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Démocratie et droits humains/Les mises au point de Richard Boni aux propos du Professeur Dodji Amouzouvi

Très remonté contre les propos du Professeur Dodji Amouzouvi sur la démocratie lors de la conférence débat sur la démocratie, le développement et les droits humains, le politologue bénino-canadien, Issa Richard Boni Ouorou réagit vigoureusement et recadre le débat. Le leader des Terrien,ne,s rappelle au passage son militantisme, né de son engagement «à ne pas laisser des individus influents, jouissant d’une audience et d’une légitimité de titre, induire la jeunesse en erreur et bafouer les principes fondamentaux en dénaturant les concepts». Richard Boni s’adresse de manière frontale à l’universitaire : «Mais cher doyen, vous faites preuve de sélectivité!…Vous décontextualisez le débat, et vous vous aventurez dans un exercice solitaire, à la vue de vos collègues, en prétendant que c’est parce que la démocratie est une chose occidentale». Lire le post de Issa Richard Boni Ouorou appuyé d’un élément vidéo.

A en croire l’auteur du post, il est courant de rencontrer  au sein du paysage intellectuel et des élites, des  individus qui manipulent habilement les concepts,  pour gagner la faveur d’un public quelques fois naïf et admiratif. Ces individus selon Boni Richard, adoptent une approche sophistiquée pour présenter leurs idées de manière séduisante, mais souvent au détriment de la clarté et de l’authenticité des principes qu’ils prétendent défendre. Leur rhétorique habile peut attirer l’attention et gagner le soutien superficiel de quelques admirateurs, mais elle peut également brouiller la compréhension véritable des enjeux et des valeurs fondamentales.

Ces « dénaturateurs » de concepts tels que celui lié à la démocratie (dans le cas d’espace) sont souvent enclins à une utilisation sélective d’éléments de vérité, mêlés à des déformations et à des omissions qui servent leur propre agenda ou leur image publique. Leur approche peut inclure des arguments sophistiqués, des discours enflammés et des références à des valeurs universellement acceptées, tout en masquant leurs véritables intentions.

Il est crucial pour les citoyens et les observateurs de démêler les discours  pour distinguer entre la rhétorique creuse et les véritables valeurs démocratiques. La vigilance intellectuelle et la recherche approfondie sont nécessaires pour ne pas être trompé par des manipulations astucieuses qui détournent l’attention des véritables enjeux. En fin de compte, un engagement authentique envers les idéaux démocratiques exige une compréhension solide et une évaluation critique des discours et des actions des élites, afin de préserver l’intégrité des valeurs démocratiques pour le bien de tous. Vidéo en illustration :

« Terrien,ne,s Bonjour.

Je me permets de prendre la parole une fois de plus pour exprimer mon indignation face aux déclarations de Monsieur -le Professeur- Dodji Amouzouvi.

Mon militantisme est né de ma volonté de ne pas laisser des individus influents, jouissant d’une audience et d’une légitimité de titre, induire la jeunesse en erreur et bafouer les principes fondamentaux en dénaturant les concepts.

Dans une démarche populiste, qui semble être le modèle politique actuel en raison de ses raccourcis, le professeur soutient que la démocratie n’est pas une bonne chose et qu’elle n’est ni essentielle, ni inhérente au développement. Il avance même que c’est un concept importé, avec des références exogènes, et que par conséquent, il ne correspond pas à nos réalités, donc ne peut conduire à un développement. Quelle simplification ! Mais pas que, c’est une grave ignorance de notre Constitution, et par là une insulte aux valeureux béninois, délégués à la Conférence des Forces Vives de la Nation en 1990, qui stipule ce qui suit : ‘’NOUS, PEUPLE BENINOOS, (…), réaffirmons solennellement notre détermination par la présente Constitution de créer un État de droit et de démocratie pluraliste, dans lequel les droits fondamentaux de l’Homme, les libertés publiques, la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis, protégés et promus comme la condition nécessaire au développement véritable et harmonieux de chaque Béninois tant dans sa dimension temporelle, culturelle que spirituelle’’.

Pour appuyer son argument, de manière choquante, il cite l’exemple de la campagne pour les droits des homosexuels menée par des dirigeants occidentaux comme Emmanuel Macron et, autrefois, Barack Obama.

Mais cher doyen, vous faites preuve de sélectivité !

Vous décontextualisez le débat, et vous vous aventurez dans un exercice solitaire, à la vue de vos collègues, en prétendant que c’est parce que la démocratie est une chose occidentale.

À moins que vous soyez désorienté ou que vous vous trompiez de pays, qui, ou quel militant pour la démocratie au Bénin, a déjà évoqué les droits des homosexuels ?

Joël Aïvo a-t-il été emprisonné pour avoir défendu les droits des homosexuels ?

Reckya Madougou a-t-elle combattu pour les droits des homosexuels ?

Et pourquoi n’expliquez-vous pas à ceux qui vous écoutent, que la démocratie, c’est le « démo » qui détient le « cratos ». Pour le dire plus simplement, cela signifie que le pouvoir est réparti dans la société de telle sorte que chacun possède une portion de pouvoir qui équilibre celle de l’autre. C’est précisément ce que Montesquieu a désigné comme la séparation des pouvoirs.

Cependant, je me sens obligé de vous rappeler, cher professeur, que la démocratie est aussi, et surtout, la citoyenneté universelle, des élections justes et équitables, la transparence dans la gestion publique et la prospérité partagée. Des pays comme l’île Maurice et le Botswana en sont de bons exemples, et ce, sans être occidentaux.

Je sais que dans votre quête de conviction, vous reviendrez certainement sur le cas de la Chine et je serai là pour vous expliquer comment la Chine peut être qualifiée de méritocratie, une autre forme de démocratie.

Prenez soin de vous et je vous souhaite une excellente semaine».

Issa Richard Boni Ouorou

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