche patrimoine à travers un magistral cours d’histoire improvisé autour de «la jarre trouée» et de son illustre concepteur, le roi Ghézo. Retour sur quelques clichés de cet événement.

Dans sa «volonté déterminée de tisser des liens internationaux entre la capitale de la Franche-Comté et les pays d’Afrique tel, le Bénin», Madame Anne Vignot, Maire et Présidente du Grand Besançon Métropole a invité le Président Azannaï pour prendre part le 03 décembre 2022, à un événement en l’honneur du Bénin.

A cette occasion, le Président du parti politique Restaurer l’Espoir, Candide Azannaï a proposé le symbole de la jarre trouée du Roi Ghézo comme une approche face aux nombreux défis de notre temps.

Cette visite privée de travail du Président Azannaï à l’invitation de madame Anne vignot, maire et présidente du grand Besançon métropole le 03 décembre 2022, a été une occasion privilégiée pour les deux personnalités, de mettre en exergue la symbolique de la jarre trouée du roi Guézo et l’humanisme français. Pour rappel, Grand Besançon Métropole est une communauté urbaine française constituée autour de la ville de Besançon, préfecture du département du Doubs et siège de la région Bourgogne-Franche-Comté. Elle a le statut d’établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre.

Propos liminaires de Mme la Maire Conseil municipal du 8 décembre 2022

Mesdames et Messieurs les élu(e)s,

A l’ouverture de ce conseil, mes pensées vont à Alain Fousseret, qui est décédé brutalement dans la nuit de lundi à mardi.

Aujourd’hui je perds un ami.

Mon entrée en politique, c’était sur la liste qu’Alain menait pour les régionales de 2010.

Je veux lui rendre hommage, à plus d’un titre.

Pour son engagement indéfectible pour la Vie, pour l’écologie politique. Adhérent des Amis de la Terre, tête de listede la première candidature écologiste à la mairie de Besançon en 1983, co-fondateur du parti Les Verts en 1984, vice-président du conseil régional de Franche-Comté pendant deux mandats, fondateur d’Intermed, conseiller municipal de Danjoutin, la liste est longue de tout ce qu’il a apporté au mouvement écologiste.

Alain était la preuve vivante que le combat écologiste est un combat humaniste, qui doit embarquer et convaincre l’ensemble de la population, qui ne doit pas être mené contre mais avec.

Pour reprendre certains témoignages, Alain c’était l’écologie joyeuse.

J’adresse mes condoléances à Cathy Chané, sa compagne, à ses enfants et petits-enfants, à son frère Jean-Louis, à ses proches, et à Dominique Voynet qui a fait avec lui ses premières actions militantes.

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Je veux également rendre hommage à Michel Bourgeois, ancien député du Doubs, conseiller général et maire de Devecey. Il s’était préoccupé, durant son mandat de député,des questions d’aménagement du territoire et dessujets agricoles ou de protection de la forêt.

Il était le suppléant de  Paulette Guinchard, une autre figure politique inspirante de notre territoire, à qui nous allons rendre hommage en donnant son nom à une place emblématique de Besançon.

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Ces 3 personnes ont en commun de s’être battues pour lutter contre la misère.

L’observatoire des inégalités a publié hier son troisième rapport sur la pauvreté. Depuis le milieu des années 80, la France ne parvient pas à diminuer le taux de pauvreté. 4,8 millions de personnes en France vivent avec moins de 940 € par mois. 68% se concentre dans les villes, et  font l’objet d’une discrimination en fonction des quartiers.

Le taux de pauvreté à Besançon atteint 22% en 2021.

La France est un des pays les plus « développés » au monde, et pourtant les inégalités de richesses sont persistantes et se creusent un peu plus chaque jour.

Le non-recours aux droits est pointé par le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits humains et l’extrême pauvreté. Il l’estime à 30%.

La ville de Besançon se mobilise, à travers son Centre Communal d’Action Sociale pour faciliter l’accès aux droits, notamment via l’Espace France Service, l’accompagnement aux démarches administratives ou encore dans les maisons de quartier qui accueillent des espaces numériques.

Je tiens à saluer l’investissement de nos agents qui reçoivent, dans leurs missions, toutes les inquiétudes, les besoins des personnes qu’ils accueillent.

Autre chiffre, la moitié des personnes pauvres en Francea moins de 30 ans. Parmi elles, des étudiants, et notamment des étudiants étrangers. Les queues s’allongent devant les distributions alimentaires. La Banque alimentaire, et de nombreuses associations, le CCAS, tous se mobilisent pour répondre aux besoins des plus fragiles et en particulier de ces étudiantes et étudiants. Mais là aussi, l’accès aux droits est rendu difficile. C’est un sujet que j’ai évoqué cette semaine avec Nathalie Albert Moretti, rectrice de la région académique, pour trouver des solutions.

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Cet accès aux droits a également été au cœur des Assises de la culture, organisées pour la première fois par la ville de Besançon les 29 et 30 novembre. Elles ont réunis plus de 350 acteurs de la création artistique de notre ville, mais aussi ceux du  CCAS, de l’IRTS, ou des structures des quartiers.

Elles nous donnent une feuille de route qui visent à garantir à chacun la liberté de vivre son identité culturelle.

Cette identité telle que définie par la Déclaration de Fribourg sur les droits culturels, comme« l’ensemble des références culturelles par lesquelles une personne, seule ou en commun, se définit, se constitue, communique et entend être reconnue dans sa dignité ».

Que la culture infuse dans toutes les activités des bisontines et bisontins, qu’elle se construise avec elles et eux, que l’on arrête de cloisonner la culture, le sport, le social, l’éducatif… c’est notre priorité, parce qu’en effet, tout est lié.

Je suis heureuse d’avoir entendu dans ces assises que c’est une envie partagée par les acteurs et les habitants.

Ils demandent aussi de l’art dans l’espace public.

Dans le prochain quartier Saint-Jacques Arsenal, les jardins publics vont accueillir le don de la Fondation Gianadda, ce fantastique Victor Hugo sculpté par Rodin, qui témoigne de sa vitalité, de sa combattivité, pour la justice sociale, contre la peine de mort, contre la misère. Des valeurs que nous faisons nôtres, et dont nous sommes fiers.

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Lors de ce conseil, nous allons évoquer deux grands projets urbains qui vont démarrer: Grette Brulard Polygones, et Saint-Jacques. Ces deux projets sont un signe de vitalité, de transformation et de renouveau : la Ville se reconstruit sur elle-même pour donner un nouvel élan et renforcer l’attractivité de notre centre-ville et de nos quartiers.

Ils viseront principalement à créer de nouveaux  logements, parce que proposer aux familles des solutions d’habitation en ville, à Besançon, avec un accès à la nature et à toutes les aménités urbaines, leur permet des choix de vie qui les libèrent de la ville du 20eme siècle. C’est une attente très forte pour nombre d’entre elles.

Ils vont vous être présentés par Aurélien Laroppe.

A Grette Brulard Polygone, nous inversons la logique habituelle des projets urbains. Nous reconstituons d’abord les sols, la végétation pour construire dans cet écrin de nouvelles formes d’habitat.

C’est une expérimentation que nous menons : recréer un sol à partir de matériaux issus de la démolition des 408, des déblais et des matériaux organiques issus de l’activité des espaces verts.

On cherche à opposer l’écologie et la technologie. C’est une erreur. La question est bien plutôt de savoir quelle technologie nous voulons, pour quel usage et quel impact.

Ici, elle permettra de recréer un sol vivant pour retrouver une biodiversité ordinaire, ou plus, et renforcer le corridor écologique de ce quartier, sans déplacer de terres.

En ce moment se tient la 15ème conférence des nations unies sur la biodiversité à Montréal, avec en ligne de mire un accord pour la restauration de milliards d’hectares de terres dégradées, pour retrouver des milieux pour des millions d’espèces végétales et animales en voie d’extinction.

La perte de millions d’espèces est pour moi une motivation suffisante pour agir. Peut-être que d’autres trouveront leur motivation en sachant que 55% du PIB mondial dépend de la bonne santé de la biodiversité. Ce n’est ni Oxfam, ni Greenpeace qui le dit, mais une compagnie d’assurance majeure, Swiss RE.

Je suis à ce sujet très fière de vous annoncer que Besançon accueillera en 2023les Assises Nationales des insectes pollinisateurs.

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Je veux aussi profiter de ces propos pour saluer un de nos membres du conseil municipal, qui volontaire à Ukr’aide, au titre de sa profession de chirurgien, a participé au dernier convoi solidaire pour l’Ukraine.

Merci M. HENRY pour votre engagement.

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J’aime beaucoup le sens de ce symbole qui nous rappelle qu’on ne change jamais les choses seuls, on les change collectivement…

J’ai eu l’occasion de rencontrer Candide Azannaï, ancien ministre de la défense du Bénin, qui a démissionné car la politique menée ne correspondait plus à ses valeurs.

Il a eu ce très beau geste, de m’offrir cette statue et surtout de partager le symbole qu’elle porte.

Le Roi Ghézo, qui a libéré le royaume du Dahomey après 9 générations d’occupation, doit reconstruire son royaume. Il s’adresse à la population, et leur tend une jarre percée de trous. Elle contient l’eau qui donnera au pays le bonheur, la possibilité de vivre. Mais pour que la jarre puisse se remplir, chacun doit mettre un doigt sur un trou. S’il en manque un, elle continuera de se vider.

J’aime beaucoup le sens de ce symbole qui nous rappelle qu’on ne change jamais les choses seuls, on les change collectivement…

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C’est d’ailleurs ce qui se passe en France, autour du plan de sobriété énergétique en ce moment et cela me rend optimiste. Les derniers chiffres annoncent une baisse de 8,3%, grâce à la mobilisation de tous.

La ville de Besançon, quant à elle, a déjà mis en œuvre un plan de sobriété de 32 mesures. Certaines sont très impactantes, comme la baisse de la température de chauffage à 19°C dans les locaux professionnels, d’autres moins, comme l’optimisation de l’éclairage des musées en dehors des heures d’ouverture. Toutes sont néanmoins essentielles pour contribuer à l’effort global. Toutes ont engagé les équipes et les élus, que je remercie, dans une réflexion et un choix entre ce qui est nécessaire et ce qui est superflu.

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Alors rappelons-nous la belle métaphore de la jarre percée.Je vous souhaite à tous un joyeux Noël et de belles fêtes de fin d’année.

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